Le plus humble des prêtres,
devenu exemple pour le monde

Rédigé par Odon de cacqueray le dans Religion

Le plus humble des prêtres, <br>devenu exemple pour le monde

Le 4 août 1859, un modeste prêtre rendait son âme à Dieu. 70 ans plus tard, le pape Pie XI le déclarait saint patron de tous les curés de l’univers, Saint Jean-Paul II étendit son patronnage à tous les prêtres du monde. Ce prêtre connu comme « le saint curé d’Ars » n’est autre que Saint Jean-Marie Vianney. 

 

Né en 1786, Jean-Marie Vianney grandit pendant la Révolution, il recevra sa première communion des mains d’un prêtre réfractaire. À 17 ans il reçoit l’appel de Dieu à devenir prêtre, cependant, ses faibles connaissances, en latin plus spécifiquement, le font peiner. 

En 1815, après un séminaire difficile, le jeune homme a été déserteur lors de la guerre d’Espagne, Jean-Marie Vianney devient enfin prêtre. Vicaire du curé d’Écully pendant trois ans, il est ensuite envoyé, en 1818, il y a 200 ans cette année, comme curé à Ars. C’est à cette occasion, lors de son trajet pour rejoindre le petit village, perdu, où il avait été affecté qu’il rencontre Antoine, un jeune garçon du coin, à qui il demande son chemin, le pâtre lui ayant montré du doigt la bonne direction, le nouveau curé d’Ars lui dira cette phrase devenue si célèbre : « Tu m’as montré le chemin d’Ars, je te montrerai le chemin du ciel. » Une promesse qui sera tenue, Antoine mourra cinq jours après son curé. 

Arrivé dans sa cure le prêtre ne ménagea pas sa peine, celui qui se mortifiait, vivait de façon ascétique, ne prenant qu’un repas par jour, et encore… des patates, cuites pour toute la semaine (comme l’a écrit Guillaume Hünermann dans son livre : Le vainqueur du grappin) vit sa renommée grandir, bien malgré lui, son église, principalement fréquentée par les femmes attira peu à peu les hommes qui quittaient (difficilement) le cabaret pour pratiquer de nouveau la messe dominicale. 

Adorateur fréquent du Saint Sacrement, d’une générosité à nul autre pareil, prédicateur infatigable sur l’enfer, le Saint curé d’Ars était un confesseur dévoué entièrement au salut des âmes :

« Dites-moi, quand vous travaillez le saint jour du dimanche, ou que vous faites gras les jours défendus, quand vous jurez, ou quand vous dites des paroles sales, vous savez très bien que vous outragez le bon Dieu, que vous perdez votre âme et le ciel, et que vous vous préparez un enfer. Vous savez bien qu’étant dans le péché, si vous n’avez pas recours au sacrement de pénitence, vous ne serez jamais sauvé. » 1

Son combat contre le diable, le « grappin » comme il l’appelait, a duré toute sa vie, il luttait contre ses doutes, ses envies de renoncer, mais aussi contre les manifestations du diable qui venait le tourmenter dans son sommeil et dans son ministère. 

Si Saint Jean-Marie Vianney reçut de Dieu des dons, comme celui de lire dans les péchés dans les âmes, ce n’est pas ce qui a fait de lui un saint, ce n’est donc pas ce qu’il faut retenir de la vie de ce curé de campagne. C’est sa détestation du mal et son dévouement toujours plus grand au service des âmes, sa mortification des sens pour être plus libre d’aimer Dieu. 

Pour bien comprendre comment le Saint curé d’Ars a pu être donné en exemple à tous les curés du monde puis à tous les prêtres, on ne saurait trop encourager la lecture de l’encyclique SACERDOTII NOSTRI PRIMORDIA, écrite par Saint Jean XXIII à l’occasion du centenaire de la mort du curé d’Ars. Le Saint pape attire l’attention sur tris points importants dans la vie de saint Jean-Marie Vianney : « le sens aigu qu’il avait de ses responsabilités pastorales […], saint Jean-Marie Vianney excella en vrai pasteur à leur procurer en abondance l’aliment primordial de la vérité religieuse […], l’administration du sacrement de pénitence, qui en reçut un singulier éclat et produisit les fruits les plus abondants et salutaires. »

 

1. Extrait d'un sermon prononcé le troisième dimanche apès l'épiphanie

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