Mathieu Bock-Côté : Posologie et effets secondaires

Rédigé par Jean de Saint-Jouin le dans Tribune libre

Mathieu Bock-Côté : Posologie et effets secondaires

Dans le numéro 1662 du 28 avril dernier de L’Homme Nouveau, nous avons publié un long échange que nous avions eu avec Mathieu Bock-Côté, intellectuel québécois, particulier apprécié de ce côté-ci de l’Atlantique pour sa capacité d’analyse et ses idées conservatrices. Nos lecteurs canadiens n’ont pas manqué de réagir comme le prouve cette Tribune libre de Jean de Saint-Jouin. Faut-il lire Mathieu Bock-Côté ? Et si oui, à quelle dose et selon quels critères de discernement ? Cet étrange débat est donc ouvert!…

Car un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine ; mais ils se donneront une foule de docteurs, suivant leurs convoitises et avides de ce qui peut chatouiller leurs oreilles ; ils les fermeront à la vérité pour les ouvrir à des fables. (2TM, 4, 3-4).

MBC. Voilà trois lettres nouvellement brodées aux oriflammes de la pensée catholique « conservatrice » contemporaine. Connaissez-vous Mathieu Bock-Côté ? Risquez-vous d’entendre à chaque apéro branché dans l’hexagone. Si le personnage a, en effet, plusieurs belles qualités, sa cote d’admiration parmi les catholiques a de quoi surprendre et aurait avantage à être revue à la lumière de quelques principes de base. Au minimum, il serait convenable de rappeler dans quelle mesure le sympathique sociologue québécois s’éloigne de manière battante de la doctrine catholique de même que de la philosophie réaliste en général.

 

Un débat à l’Homme Nouveau

Dans son numéro du 28 avril, l’Homme Nouveau publie un débat entre MBC, Thibaud Collin, Guilhem Golfin et Maxence Hecquard. Ce débat, un peu chaotique, a l’avantage de faire faire surface à quelques éléments discordants entre le discours de Bock-Côté et la pensée catholique. Plus précisément, on y constate que MBC est :

  • Moderne; 
  • Amoureux de la démocratie; et 
  • Fortement influencé par le jugement public posé sur sa pensée. 

Le présent article cherche à réfléchir sur chacun de ces points à partir d’un angle résolument catholique. En guise de conclusion, nous nous interrogerons sur les raisons qui expliquent le succès de MBC.

 

MBC est moderne

S’il prétend être moderne un peu à regret et qu’il croit que la modernité doit être civilisée, MBC avoue pourtant qu’elle n’est pas sans vertu, (et qu’) elle représente un pari sur la liberté de l’homme. Il va même jusqu’à se définir comme un Libéral-Conservateur, curieuse catégorie qui, ironiquement, lui va tout de même à merveille. Sans m’étendre sur un concept qui pourrait faire l’objet d’un ouvrage complet, je décrirais cette épithète comme un étrange hybride intellectuel qui cherche à atténuer les conséquences ultimes du principe postulé. C’est un peu comme quelqu’un qui offrirait joyeusement la ciguë à Socrate tout en lui remettant, en même temps, un livre sur les dangers des poisons. 

La modernité a posté l’homme dans le nombril de l’univers et cherche à mesurer l’ensemble de ce qui l’entoure à l’échelle de sa seule raison. Fruit du dictat de cette nouvelle religion sans Dieu, à force de perdre les notions de dépendance et de créature, l’être humain a fini par croire que tout dépend de ses efforts d’imagination et de volonté. L’homme se construit en cherchant à s’émanciper de toute contrainte sauf celles (entendons-nous, la plupart du temps arbitraires) cooptées par une raison déconnectée du réel et érigée en demiurge. Le rapport à la réalité est affaibli au profit d’une succession de fantasmes de puissance qui, forcément, mène politiquement à la dictature. En effet, nul se saurait s’opposer à la construction collective sous peine d’expulsion de la cité. Dans le cocon douillet de la Picdelamirandolepolis, privé de ses limites naturelles, secrètement animé par des passions ironiquement peu rationnelles et coupée des deux mamelles du bon sens, culture et tradition, le papillon raisonnable se métamorphose en chenille monstrueuse. Comme l’a admirablement dit Chesterton, Le fou n’est pas l’homme qui a perdu la raison. Le fou est celui qui a tout perdu, excepté la raison. 

