Les Français sont-ils généreux ?

Rédigé par Jean-Michel Beaussant le dans Politique/Société

Les Français sont-ils généreux ?

Malgré leurs difficultés financières – dues notamment à un impôt excessif et à sa redistribution partielle aux diverses œuvres sociales humanitaires sous formes de subventions multiples et variées –, les Français continuent d’être généreux dans leurs dons. C’est du moins ce qu’indique le dernier « Panorama national des générosités » publié par la Fondation de France pour l’année 2015.

Dons déclarés ou non aux impôts, de la part des particuliers ou bien des entreprises, legs, quêtes et collectes populaires, dons issus du financement participatif (crowfunding) ou micro­dons… tous les canaux de la générosité (hormis le bénévolat et les dons entre personnes) ont été évalués pour l’année 2015 à 7, 5 milliards d’euros, soit un peu plus que le budget de la justice. 61% de ces dons viennent des particuliers, à savoir 5,7 millions de ménages (15% des foyers fiscaux) avec une augmentation de 70% des montants depuis 2006. Les Français ont ainsi versé près de 630 millions d’euros à l’Église catholique en 2015. Les canaux choisis : le denier de l’Église (éligible à la déduction fiscale), les quêtes et offrandes ou encore les legs et donations.

La croissance de cette générosité globale (recherche médicale, associations humanitaires, sportives, écologiques, organismes publics, partis politiques, Eglise…) doit cependant prendre en compte le fait que 60% de ces dons font l’objet d’une déduction fiscale. Les dons déduits de l’impôt sur le revenu représentent notamment 2,62 milliards d’euros, tandis que ceux déduits de l’impôt sur la fortune n’atteignent que 243 millions (soit 49 000 foyers). « Chaque foyer donne plus qu'avant : la contribution moyenne a augmenté de 44% au cours de cette dernière décennie », explique l’étude. Avec la motivation fiscale, ces dons ont aussi été facilités par la multiplication des nouveaux outils proposés par les organismes bénéficiaires. Ils demeurent donc évidemment concentrés entre les mains des foyers aux revenus confortables et donc plus imposés. Ceux qui déclarent plus de 60 000 euros par an représentent 40% du montant des dons déclarés, soit 20% des donateurs.

 Les dons de mécénat que les entreprises déduisent de leur impôt sur la société constituent de leur côté 1,6 milliard d’euros (sur un total de 2,9 milliards). En 2010, seules 28 000 entreprises étaient mécènes. On en comptait 61 000 en 2015, avec un don moyen relativement faible, de l’ordre de 900 €.

Quelle que soit la cause défendue, le don se veut source de bonheur, affirme le syndicat France Générosités  qui a lancé une campagne d’appel au don, baptisée #donnerfaitdubien, axée sur cet argumentaire. «Volontaire, le don a une nature très différente de celle de l’impôt. Parce qu’il décide s’il donne, combien il donne et à qui il donne, le donateur éprouve tout à la fois des sentiments d’autonomie, de fierté et de sens que le contribuable peine à ressentir», assure Mickaël Mangot, « économiste du bonheur », cité dans cette étude.

Même si le don volontaire ainsi fortement sollicité par une loi maligne n’est pas tout à fait celui de l’obole de la veuve dans l’Evangile – « Cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde.  Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence... » (Mc. 12, 38-44) –, l’argument est parfaitement recevable. Et c’est à nous, selon nos convictions, si nous sommes imposables, de faire bon usage de cette possibilité offerte par la déduction fiscale, pour doper notre charité et aider les œuvres qui combattent le bon combat et qui en ont le plus besoin, à commencer par L’Homme Nouveau.

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