Se souvenir de son baptême
par l'eau bénite et le signe de croix

Rédigé par Un moine de Triors le dans Religion

Se souvenir de son baptême <br>par l'eau bénite et le signe de croix

    Le Pape poursuit ses audiences sur le baptême avec le rite central sans lequel ce sacrement serait invalide. Comme tous les sacrements, le baptême a une matière : l’eau, et une forme : les paroles qui accompagnent le bain d’eau : Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Le Pape considère l’eau sur laquelle le prêtre invoque la puissance de l’Esprit Saint pour qu’il la régénère et qu’elle soit source de vie et de fécondité. Sans eau l’homme ne peut vivre. C’est vrai matériellement comme le montre l’expérience du désert ; cela l’est plus encore surnaturellement. L’eau source de vie peut l’être aussi source de mort, lorsqu’elle tue lors des inondations. Ainsi, la mer est-elle souvent symbole du mal dans la Bible. Mais, quand elle est employée par l’homme à bon escient, l’eau possède une triple fonction bénéfique : elle lave, nettoie et purifie. Aussi, la Bible, à partir du symbole de l’eau universellement reconnu, décrit-elle aussi les promesses et les interventions divines au cours de l’histoire. On pense au passage de la Mer Rouge ou à celui du Jourdain, ce même Jourdain dans lequel se plongera Naaman le Syrien pour guérir de la lèpre, symbole par excellence du péché. Dès la création, l’eau est un symbole biblique très fort de délivrance ou de destruction. Que l’on songe par exemple au déluge. L’eau n’a pourtant de soi aucun pouvoir sur le péché. Mais, sanctifiée par l’Esprit Saint, elle peut devenir source de régénération et octroyer une nouvelle naissance, comme Jésus l’a dit à Nicodème. Ainsi le rituel du baptême note-t-il que Dieu a créé l’eau pour qu’elle soit type du baptême.

    L’eau baptismale est solennellement bénite lors de la vigile pascale, au cours de laquelle le prêtre prononce sur elle une préface d’une grande richesse théologique. Cette grande prière prépare et dispose les cœurs au renouvellement des promesses du baptême. Ce jour-là, après avoir proclamé notre foi, soit directement, soit par les parents pour les petits enfants, nous avions une fois pour toutes renoncé à Satan et à toutes ses pompes. Le Pape insiste encore sur l’influence du diable, le diviseur, l’adversaire et l’ennemi du genre humain. À l’inverse, Dieu unit et protège sa sainte Église ainsi que l’humanité qu’il appelle à la conversion authentique par ses prophètes et ses saints, et par les visites de sa Mère sur terre. L’homme a été créé libre par Dieu et il doit faire un choix. Judas a fait le sien : en trahissant Jésus, il a laissé la place au diable qui entra en lui, comme le note saint Jean dans son Évangile, qui remarque aussi qu’il faisait alors nuit. Plus encore que de la nuit physique, il s’agit des ténèbres du péché. Durant le renouvellement des promesses baptismales, les réponses sont toujours faites à la première personne : « Je crois ; je renonce ». En effet, l’acte de foi suppose toujours un engagement personnel, un choix responsable, mais en même temps, il est une insertion dans l’Église, Corps mystique du Christ. Cette profession de foi et cette renonciation personnelles vont nous permettre de persévérer, moyennant aussi l’aide de tous nos frères. Ah ! Quel magnifique mystère que celui de la communion des saints. Le Pape termine en rappelant deux gestes liturgiques très importants que nous devons faire chaque fois que nous entrons dans une église, car ils nous rappellent notre engagement contracté lors du baptême : tremper sa main dans le bénitier et faire le signe de la croix. Que Marie nous aide à bien faire ces deux gestes et à en comprendre toute la riche signification.

 

 

PAPE FRANÇOIS

AUDIENCE GÉNÉRALE

Place Saint-Pierre
Mercredi 2 mai 2018

Chers frères et sœurs, bonjour!

En poursuivant ma réflexion sur le baptême, je voudrais aujourd’hui m’arrêter sur les rites centraux, qui se déroulent près des fonts baptismaux. 

Considérons tout d’abord l’eau, sur laquelle est invoquée la puissance de l’Esprit, afin qu’elle ait la force de régénérer et de renouveler (cf. Jn 3, 5 et Tt 3, 5). L’eau est matrice de vie et de bien-être, alors que son absence provoque la disparition de toute fécondité, comme cela arrive dans le désert; mais l’eau peut également être cause de mort, quand elle engloutit dans ses flots ou qu’en grande quantité elle renverse toute chose; enfin, l’eau a la capacité de laver, de nettoyer et de purifier. 

