Maximilien Kolbe, une vie au service de Marie

Rédigé par Odon de Cacqueray le dans Religion

Maximilien Kolbe, une vie au service de Marie

Né en 1894, le jeune Raymond Kolbe est connu pour son sacrifice ultime, lorsqu’il prit la place de François Gajowniczek, père de famille, condamné à mourir de faim dans une cellule d'Auschwitz, en représailles de l’évasion d’un des prisonniers. 

Ce don total de sa vie a été rendu possible par une vie entière consacrée au Christ, ce choix héroïque n’était que la conséquence de choix antérieurs qui ont appris à l’homme, puis au prêtre, le bon discernement de la volonté de Dieu et l’abandon à Sa providence. 

Dès son plus jeune âge, celui qui n’était encore que Raymond Kolbe demande à la Sainte Vierge de lui indiquer quelle sera sa vie. Marie lui apparaît et lui désigne deux couronnes, comme pour un choix : une blanche (symbole de la pureté) et une rouge (représentant le martyr), l’enfant choisit les deux et dès lors, comme le dira sa mère, il travaillera sur son comportement, s’assagissant et mûrissant. 

Dans une famille marquée par la figure de saint François, Raymond et son frère aîné François, entrent au petit séminaire des franciscains à Lwow, deux ans après, c’est leur père qui entre dans un couvent franciscain, tandis que leur mère se retire dans un couvent de bénédictines, avec son dernier fils Joseph, à Lwow aussi. Le petit frère suivra la trace des grands en rentrant au couvent plus tard.

En 1910, le 4 septembre, Raymond en revêtant la bure et la ceinture de corde laissa la place à Maximilien, deux ans après, il est envoyé continuer ses études à Rome où il obtiendra deux doctorats. En 1914, lors de la fête de la Toussaint, il prononce ses vœux solennels et prend son nom définitif : Maximilien-Marie. Il passera la première Guerre mondiale en Italie, bénéficiant du statut particulier de la Pologne, pays occupé, partagé. Ce premier grand conflit le marquera par la disparition de son père et le retour à la vie laïque de François, son frère, désireux de se battre pour la patrie et qui aura une vie chaotique. 

Le 28 avril 1918, le frère Maximilien-Marie devient le père Maximilien Marie. Un an plus tôt, le 16 octobre 1917, avait eu lieu un événement important dans la vie du jeune franciscain, au récit de la conversion, par l’intermédiaire de la médaille de la rue du Bac, d’Alphonse Ratisbonne, un juif, Maximilien-Marie avait résolu de créer la Militiae Immaculata, la milice de Marie, avec six autres religieux. Tous porteurs d’une médaille miraculeuse, les sept hommes prirent la résolution de chercher à obtenir la conversion des « pécheurs, hérétiques, schismatiques » et plus particulièrement des « francs-maçons ». Consacrés à la Sainte Vierge, les membres de cette confrérie s’engagèrent donc à mettre en œuvre tous les moyens à leur disposition pour obtenir ces conversions. 

De retour en Pologne après sept ans d’absence, le père Maximilien-Marie est nommé professeur d’histoire ecclésiastique, auprès des profès, mais la tuberculose rend son enseignement compliqué, d’abord relevé de sa fonction d’enseignant, il est envoyé dans un sanatorium lorsque sa maladie le met en danger. 

Le prêtre ne ménage pas ses forces pour faire connaître sa Militiae Immaculata, après avoir obtenu les autorisations nécessaires avant de publier et diffuser ses statuts, il mène un véritable apostolat pour sa jeune fondation qui compte plus de mille inscrits au terme d’un an d’existence en Pologne. Las, la maladie renvoie le père Kolbe au sanatorium, là séparé de sa chère fondation dont ses supérieurs lui ont demandé de ne plus s’occuper le temps de sa convalescence, il enseigne les malades et travaille à leurs conversions. 

Sorti de sa cure Maximilien-Marie reprend les commandes de son association et pour toucher les laïcs, il commence la diffusion en 1922 de sa revue : Chevalier de l’Immaculée, dispensant les nouvelles de la Milice de l’Immaculée et assurant également une formation solide. La revue grandissant, il fallut bientôt pour des raisons financières, investir dans les machines d’impression, le père Kolbe fonde la cité de l’Immaculée (Niepokalanow), un couvent-imprimerie qui cumulait la vocation franciscaine avec les objectifs de la MI. En 1938, 16 ans après sa création, le numéro du Chevalier de l’Immaculée du mois de décembre sera tiré à plus d’un million d’exemplaires. 

Le martyr de Saint Maximilien Kolbe occupe une telle place que peu de personnes savent que le prêtre fût missionnaire, en Chine, au Japon, en Inde, où il essayait d’implanter la Milice de l’Immaculée et sa revue. En 1935 il revient en Pologne où il continue à développer sa fondation, le couvent et les revues qu'ils impriment. En 1939, la guerre éclate, avec la défaite rapide de l’armée polonaise, Niepokalanow devenue une cible de choix pour des bombardements, est vidée de la majorité de ses habitants, seule une poignée de religieux y demeure, continuant une vie de prière et soignant les blessés.

Alors que la Wehrmacht avait autorisé les religieux restants à poursuivre leurs activités, le 19 septembre la Gestapo les rassemble et leur annonce leur déportation, le père Kolbe choisit de rester avec ses frères. D’abord emprisonnés à Amititz, les franciscains furent ensuite emmenés à Ostrzesrow, et libérés le jour de la fête de l’Immaculée Conception, la communauté reprit sa place dans la citée de l’Immaculée et put même imprimer un numéro de la revue Chevalier de l’Immaculée

Le 17 février 1941, le père Kolbe est de nouveau arrêté, trois mois après, il fait partie d’un convoi de prisonniers, déportés à Auschwitz, il reçoit son matricule, sa nouvelle identité : 16 670. Très vite les mauvais traitements et la tuberculose le conduisirent à l’hôpital, il en sortit, fût mis dans un Block destiné aux invalides, puis dans le Block 14, destiné aux travaux agricoles. 

Un des prisonniers parvint à s’échapper, en représailles 10 hommes furent sélectionnés pour mourir, victimes expiatoires. François Gajowniczek, l’un des dix, cria son refus de la mort, invoquant sa femme et ses enfants, c’est à ce moment que le père Maximilien-Marie demanda à l’officier allemand d’échanger sa place avec le malheureux père de famille, à la surprise de tous, l'officier accèda à sa requête. Les malheureux sélectionnés furent donc emmenés sans ménagement, nus, dans une cellule, pour y mourir de faim. Calmant ses compagnons d’infortune, confessant, aidant à prier, le père Maximilien Kolbe les prépara à la mort. Le 14 août 1941, il ne reste plus que quatre survivants, dont le père Maximilien Kolbe, ils reçoivent une piqûre mortelle d’acide carbonique, leurs corps seront brûlés dès le lendemain. 

Le 10 octobre 1982, le pape Jean-Paul II canonisait le père Maximilien Kolbe comme martyr. 

 

Pour aller plus loin : Maximilien Kolbe, prêtre, journaliste et martyr (1894-1941) de Philippe Maxence, aux éditions Perrin.

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