Grands flics

Rédigé par François Foucart le dans Humeur

Grands flics
Gino Cervi dans le rôle du commissaire Maigret : Maigret à Pigalle, 1967

C’est un curieux paradoxe : dans le même temps où quelques imbéciles crient dans la rue « Tout le monde déteste la police », le personnage (si possible féminin) du commissaire de police judiciaire est la vedette de tous les feuilletons le soir à la télévision. 

On a aussi appris la mort cet été de Marcel Leclerc, un « grand flic ». J’en ai approché quelques-uns, par exemple le commissaire Le Taillanter, belle gueule de Breton solide (sa jolie maison finistérienne fut d’ailleurs plastiquée par le Front de Libération de la Bretagne [FLB]), et qui de simple gardien de la paix finit divisionnaire et chef de la Brigade criminelle. Ou encore Yves Jobic, major de sa promotion à l’École des Commissaires de police et qui achève sa carrière comme Contrôleur général. Cet excellent professionnel, que l’on disait plutôt « de droite » et même catholique ( ! ), dut subir la scandaleuse vindicte d’un certain Hayat, juge d’instruction et surtout membre fanatique du Syndicat de la magistrature. Jobic fut lavé de tout soupçon, et Hayat malgré sa lourde erreur termine sa carrière à l’un des plus hauts postes de la magistrature : Président du Tribunal de Grande Instance de Paris ! 

Depuis le commissaire Maigret on se passionne pour les grands flics. Certes, on est passé du bonhomme bourru, gros pardessus, chapeau mou et pipe en bouche, à de jeunes fonctionnaires brillants, parfois Docteurs en droit, et qui, en jeans et en baskets avec leurs hommes, vivent des aventures dangereuses et courageuses dans des brigades prestigieuses comme la Crim ou l’antigang. Si le métier fascine, c’est qu’il témoigne de la force et du pouvoir qu’il y a à être armé et pouvoir crier : « Police ! », de l’intérêt très humain qu’il y a dans la chasse à l’homme, et surtout de la magnifique fonction qui consiste à protéger la société. 

On ne peut pénétrer le milieu sans l’approcher de très près (pas de police sans indicateur) mais la marge est étroite et il y a eu, parfois, quelques « ripoux ». L’autre actuelle difficulté vient de ce que nombre de politiques (dont la Taubira), de juges et de journalistes « engagés » préfèrent – et le disent – les voyous aux policiers et dans ce métier à risques l’Inspection générale des services (l’IGS) – qui passe son temps à dénoncer les collègues – se veut procureur plutôt qu’avocat.

Qu’importe, contrairement à certains traîne-patins d’extrême gauche, les Français aiment leur police.

Ce billet a été publié dans L'Homme Nouveau, je commande le numéro

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