MBC, contrairement à la majorité des intellectuels, s’inscrit partiellement en faux par rapport à cette raison sans limite. Constatant au moins une partie des conséquences funestes de notre société artificielle, MBC croit en effet que certaines limites doivent être définies pour éviter la prolifération d’une modernité débridée et auto-construite. Nous ne pouvons que nous réjouir de ce réveil de la nature. Cependant, tenant à conserver la possibilité de s’émanciper, en partie au moins, de ladite nature, MBC se refuse à en accepter une conception trop limitative. Au super marché des contraintes potentielles, il semble avoir rempli son panier d’un certain nombre d’ingrédients qu’il assemble savamment en une macédoine dont lui seul a la recette. Multiculturalisme, autodéfinition infinie de l’être humain, perte de l’autorité, constituent certains éléments qui mijotent dans le potage. Mais cette approche a quelque chose de contradictoire puisque, nécessairement, le fait de choisir des limites au dépend de d’autres, toutes aussi naturelles, comme la dépendance face à Dieu et ses conséquences morales par exemple, sape les assises intellectuelles de l’argument. Dès qu’on a accepté une approche constructiviste et qu’on s’est éloigné, ne serait-ce que partiellement, du concept de nature, le château de cartes s’écroule immanquablement, peu importe ce que qu’on peut prétendre.

 

MBC est un Libéral-démocrate

Évidemment MBC est démocrate. La modernité, dont il partage les racines, ne saurait accepter aucun autre modèle. Il s’agit non seulement d’un mode de sélection des gouvernements (par ailleurs critiquables) mais bien aussi d’un système idéologique qui marche main dans la main avec le constructivisme moderne. À la source ce ce modèle,  l’idée que l’Homme, entendu ici dans sa réalité collective, ne reconnait aucune autre légitimité que celle qu’il se donne à lui-même et qu’il peut choisir ce qu’il est, ce qu’il sera, en le plébiscitant et le légiférant. Pour mettre en application cette philosophie dans le réel (sic), il faut un système politique qui renforce et défende les socles fondamentaux de cette auto-construction permanente. Conséquemment, il n’est pas surprenant que le concept de démocratie soit entendu comme un synonyme de bien absolu aujourd’hui.

En effet, si l’alliance du trône et de l’autel constituait un puissant alliage en raison de la relation naturelle forte, intime et naturelle, entre le pouvoir royal et le pouvoir religieux, l’alliance entre la démocratie et la licence morale est tout aussi forte et cohérente. 

En effet, la souveraineté populaire est un puissant protecteur, par essence, de la licence morale. Monseigneur l’opinion, et son fidèle vassal « liberté d’expression » sont de très puissantes murailles pour protéger la raison des limites de la nature et soutenir la légitimité des désirs de chacun, en autant que cela ne nuise pas au voisin. C’est que l’opinion, lorsqu’érigée en droit, combat la vérité par essence. Comme disait le Père de Chivré, l’opinion est à la pensée ce que la première marche est à l’escalier. Elle n’existe que pour passer à une autre marche, plus haute, et nous amener plus près du but, à savoir la certitude qui elle seule permet l’action. S’arrêter à l’opinion, c’est refuser la vérité. Une fois constitué en système politique, cette machine à déchiqueter la vérité, et les limite naturelles, est redoutable. 

On comprend mieux alors la passion avec laquelle les modernes défendent, bec et ongle, la démocratie, étant même prêt à lui faire des compliments que seul un amour parfaitement aveugle peut expliquer. C’est sans doute cette dévorante passion amoureuse qui faire dire à MBC que La Démocratie-libérale est le régime propre de la civilisation occidentale dans ce qu’elle a de mieux en conjuguant la souveraineté populaire et les libertés publiques. On a la même impression en lisant ces lignes que lorsqu’un ami nous présente sa fiancée moche en nous disant que c’est la plus belle fille de France.  On ne sait pas trop si on doit sourire ou lui mettre une claque. En effet, s’il fallait organiser un concours de beauté «Miss Civilisation Occidentale » et que les concurrentes étaient la démocratie-libérale et l’université (ou d’autres trésors provenant du génie du christianisme) il est fort à parier que la démocratie libérale repartirait, au suffrage universel des juges, avec le prix de consolation de « miss-mocheton ».

