L'offertoire, présentation des offrandes pour le Sacrifice

Rédigé par Un moine de triors le dans Religion

L'offertoire, présentation des offrandes pour le Sacrifice

Après la liturgie de la parole, la liturgie eucharistique proprement dite débute par l’offertoire ou préparation des dons. Elle culminera à la Consécration, lorsque le prêtre agissant in persona Christi refera les gestes et redira en son nom les paroles prononcées le Jeudi Saint par le Christ. A l’offertoire on apporte les dons : le pain et le vin que l’on offre à la Sainte Trinité et qui sont ainsi retirés du profane. Si un prêtre, pour une raison grave, arrêtait sa messe avant la Consécration, le pain et le vin non encore transsubstantiés au Corps et au Sang du Seigneur seraient toutefois à traiter avec piété, comme matière du sacrifice. La préparation des dons est en effet en rapport étroit avec le Sacrifice du Calvaire qui sera présent sur l’autel à partir de la Consécration. Le Pape insiste sur l’autel comme centre de la messe et qui représente le Christ lui-même. Le peuple de Dieu qui offre avec le prêtre les éléments du sacrifice est tout entier tourné vers l’autel, le Christ, et vers sa Croix. On refuse souvent cette orientation, car on considère la messe comme un simple repas et non comme le repas sacrificiel des noces de l’Agneau, dans lequel le Christ s’offre comme victime. Examinons-nous en offrant avec le prêtre le pain et le vin.

Pour répondre à l’enjeu de l’offertoire, comprenons que la messe n’est pas uniquement une cérémonie sacrée, à laquelle on pourrait assister en spectateur neutre. C’est le Sacrifice du Christ, le banquet que, Lui, nous prépare et qu’il nous invite à partager. La nourriture est sa Chair et son Sang distribués aux invités sous les apparences du pain et du vin, en mémoire du Corps et du Sang versé sur la Croix. Nous sommes tous invités à participer au repas eucharistique, car en lui se renouvelle sacramentellement le mystère de la mort et de la résurrection du Seigneur, en lequel nous avons été rachetés. Dans la réalité de sa Chair et de son Sang, le Christ est au cœur de la communauté.

Baptisés en Jésus-Christ et confirmés par le don du Saint Esprit, nous sommes devenus un sacerdoce saint (ce qui ne supprime pas pour autant le sacerdoce ministériel sans lequel le sacrifice de la Messe ne pourrait avoir lieu). Unis au Christ, nous célébrons dans la messe son oblation au Père et devenons nous-mêmes spirituellement autel et offrande agréable à Dieu, en recevant son Corps et son Sang. Ainsi la messe est à la fois sommet de la vie du chrétien et source de sa spiritualité. Notre vie entière doit devenir adoration de Dieu et offrande, avec le Christ sur l’autel pour la gloire du Père.

Les anciennes liturgies orientales mettent en relief, dans la présentation des dons eucharistiques, le fait qu’ils sont offerts en utilisant les dons reçus de Dieu lui-même : « Tibi ex tuis ». La Liturgie Romaine fait de même lors de l’offertoire quand elle présente le pain et le vin, à la fois comme don de Dieu et fruit du travail de l’homme. Il serait bon aussi d’y ajouter fruit de la souffrance de l’homme. Nous pouvons le faire mentalement. C’est donc le cœur reconnaissant que nous louons le Seigneur, parce que nous n’avons rien de meilleur à lui offrir. En offrant les dons à Dieu, l’homme, au cours des siècles, a conscience d’offrir ce qu’il a d’abord reçu de lui. C’est précisément pour cela qu’il le lui offre. Le fait d’offrir manifeste la conscience qu’il a du don, loué comme offrande. Cette conscience existait déjà au cours de la nuit de Bethléem. Les bergers l’exprimaient en portant avec eux les dons pour l’Enfant, de même que plus tard les Mages de l’Orient.

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI
Mercredi 28 février 2018

Frères et sœurs, après la liturgie de la Parole, la Messe se poursuit par la liturgie eucharistique dans laquelle l’Eglise rend présent le Sacrifice de Jésus sur la Croix. Le prêtre qui représente le Christ accomplit ce que le Seigneur a fait et a confié à ses disciples lors de la Cène. Cette liturgie commence par la préparation des dons. Les fidèles sont appelés à faire d’eux-mêmes un sacrifice apprécié par le Père. Dans les signes du pain et du vin déposés sur l’autel par les mains du prêtre, la vie des fidèles, avec leurs souffrances, leurs prières, leur travail, est unie à celle du Christ et prend une valeur nouvelle. L’encens consumé par le feu et qui libère un parfum s’élevant vers le ciel, exprime bien le mouvement oblatif de ce moment. Enfin, dans l’oraison sur les offrandes le prêtre demande à Dieu d’accepter les dons que l’Eglise lui offre. Que nos vies soient transformées par l’Esprit Saint et deviennent avec le Christ une seule offrande à Dieu le Père ! 

 

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