Entendre Le Messie de Haendel au Théâtre Montansier

Rédigé par Michèle Duputel propos recueillis par Odon de Cacqueray le dans Culture

Entendre Le Messie de Haendel au Théâtre Montansier

Cet évènement musical, à ne pas manquer le 3 mai prochain, est une initiative de l’Ensemble Jubilate de Versailles qui permettra à son vaste public d’entendre et de voir l’oratorio haendélien illustré pas à pas par des peintures de Philippe de Champaigne. Ce très beau concert sera donné au profit d’Espérance banlieues et de SOS Villages d’enfants, des choix qui s’inscrivent dans une dimension caritative. Entretien avec Michèle Duputel, chargée de Communication au sein de cet Ensemble vocal et instrumental à la renommée croissante.

Le 3 mai, l’Ensemble Jubilate de Versailles chantera Le Messie de Haendel au Théâtre Montansier. Quelle est la volonté fondatrice de cet ensemble ? 

Michèle Duputel : Fondé en 1991 par Michel Lefèvre, médecin, chef de chœur et musicologue, l’Ensemble Jubilate de Versailles (E.J.V.) réunit une soixantaine d’amateurs de haut niveau très investis dans les ouvrages du patrimoine musical français de l’Âge d’Or et le répertoire baroque européen. Le travail de redécouverte et de lecture éclairée de ce répertoire lui confère une identité originale. 

La volonté fondatrice de l’E.J.V. est de faire découvrir à un public qui ne fréquente pas toujours les cénacles musicologiques un immense répertoire souvent méconnu ou même inédit d’œuvres anciennes, qui n’est souvent accessible qu’aux spécialistes. Cette démarche doit permettre à chacun de renouer avec un usage vivant de ces pièces, restituées dans un esprit et un environnement aussi fidèles que possible, pour rétablir avec elles une familiarité parfois perdue.

Le répertoire qui est ainsi proposé va de la Renaissance à l’Âge romantique, avec une prédilection particulière pour les XVIIe et XVIIIe siècles français, et plus précisément le répertoire sacré. Jean Gilles, Alain Campra, Marc-Antoine Charpentier, Michel-Richard Delalande, mais également Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville, Michel Corrette, François Giroust, sans oublier Esprit-Joseph-Antoine Blanchard, ont été au cœur de la démarche de redécouverte de l’Ensemble. La démarche de ces musiciens, pleinement imprégnés des textes bibliques et la modernité de leur travail musical en pleine cohérence avec l’ensemble des arts de l’Âge d’Or français, constituent un ensemble cohérent et très significatif de l’excellence de la culture française et de son rayonnement sur les mouvements artistiques européens.

La musique sera accompagnée de peintures de Philippe de Champaigne, quels liens relient le peintre et Haendel ? 

Si presque un siècle sépare Haendel de Philippe de Champaigne, le rapprochement de leurs deux génies pour un spectacle total et inspiré se révèle particulièrement fécond. Le déroulement progressif de la partition du Messie décrit de manière narrative et de façon la plus expressive le destin du Sauveur sur terre, de la Nativité à sa Résurrection. L’abondante œuvre de Champaigne est de son côté, hors sa production profane, l’exemple même de l’expression très forte du sentiment religieux par le medium sensible de la peinture. Malgré la grande dispersion physique des œuvres mais grâce aux facilités offertes aujourd’hui par les iconothèques virtuelles, il est ainsi possible d’organiser un récit imagé qui illustre pas à pas l’oratorio haendélien et soutient sa tension dramatique. Le spectateur pourra ainsi faire appel à toutes ses qualités sensibles au fil du déroulement des images : Nativité, Passion (Christ aux outrages, Sainte Face), Crucifixion, Résurrection.

Comment choisissez-vous les pièces que vous interprétez ? 

Les œuvres choisies par l’E.J.V. correspondent le plus souvent à des moments forts du calendrier liturgique, Carême, Pâques, etc. Elles le sont également pour leur alliance entre qualité musicale et spiritualité. S’ajoute enfin un troisième critère : faire connaître en priorité la musique religieuse française, en particulier l’époque baroque, si possible versaillaise, et les grandes œuvres des XIXe et XXe siècles (César Franck, Gabriel Fauré). Ces choix conduisent souvent à de premières créations ou recréations (In exitu Israël d’Antoine Blanchard en première mondiale et au disque, Les Sept Dernières Paroles du Christ en Croix de César Franck).

Vous avez prévu de donner le concert au profit d’Espérance banlieues et de SOS Villages d’enfants, qu’est-ce qui a motivé votre choix ? 

Le soutien à Espérance banlieues et SOS Villages d’enfants s’inscrit dans une politique constante de partenariat de l’E.J.V. avec des associations caritatives, des causes médicales ou humanitaires (en dernier lieu S.O.S Chrétiens d’Orient en 2017). Les deux œuvres soutenues cette année ont un critère commun, celui d’offrir des solutions concrètes à des problèmes auxquels les organismes officiels et institutionnels sont loin d’apporter des réponses satisfaisantes et convaincantes. C’est l’originalité et la conviction qui habitent ces deux organismes que nous entendons soutenir, d’une part un modèle éducatif nouveau dans les banlieues sociologiquement difficiles, de l’autre une œuvre déjà ancienne et implantée internationalement, qui accueille dans ses villages, en les préservant en fratrie, des enfants en situation familiale dégradée et faisant de ce fait l’objet de mesures de protection judiciaire.

 

Réservations au 01 39 50 10 39 (20€ / Etudiants 15€ / -12ans gratuit)

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