Nara, trois trésors du bouddhisme japonais

Rédigé par Céline Vicq le dans Culture

Nara, trois trésors du bouddhisme japonais
Kongo Rikishi (Vajrapani), Ungyo (bouche fermée), Japon Nara, époque de Kamakura (1185-1333), XIIIe siècle. Bois peint, cristal. Kofuku-ji Temple, 1, Trésor national. ©Temple du kofukuji ©Askaen.

L’année 2018 a fêté le 160ème anniversaire des relations diplomatiques entre la France et le Japon. Pour clore cet événement, le musée Guimet de Paris expose dans ses murs trois grandes sculptures bouddhistes provenant de Nara (berceau historique du Japon), jamais présentées dans notre pays.

Corps musclés, tout en mouvement, sourcils froncés, – ils ont des regards incroyablement sévères –, les deux gardiens ou protecteurs de la divinité centrale veulent ainsi éloigner le mal, explique l’un des commissaires de l’exposition. Par contraste, au centre, la divinité du Bodhisattva Kshitigarbha (Jizô Bosatsu en japonais), sculptée au IXe siècle dans un seul morceau de bois (seules les mains ne sont pas d’origine), est statique et paisible. Elle repose sur un pied figurant une fleur de lotus épanouie, tandis que dans son dos un jeune arbuste composé d’un tronc mince et allongé, ouvre une large fleur d’où partent des rayons, lui servant d’auréole, ajout plus tardif. Elle est vêtue d’une grande robe peinte (de facture plus récente que la sculpture), détaillant les différents morceaux de textiles assemblés qui la composent et rappelant l’esprit de pauvreté des moines bouddhistes qui cousaient ensemble des pièces de tissus récupérées pour confectionner leur habit.

Les deux gardiens aux proportions d’athlètes, furent sculptés au XIIIe siècle. Ils témoignent des connaissances anatomiques de l’artiste qui les réalisa, avec les muscles en tension et le détail des veines gonflées autour des bras et du cou. Leurs vêtements, réduits à une sorte de jupe, faite d’une étoffe savamment animée, qu’un vent semble agiter, comportent de belles traces de peintures de fleurs et d’animaux fantastiques (pivoines, dragon, phénix,…). Ils renforcent le dynamisme et la puissance de ces personnages. Et c’est aussi l’occasion pour les visiteurs, comme le souligne Sophie Makariou, présidente du Musée Guimet, de « comparer ces deux sculptures aux représentations de Vajrapani, dérivé d’Héraclès, dans l’art du Gandhara ou aux rois gardiens de la dynastie des Tang exposés à quelques pas d’eux, dans les salles du musée national des arts asiatiques Guimet. »

À découvrir !

 

Jusqu’au 18 mars 2019. Musée Guimet, 6, place d’Iéna, 75116 Paris.

Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h.

Réseaux sociaux