Ceci étant dit, question d’être honnête, nos « amis » démocrates sont tous pour une certaine forme de limite, du moins à priori. À moins d’être complètement timbré (et il faut bien avouer que certains sont impressionnants à ce titre), un soupçon de sens commun retient le démocrate d’avouer directement que tout peut faire l’objet d’une autodétermination. Mais il faut aussi avouer que leurs limites sont elles-mêmes auto-construites, ponctuelles, purement circonstancielles, et ne cessent d’être reconfigurées sous le poids des hordes des lobbys barbares qui cherchent à étendre, de l’intérieur, le limes de l’empire démocratique. Et ce qui était insensé hier, semble tout à fait normal aujourd’hui. 

Il y a donc admission, chez tous, de limites théoriques, implicites et au moins symboliques du credo démocratique. Mais chez Bock-Côté, ces limites sont un peu plus définies. Il a beaucoup travaillé sur la question du multiculturalisme et de la culture, du patrimoine historique, de la notion de nation. Mais l’on pourrait se demander, d’où viennent ces limites particulières ? Pourquoi elles et non pas la question du respect de la vie, par exemple ? Pourquoi avoir choisi des aspects des limites naturelles et non l’ensemble de celles-ci ? Est-ce un choix purement arbitraire ou simplement dû à une question de préférence ?

Pourquoi refuse-t-il d’admettre une nature contraignante, réelle mesure du réel perçu et transformé ? Plusieurs réponses pourraient être avancées pour expliquer pareille attitude, mais une semble plus satisfaisante. 

 

Les vrais limites : le regard de ses contemporains

La partie la plus troublante du débat concerne l’échange sur la présence dans le débat public. Poussé par ses talentueux interlocuteurs à reconnaitre les incompatibilités du concept de limites pour un société contemporaine fondée sur un contrat, et donc malléable à foison, MBC finit par reconnaitre, en utilisant les mots du général de Gaulle qu’il faut épouser l’esprit de son temps si l’on veut être entendu dans le débat public. Les médias ne donnent de l’espace qu’à ceux qui leur ressemblent.

Sur ce dernier point, il faut bien lui accorder partiellement raison. Du moins dans un premier temps. En effet, pour qui veut avoir une place de choix dans l’arène publique qui, en nos temps psychotiques, prend la forme des médias virtuels, il faut en effet connaitre par cœur et savoir chanter à l’unisson, le pathétique et abêtissant credo de la modernité. Je cite de mémoire :

 

Je crois en l’homme-dieu, sans père, tout puissant

Ravageur du Ciel et protecteur de mère Terre

Et en la Saint Démocratie, sa fille unique, notre déesse

Conçue des droits de l’Homme et de leur esprit

Née de la guillotine à Paris

A souffert sous Dieu et le Roi

A été condamné, était comme mort, paru enseveli

Provenant de l’enfer, a pactisé

Est monté au sommet de l’État

Est assis à la gauche des loges et du capital tout puissant

D’où il vient taxer les vivants et même les morts

Je crois encore en la Modernité, à la représentation populaire

À la communion des chartres, à la rémission des peines 

À la santé de la chair et à la licence éternelle

Ainsi sera-t-il

 

Or, pour qui s’intéresse à la chose publique, il est normal de vouloir avoir une place dans l’agora. Qu’est-ce en effet qu’un homme public aphone ? Il faut au minimum être ventriloque. Alors, qu’en est-il de l’argument de MBC ? Il parait alléchant. Devrait-on donc chanter, nous aussi en chœur, du moins temporairement et tactiquement, cet hymne autrefois fredonné par le serpent au jardin ? N’était-ce pas, d’ailleurs, ce que faisaient les masses dans les Manifs pour tous, défendant la nature en arborant le tricolore et portant des Mariannes en triomphe ?

Comme y fit génialement référence Maxence Hecquart pendant le débat, ce n’est certes pas, pourtant, la façon dont Platon procéda. Et j’ajouterais, Antigone non plus d’ailleurs.