A partir de ce symbolisme naturel, universellement reconnu, la Bible décrit les interventions et les promesses de Dieu à travers le signe de l’eau. Toutefois, le pouvoir de remettre les péchés ne se trouve pas dans l’eau elle-même, comme l’expliquait saint Ambroise aux nouveaux baptisés: «Tu as vu l’eau, mais toute eau ne guérit pas: l’eau qui guérit est celle qui a la grâce du Christ. […] L’action est celle de l’eau, l’efficacité celle de l’Esprit Saint» (De sacramentis 1, 15).

C’est pourquoi l’Eglise invoque l’action de l’Esprit sur l’eau, pour «que ceux qui recevront en elle le Baptême soient ensevelis avec le Christ dans la mort et, avec lui, ressuscitent à la vie éternelle» (Rituel du baptême de enfants, n. 60). La prière de bénédiction dit que Dieu a préparé l’eau «à être le signe du baptême» et elle rappelle les principales préfigurations bibliques: l’Esprit flottait sur les eaux des origines pour en faire des semences de vie (cf. Gn 1, 1-2); l’eau du déluge marqua la fin du péché et le début de la vie nouvelle (cf. Gn 7, 6-8, 22); à travers l’eau de la mer Rouge, les fils d’Abraham furent libérés de l’esclavage d’Egypte (cf. Ex 14, 15-31). En relation avec Jésus, on rappelle le baptême dans le Jourdain (cf. Mt 3, 13-17), le sang et l’eau versés de son côté (cf. Jn 19, 31-37), et le mandat aux disciples de baptiser tous les peuples au nom de la Trinité (cf. Mt 28, 19). Forts de cette mémoire, on demande à Dieu d’insuffler dans l’eau des fonts baptismaux la grâce du Christ mort et ressuscité (cf. Rituel du baptême des enfants, n. 60). Ainsi, cette eau est transformée en eau qui contient la force de l’Esprit Saint en elle. Et avec cette eau possédant la force de l’Esprit Saint, nous baptisons les personnes, nous baptisons les adultes, les enfants, tout le monde. 

L’eau des fonts baptismaux étant sanctifiée, il faut préparer le cœur pour accéder au baptême. Cela a lieu lors du renoncement à satan et de la profession de foi, deux actes étroitement liés entre eux. Dans la mesure où je dis «non» aux suggestions du diable — celui qui divise — je suis en mesure de dire «oui» à Dieu qui m’appelle à me configurer à Lui dans les pensées et dans les œuvres. Le diable divise; Dieu unit toujours la communauté, les gens en un seul peuple. Il n’est pas possible d’adhérer au Christ en posant des conditions. Il faut se détacher de certains liens pour pouvoir en embrasser vraiment d’autres; ou tu es bien avec Dieu ou tu es bien avec le diable. C’est pourquoi la renonciation et l’acte de foi vont de pair. Il faut couper des ponts, en les laissant derrière soi, pour entreprendre la Voie nouvelle qu’est le Christ.

La réponse aux questions — «Renoncez-vous à satan, à toutes ses œuvres et à toutes ses séductions?» — est formulée à la première personne du singulier: «Je renonce». Et de la même manière, la foi de l’Eglise est professée, en disant: «Je crois». Je renonce et je crois: c’est à la base du baptême. C’est un choix responsable, qui exige d’être traduit par des gestes concrets de confiance en Dieu. L’acte de foi suppose un engagement que le baptême lui-même aidera à maintenir avec persévérance dans les diverses situations et épreuves de la vie. Rappelons-nous l’antique sagesse d’Israël: «Mon fils, si tu prétends servir le Seigneur, prépare-toi à l’épreuve» (Si 2, 1), c’est-à-dire prépare-toi à la lutte. Et la présence de l’Esprit Saint nous donne la force pour bien lutter. 

Chers frères et sœurs, quand nous plongeons la main dans l’eau bénite — en entrant dans une église nous touchons l’eau bénite — et que nous faisons le signe de la Croix, pensons avec joie et gratitude au baptême que nous avons reçu — cette eau bénite nous rappelle le baptême — et renouvelons notre «Amen» — «Je suis heureux» —, pour vivre plongés dans l’amour de la Très Sainte Trinité.

Je suis heureux de saluer les pèlerins venus de France et de divers pays francophones, en particulier les jeunes du diocèse de Rouen avec leur évêque Mgr Lebrun et les jeunes du diocèse de Saint-Brieuc avec leur évêque Mgr Moutel. Quand nous faisons le signe de la croix en plongeant notre main dans l’eau bénite, puissions-nous penser avec reconnaissance au Baptême reçu et renouveler notre "Amen", pour vivre immergés dans l’amour de la Sainte Trinité. Que Dieu vous bénisse !

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