Kamikazes, accouchements
et autres épisodes détonnants

Rédigé par Jean de Saint Jouin le dans Tribune libre

Kamikazes, accouchements <br>et autres épisodes détonnants

La force des djihadistes repose sur trois piliers. La mort qu’ils méprisent, la destruction qu’ils causent et la haine qu’ils sèment. Heureusement, la capacité de nuire de ces missionnaires de Lucifer est limitée à une seule action. Imaginez qu’ils puissent se faire sauter à plusieurs reprises… Ils ont plutôt le bon goût de descendre en enfer définitivement. Nous en profitons, d’ailleurs, pour leur y souhaiter, à tous, un séjour à la hauteur de leur mérite.

 

Comment luttez contre de tels dégoûtants barbares me demanderez-vous ? Je laisse à mes copains militaires la poétique et noble tâche de leur organiser une consultation avec Cerbère. Pour ma part, plus habile à occire par l’autre tranchant de l’épée, celui du verbe, je me contente des bains de sens. Malgré les limites évidentes de ma puissance de feu, j’ose utiliser les lignes qui suivent pour proposer une arme de guérilla plus efficace et plus accessible que la ceinture d’explosif.

 

Parlant d’effusion de sang

J’eus vent tout récemment, d’une mère de famille catholique, dont on ne saurait ici célébrer suffisamment les vertus, qui n’épargna aucune goutte de son sang pour orner sa couronne de gloire d’un 10e bambin. Le lendemain du passage de la cigogne, toute la fratrie, accompagnée du papa ému, allait visiter leur chère maman, exténuée, mais si heureuse. Je vous laisse imaginer la scène : 

  • Le papa, les bras chargés de fleurs et bombant le torse pour ne pas montrer son inquiétude de déranger tout le monde par le passage d’un cheptel plus bruyant qu’un régiment qui fait un footing ; 
  • les aînés, impatients de découvrir leur petit frère et de préparer une immense baston pour qui serait le premier à bercer le frangin ; 
  • les moyens, espérant seulement retrouver maman chérie parce qu’ils n’en peuvent plus des trucs dégueulasses que le papa tente de leur fait avaler ; 
  • sans oublier, bien sûr, l’adorable petite dernière qui sait si bien cacher, sous des airs innocents et dans sa jolie robe à smocks, sa ferme intention de crever les yeux à ce dégoûtant australopithèque plissé venant à peine de faire un putsch la renversant du coup de son enviable trône de benjamine.

La voilà donc cette procession bigarrée de 10 santons du 21e siècle qui s’avance en passant devant le poste des infirmières ahuries. Les voilà qui font fi (ils ont l’habitude) des regards des gens qui les zyeutes comme s’il s’agissait d’une horde d’extra-terrestres vêtus de tutus roses, de bonnets cosaques, et arborant un nez de clown. Les voilà qui entrent dans la chambre pour une scène touchante et pourtant si simple et naturelle.

Une heure plus tard, convaincu que les bruits de sa troupe avaient probablement dépassé largement les gémissements de 20 femmes en travail, le papa décide de repartir, non sans que chacun des enfants aille embrasser leur maman et lui disant : Merci pour mon petit frère.

 

Le Kamikaze catholique

Ce papa et cette maman, bien ordinaires, ne pouvaient se douter de l’impact que cet événement avait eu. En réalité, ils venaient de commettre un attentat d’une portée infiniment plus grande qu’un kamikaze. Ils venaient d’attenter à la contre-civilisation. Ils venaient de découper en pièce la doxa contemporaine de l’individualisme. Ils venaient d’exploser la vision de l’enfant, comme un droit, comme une réalisation égoïste. Ils avaient fait plus ! Au milieu des lambeaux d’idéologies désolantes et ennuyeuses jonchant le sol du siècle, ils avaient par leur seule présence, publié que la fidélité à la nature, nappée de l’onction de la grâce, était source de délectation véritable.

Deux jours après cette visite, le médecin traitant de cette digne chrétienne, témoigna, à elle et son mari, que toute l’équipe soignante avait été profondément touchée par l’ordre et l’amour émanant de leur famille. Ce bon docteur avait bien choisi ses mots. Fort bien d’ailleurs, car telle est la mission de la famille chrétienne. Opération Ordre et Amour. 

L’ordre d’abord, c’est-à-dire le respect de la nature. Avoir le courage d’avoir une famille nombreuse, sans chercher à tricher avec l’ordre naturel des choses. Qu’il y ait un père, chef de la famille. Une maman, cœur et pivot de la mini-société. Des enfants, insupportables, bruyants, normaux bref, pleins de vie. Voilà une mission dont le succès est acquis à coup d’efforts, de sueurs, de sacrifices. Efforts pour remonter le courant insipide et bourgeois du confort. Efforts pour vaincre le féminisme stupide et mortifère ambiant. Efforts pour donner un substrat solide à l’Amour.

 

Ubi Caritas

Ce couple se connaît assez bien pour savoir que ce qui a touché profondément les cœurs ne venait pas d’abord d’eux. Ils se confessent trop souvent pour ignorer qu’ils sont comme la lune, à savoir une grosse roche poussiéreuse qui n’a, en elle-même, aucune espèce d’intérêt. Cependant, illuminé par la lumière du soleil, ce caillou devient un astre brillant pour la nuit du monde.

Couples catholiques ! Jeunes fiancés ! Ordre et amour ! Voilà votre mission. Vous êtes beaucoup plus puissants que les Kamikazes dans la mesure où vous rayonnez de cet Ordre et de cet Amour. Soyez fécond, multipliez-vous. Ne craignez pas de mourir pour un monde qui, de toute façon, vous hait. Ne ménagez aucune goutte de votre sang pour donner la vie, en abondance, et élever vos enfants comme le Bon Dieu le désire, sans jamais douter de Sa Providence. Puisez, surtout, au cœur même du Christ, au Saint Sacrifice de la messe pour vous laisser immerger par la lumière du Soleil et refléter sur vos cœurs de pierre un Amour qui est tellement plus grand que vos pauvretés.

Puisse notre maman du Ciel nous donner le désir de porter cette ceinture explosive, réutilisable à volonté et qui, à chaque usage, propulse notre prochain plus près de l’Amour et qui nous rapproche tous du banquet éternel.

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