Au-delà de ces exemples de la cité grecque, respectivement réel et figuré, nous avons, nous Chrétiens, bien d’autres exemples à imiter. À commencer par celui du Maître. 

Il n’y avait pas de place dans l’hôtellerie, mais il y en avait dans l’étable. L’hôtellerie est le lieu de rassemblement où se fait l’opinion publique, c’est le foyer où s’allume les mouvements révolutionnaires, c’est le rendez-vous des idoles du monde, le point de ralliement des gens populaires et des vedettes. L’étable, au contraire, est le lieu des proscrits, des petits, des ignorés.1

Il est vrai que la vérité est insupportable à qui ne veut pas l’entendre. Il faut pourtant la claironner, encore et encore, pour que le tintamarre lumineux pénètre au plus profond des cœurs endurcis ou distraits. Le glaive tranchant de la vérité, même lorsqu’il semble impuissant, laisse de profondes cicatrices qui n’ont de cesse de crier à l’aide le Médecin céleste. 

Il est cependant exact qu’il faut tenir en compte des idées à la mode, des référents communs, des endoxes du jour de peur de parler une langue plus proche du martien pour nos contemporains. Ceci étant dit, s’il faut adapter le moyen de transport, hors de question de commercer quant à la nature du chargement transporté. Il faut du vrai, concentré, pur jus, naturel, sans additif ni colorant, embouteillé à la source avec des méthodes ancestrales. Les compromis, parfois nécessaires dans la vie politique pratique, peuvent se révéler être de très dangereuses compromissions lorsque vient le temps de penser le monde, y compris le monde politique. La vérité ne peut pas être soumise aux aléas du temps. Et ce sous aucun prétexte.

 

La musique qui plait

Mais alors, puisque MBC est moderne, démocrate et prêt à adapter la vérité pour qu’on l’écoute mieux, pourquoi alors est-il si populaire chez une partie des catholiques de France ? Plusieurs raisons expliquent cet entichement, en voici quelques-unes.

Premièrement, le personnage est attachant, avouons-le, et charismatique. Son Québec natal lui donne un petit exotisme hivernal bien tempéré par la chaleur d’une langue commune. C’est d’ailleurs une des nombreuses qualités qui font le charme des Québécois et qui lient historiquement les cousins de chaque côté de l’Atlantique. Avec Bock-Côté, on se sent en famille.

De plus, dans son combat contre ce qu’il nomme la dérive de la démocratie contemporaine, il cherche à ériger, nous l’avons vu, des limites semi-objectives à ne pas dépasser. Pour ce faire, il évoque des idées qui font plaisir, qui sonnent bien, et qui font partie, en effet, de la musette conceptuelle de tout petit combattant contre-révolutionnaire. Attachement au passé, à l’histoire et à l’identité, combat contre l’ignorance, le multiculturalisme et contre une partie de la langue de bois et de la pensée unique contemporaine. Puis, il y a l’épithète qui lui est affublée, et dont il se revendique farouchement, celle de conservateur. Tout cela flatte l’oreille et le cœur de plusieurs. Surtout quand, pour une fois, ces idées sont véhiculées dans de grands médias… C’est comme si on sortait tous de l’ombre pour prendre une bouffée de Tweetair (sic), qu’on prenait l’apéro de la notoriété aux noces du Figaro, comme si le monde commençait à nous écouter, finalement.

Nous écouter pour dire quoi, d’ailleurs ? Attention, faisons les bonnes distinctions. Reconnaître le génie littéraire d’Hugo ne nous oblige pas à adhérer, sans nuances, à sa pensée politique. Une bonne idée peut germer de mauvais principes, c’est d’ailleurs une des étonnantes preuves du caractère éminemment vivace et pugnace de la vérité. Et puis, notons bien, le catholique n’est pas un conservateur. J’insiste. Nous ne sommes pas des conservateurs, pas plus que la vie n’est un musée. 

