Foujita, « Peindre dans les années folles »

Rédigé par Céline Vicq le dans Culture

Foujita, « Peindre dans les années folles »
Crucifixion (vers 1920), CRMH - Drac Occitanie, Cahors ©Fondation Foujita / ADAGP 2018 ; Photo : © Jean-François Peiré – DRAC.

Il y a 50 ans, le 29 janvier 1968, le peintre Léonard Tsuguharu Foujita (1886-1968) quittait ce monde. Pour célébrer cet anniversaire le Musée Maillol présente un grand nombre de ses œuvres tandis que différents lieux prestigieux en France au cours de l’année 2018 organisent des manifestations le mettant à l’honneur.

En 1913, c’est un Japonais cultivé et assoiffé de nouveauté qui débarque à Paris après avoir étudié aux Beaux Arts de Tokyo. Fasciné par la vie parisienne, il se joint à l’avant-garde cosmopolite de Montparnasse, se créant un personnage de dandy excentrique qui le fait connaître. Il peint avec une grande dextérité beaucoup d’autoportraits, des femmes nues, des enfants, des chats et étonnamment des scènes religieuses dont une belle et sobre Crucifixion, sur fond d’or, réalisée en 1929, que l’on peut contempler dans l’exposition. Déjà, en 1919, il avait surpris son public en exposant à la galerie Chéron un genre nouveau d’œuvres d’art, sous le titre « Compositions mystiques ». Mère et Enfant (1917) en est un témoignage. Cette douce Maternité que deux anges encadrent, sur fond d’or, rappelle les saintes icônes et la peinture religieuse du Quattrocento. Cette soif spirituelle, qui ne le quitte pas malgré une vie affective tourmentée, le conduit à se faire baptiser en 1959 à Reims où il choisit le nom de Léonard en hommage à Vinci. (Il décore dans cette ville la chapelle Notre-Dame-de-La-Paix, construite sur ses plans).

En plus d’un grand nombre de dessins, peintures, sculptures et mobiliers, certaines de ses imposantes décorations peintes sont exposées. L’ensemble destiné à l’origine à la Maison du Japon de la cité universitaire (qui n’y fut pas présenté à la suite d’un différend avec le mécène de cette œuvre) présente des corps musclés, portant l’influence du « Jugement dernier » de Michel-Ange et des sculptures de Rodin, tandis qu’un autre décor monumental, poétique, rappelle ses origines extrême-orientales. Il provient de l’un des salons du Cercle de l’Union interalliée et est exposé hors de ce lieu pour la première fois. 

À découvrir ! 

Jusqu’au 15 juillet 2018.

Musée Maillol, 61, rue de Grenelle, 75007 Paris.

Tél. : 01 42 22 57 25.

Ouvert tous les jours 10 h 30 à 18 h 30. Nocturne le vendredi jusqu’à 20 h 30.

Pour être informé des différentes expositions en 2018 voir https://www.fondation-foujita.org/

 

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