Le message de Notre-Dame de La Salette : toujours d’actualité !

Rédigé par Antoine Bordier le dans Religion

Le message de Notre-Dame de La Salette : toujours d’actualité !

Ils sont plus d’une centaine de pèlerins à converger vers le sanctuaire de Notre-Dame de La Salette, en ce début juillet. Ils viennent de Dijon, de Paris ou de la Martinique. D’autres ont fait le voyage depuis la République Tchèque, la Pologne ; et, les plus lointains viennent du Brésil. Ce qui les réunit : le message de 1846. Le recteur en est persuadé : « le message de Notre-Dame est plus que jamais d’actualité ! ».

La beauté du lieu n’explique pas tout. Juché à 1800 mètres d’altitude, le sanctuaire marial qui porte le nom du village de La Salette, en contre-bas, est l’un des plus haut de France. Dans son écrin de verdure, entouré de montagnes, il semble à l’abri du tumulte du monde. Situé entre Grenoble et Gap, il offre un panorama à couper le souffle. Il est à la limite du Parc National des Ecrins. Des moutons traversent ses alpages, alors que des pèlerins sortent de la Basilique et marchent vers le lieu d’apparition. La question demeure : pourquoi la Vierge Marie a-t-elle choisi un tel endroit, si haut perché, pour apparaître à des enfants, et leur délivrer un tel message ? 

Le Père Antoni Skalba est le recteur du sanctuaire, il est membre de la Congrégation des Missionnaires de la Salette. Polonais, il a eu la vocation pour rejoindre la congrégation qui est présente dans 32 pays et qui regroupe près de 1200 membres. Elle est née dans la foulée de l’apparition. « Tout a commencé dans la journée du samedi après-midi, le 19 septembre 1846. Marie apparaît à de jeunes enfants Maximin et Mélanie, qui font paître leurs vaches. Son message principal est l’appel à la conversion. Marie nous demande de mettre Dieu dans notre vie, à travers la prière quotidienne, la Messe dominicale. A l’époque, la Messe du dimanche n’est pas respectée. Elle insiste, aussi, auprès des enfants pour que l’on respecte le Carême et les commandements de l’Eglise. Marie a rappelé cette vérité que nous avons besoin de vivre cette relation avec Dieu. La société moderne dans laquelle nous vivons oublie Dieu. C’est pour cela que le message est toujours d’actualité, plus que jamais ! » 

 

A La Salette, en 1846, Notre-Dame commence d’abord par pleurer. Elle porte une lourde chaîne sur les épaules, qui semble l’écraser. Sur sa poitrine, elle tient un crucifix avec les instruments de la passion que sont le marteau et les tenailles. Comme pour dire que la passion de son Fils continue à travers les âges. L’unique apparition est représentée à l’extérieur, à travers ses trois moments clefs : Marie qui pleure accroupie alors que les enfants l’aperçoivent à une vingtaine de mètres, Marie qui se relève et qui fait signe aux enfants d’avancer pour leur délivrer son message, Marie qui marche avec les enfants, s’arrête, leur dit au-revoir, puis, disparaît. Les voyants sont des enfants. Maximin a 11 onze ans, lors de l’apparition. Et, Mélanie est un peu plus âgée, elle a 14 ans. Comme Bernadette, à Lourdes, ils seront tourmentés et passeront différents interrogatoires pénibles. Malgré cette pression, ils resteront fidèles à Marie et délivreront son message. Marie les a certainement choisis parce qu’ils étaient pauvres et ignorants.

A l’intérieur de la Basilique, qui date de 1852, Nadiège se recueille devant la statue de Notre-Dame de la Salette. Elle est martiniquaise. « C’est la première fois que je vois la Vierge qui pleure, et, c’est bouleversant, cela me touche beaucoup. Dans son message, Marie nous demande, et c’est ce qui me semble le plus important, de respecter le dimanche. Malheureusement, aujourd’hui, les magasins sont ouverts le dimanche, alors qu’il y a de moins en moins de monde dans nos églises. Il faut aussi prier pour que nos églises se remplissent de prêtres. Son message est un appel à la conversion, à la prière. »

 

Dehors, des pèlerins se présentent devant la chapelle de la réconciliation. Sœur Rahima et sœur Véronique viennent de descendre du versant où a été construite la première église, en face de la Basilique. Elles sont membres d’une communauté nouvelle, fondée en 1981, et reconnue par l’Eglise : le Foyer Marie Jean, en Ardèche. Elles viennent pour la première fois. Pour elles, aussi, « le message de La Salette est tout-à-fait d’actualité : l’importance du dimanche et de la prière quotidienne est primordiale ». Elles parlent aussi « des signes qui appellent à la conversion des cœurs », comme le réchauffement climatique. En 2021, La Salette fêtera ses 175 ans : « nous nous y préparons déjà », indique le Père Antoni. « Venez-tous à La Salette », lance-t-il en nous saluant de la main.

Soeur Véronique (g) et soeur Rahima, devant la statue de Notre-Dame et des enfants qui la saluent avant son départ

 

Extraits du Message de Notre-Dame de la Salette, 19 septembre 1846

"Avancez, mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle.

Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse…

Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le septième et on ne veut pas me l’accorder. C’est ça qui appesantit tant le bras de mon Fils.

Et aussi, ceux qui mènent les charrettes ne savent pas jurer sans mettre le nom de mon Fils au milieu. Ce sont les deux choses qui appesantissent tant le bras de mon Fils.

Si la récolte se gâte, ce n’est rien qu’à cause de vous autres. Je vous l’avais fait voir l’an dernier par les pommes de terre, vous n’en avez pas fait cas. C’est au contraire : quand vous en trouviez des pommes de terre gâtées, vous juriez, vous mettiez le nom de mon Fils au milieu. Elles vont continuer, et cette année, pour la Noël, il n’y en aura plus…

Faites-vous bien votre prière, mes enfants ?
Pas guère, Madame.
Ah ! Mes enfants, il faut bien la faire, soir et matin, ne diriez-vous seulement qu’un "Notre Père" et un "Je vous salue". Et quand vous pourrez mieux faire, dites-en davantage…

Eh bien, mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple ! Allons, mes enfants, faites-le bien passer à tout mon peuple !"

 

 

 

 

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