On met en conserve de la nourriture qui périrait sans intervention. Le conservateur cherche à conserver quelque chose de beau qui tend à disparaitre, abandonné, en raison d’un contexte changeant. Le catholique cherche à rendre beau, un monde qui tend à disparaitre par ses humeurs changeantes. Le Père Chivré disait : La mélancolie des choses vient de leur caducité

Pourtant, les actions du conservateur et du catholique peuvent se ressembler pour un observateur extérieur. Prenons deux individus qui préservent précieusement une vieille lettre. Si le conservateur conserve avec soin l’enveloppe et le papier à lettre, c’est parce qu’ils constituent des artefacts aimables en eux–mêmes et qu’il souhaiterait voir renaitre un monde disparu. Si le catholique chérit également l’enveloppe et le papier, et les presse même sur son cœur avec émotion, ce n’est pas tant parce qu’il songe au passé ou qu’il donne une valeur particulière à l’objet, c’est qu’il aime passionnément l’auteur de la lettre, qui l’a écrit de sa main, qui a scellé de sa bouche. 

La tradition, comme le disait le cardinal Ratzinger, ce n’est pas une bibliothèque poussiéreuse, c’est un fleuve furieux. J’ajouterais que la Tradition n’est pas œuvre de volcanologue, par amour des cendres, mais bien œuvre de pyromane, par amour du feu.

 

Posologie et autre réflexion complémentaire :

Qu’est-ce à dire mes amis ? Devions-nous cesser de lire Bock-Côté ? Devrions-nous cesser de collaborer avec lui ? Je connais plusieurs catholiques qui l’évitent et qui, peut-être un peu (beaucoup) pharisiens, ne veulent pas traiter avec quelqu’un qui n’est pas suffisamment pur. Voilà qui me semble déraisonnable et évidemment contre la charité.

On a le droit d’aimer Bock-Côté. Personnellement, je l’aime beaucoup et ce, pour plusieurs raisons. Il a écrit de très beaux textes où l’on sent une saine nostalgie d’une civilisation qu’il admire sans réellement connaitre, du moins de l’intérieur, puisqu’il est épris de l’écrin sans avoir jamais vu le joyau. Jean Vanier disait que pour admirer et comprendre des vitraux, il y a deux conditions essentielles. Il faut, d’abord, être à l’intérieur de l’église et, deuxièmement, être dans la lumière. L’absence de la première condition nous laissera devant un spectacle très abstrait, celle de la deuxième nous plongera dans le noir. 

Qui pourrait réellement repousser un spectateur, intéressé par ces curieuses vitrines colorées et qui chercherait à en comprendre le sens, de l’extérieur de l’édifice. À moins d’être particulièrement cruel, il serait naturel de l’inviter à pénétrer à l’intérieur, pour mieux continuer sa quête… sachant que chacun est libre (et que les beaux vitraux se font rares, hélas).

Pour ma part, j’aime réellement MBC. J’admire son esprit vif et batailleur, son amour des belles lettres, sa verve inénarrable, sa mémoire livresque très impressionnante et un amour de la vie que bien de mes frères catholiques devraient un peu émuler. Oui, je l’aime comme un frère. Comme le frère du fils prodigue qui souhaite son retour et, pour éviter d’imiter le célèbre frangin, je continue d’espérer que tous les catholiques lui ouvriront largement les bras quand il s’approchera de la maison paternelle… Parce que déjà, nous nous réjouissions par avance de l’étreinte, de l’anneau, du banquet. 

A contrario, mes amis et mes frères, n’allons pas descendre des épaules du géant où la Tradition intellectuelle et religieuse nous a hissé pour se pâmer béatement devant des arguments au moins partiellement frelatés. Sans aucun mérite de notre part, nous avons la vérité à notre portée. Nous n’avons qu’à tendre la main et l’oreille. Tolle, Lege

Consommons MBC avec discernement, sachant toujours qui nous sommes. Chacun d’entre nous, proportionnellement à notre situation, nous avons un devoir positif de nous former. Lisons, formons-nous. Apprenons-en un peu plus sur nos racines philosophiques et intellectuelles. Nous serons plus à même d’apprécier MBC et, plus important, d’aider nos contemporains à connaitre la vérité.

Notre-Dame Siège de la Sagesse, priez pour nous.

Notre-Dame Siège de la Sagesse, priez pour MBC

 

 1. Fulton J. Sheen, La vie du Christ, 2012, DMM, Paris, p. 20.

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