Les filles de Diên-Biên-Phu

Rédigé par François Foucart le dans Humeur

Les filles de Diên-Biên-Phu

Diên-Biên-Phu ! C’était il y soixante-quatre ans, le 7 mai 1954, lors de l’assaut ultime, mais c’est oublié puisque les jeunes générations ne sont pas informées. Il faut donc rappeler que, assiégés dans une cuvette au Nord du Vietnam par des forces viets et chinoises dissimulées dans les collines avec une énorme artillerie, les Français accompagnés de troupes dites « coloniales » (Marocains et Sénégalais) et de nombreux Vietnamiens libres succombèrent sous le nombre. Les survivants furent emmenés dans une marche vers la mort vers des camps d’extermination. Cette défaite de la France, même héroïque, surtout héroïque, fut aussi un signal pour le début de la rébellion en Algérie…

À Diên-Biên-Phu, il y eut une femme magnifique de courage, la convoyeuse de l’air Geneviève de Galad. Il y en eut d’autres – volontairement ignorées par l’état-major parce que ça ne faisait pas sérieux – mais extraordinaires de courage : la trentaine de jeunes Vietnamiennes prostituées qui (ainsi que le voulait l’époque) suivaient les troupes et notamment la Légion au sein d’un B.M.C. (Bordel militaire de campagne ou contrôlé). Le fameux chirurgien Grauwin qui opérait nuit et jour a raconté que ces femmes avaient été admirables de dévouement, servant les grands blessés et amputés dans des tâches souvent rebutantes, des « filles » transformées en mères, en tout cas « des soldats », disait le Dr Grauwin.

Elles auraient pu, au début, être évacuées, toutes refusèrent. Mais, au moment de l’assaut final, toutes ces « Marie-Casse-Croûte » (comme on disait) prirent les armes et firent le coup de feu aux côtés de ceux qui, de clients, étaient devenus frères d’armes. Elles se sont battues… comme des soldats.

Prisonnières quand le camp fut submergé, elles furent battues, humiliées, et on leur demanda – sous l’objectif de caméras soviétiques – de cracher sous le drapeau français. Toutes refusèrent, disant : « Jamais ! Nous sommes des Françaises ! ». Selon l’habituelle méthode communiste, ces héroïnes furent abattues d’une balle dans la nuque. « Les prostituées vous précéderont dans le royaume des Cieux… »

 

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