L'assomption une fête mondiale et une fête nationale

Rédigé par Odon de Cacqueray le dans Religion

L'assomption une fête mondiale et une fête nationale

Cette année encore, le 15 août, les catholiques ont fêté l’Assomption de la Vierge Marie au ciel. Lors de cette fête, les fidèles célèbrent le fait que la mère du Christ et de tous les hommes a été élevée corps et âme au ciel à la fin de sa vie terrestre. Cette vérité a mis du temps à s’imposer. Si dès le VIe siècle nous retrouvons des traces de la « Dormition » de la Sainte Vierge (terme encore utilisé par les orthodoxes), il faudra attendre 1950 pour que le pape Pie XII décide de consacrer cette croyance comme :

« dogme divinement révélé […] si quelqu’un — ce qu’à Dieu ne plaise — osait volontairement nier ou mettre en doute ce que Nous avons défini, qu’il sache qu’il a fait complètement défection dans la foi divine et catholique. »

Constitution dogmatique Munificentissimus Deus

Cette proclamation, qui est la seule déclaration ex cathedra faisant usage de l’infaillibilité depuis la proclamation de l’infaillibilité papale par le Concile Vatican I, répondait à une grande aspiration des laïques et des religieux du monde entier. Ce n’était pas une décision facile pour le pape étant donné le silence des textes concernant la fin de la vie de la Sainte Vierge, raison pour laquelle le pape n’a pas précisé si la mère du Christ est morte ou non. 

 

En France la fête de l’Assomption a un caractère bien particulier. En effet, en 1637, Louis XIII n’a pas d’enfants et la situation de la France n’est pas bonne, le pays est en guerre et sans héritier mâle, la succession sur le trône pourrait être dévastatrice.

Un an plus tôt, une bénédictine ayant été marquée des stigmates du Christ, sœur Anne-Marie de Jésus crucifié, affirme avoir eu des révélations du Christ demandant au roi « de mettre sa personne et ses États en la protection de la Reine du Ciel ». Louis XIII suit ce conseil et consacre la France à Marie dans son cœur. La Sainte Vierge révèle alors à Frère Fiacre, religieux du couvent de Notre-Dame des Victoires (couvent dont la construction a été financée par Louis XIII), que la reine enfantera si sont faites trois neuvaines, une à Notre-Dame de Grâces, la suivante à Notre-Dame de Paris et la dernière à Notre-Dame des Victoires. Le 5 septembre 1638, neuf mois après la fin de la dernière neuvaine, naît Louis-Dieudonné. 

En remerciement de la grossesse de sa femme, le 10 février 1638, avant même que naisse son successeur, Louis XIII publie l’Édit officiel qui consacre solennellement la France à Marie. Dans ce même vœu, il demande que tous les ans, le 15 août, soient organisées des processions dans toute les églises de France.

Le vœu de Louis XIII a été renforcé par Pie XI lorsque celui-ci choisit le 2 mars 1922 de donner une force particulière à l’adage bien connu : Regnum Galliae, regnum Mariae (le royaume de France est le royaume de Marie), en déclarant dans la lettre apostolique Galliam, Ecclesiae filiam primogenitam

« après avoir pris les conseils de Nos vénérables Frères les cardinaux de la sainte Église romaine préposés aux Rites, motu proprio, de science certaine et après mûre délibération, dans la plénitude de Notre pouvoir apostolique, par la force des présentes et à perpétuité, Nous déclarons et confirmons que la Vierge Marie Mère de Dieu, sous le titre de son Assomption dans le ciel, a été régulièrement choisie comme principale patronne de toute la France auprès de Dieu, avec tous les privilèges et les honneurs que comportent ce noble titre et cette dignité. »

En nous donnant la Vierge Marie « sous le titre de son Assomption » comme principale patronne, le pape a fait du 15 août notre véritable fête nationale.

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