Les attributs de l’ange Raphaël

Rédigé par Pierre Julien le dans Religion

Les attributs de l’ange Raphaël
Tobie et l'ange, de Salvodo

La liturgie de ce dimanche, dans la forme extraordinaire, célèbre l’archange saint Michel ; la forme ordinaire gardant ici la préséance au temporal, elle célèbre le 26e dimanche du temps ordinaire. 

La « Dédicace de saint Michel » (29 septembre) ne fête pas seulement le prince de l’armée céleste, mais lui associe également les deux autres archanges nommés dans l’Écriture : Gabriel et Raphaël. Ayant évoqué ici même, l’an dernier, la figure de saint Michel, l’on s’attardera aujourd’hui sur celle de saint Raphaël. Le nom de ce messager céleste signifie « Dieu a guéri ». Engagé par Tobie comme guide sous le nom d’Azarias, il le conduit en Médie récupérer une somme d’argent. Toutefois, il ne révèle pas tout de suite sa véritable identité. Le mystérieux messager sauve son protégé de l’attaque d’un poisson gigantesque, lui fait épouser sa parente et guérit son père de la cécité. À la fin de sa mission, il dit qui il est : « Raphaël, l’un des sept anges qui se tiennent toujours en présence de Dieu » (Tb 12, 15). 

Dans un sermon lu en la fête de saint Raphaël (f. extra, 24 octobre), saint Bonaventure (= 1274) attribue trois actions à cet archange. D’abord, il « nous arrache à l’infirmité spirituelle en nous amenant à l’amertume salutaire de la contrition ». Ainsi le docteur interprète-t-il la guérison de la cécité du père de Tobie. Il conclut : « les Anges (…) semblent nous dire : “Qui t’a créé ? Qui t’a racheté ? Qu’as-tu fait ? Qui as-tu offensé ?” Or, si nous nous arrêtons à considérer ce qui en est, nous ne trouverons d’autre remède que de pleurer. » Sa mission est encore de « nous arrache[r] à la servitude du diable quand il fait pénétrer en nous le souvenir de la passion du Christ » figurée par la combustion du cœur du poisson dont la fumée chasse les démons (Tb 6). Enfin, il « nous délivre de la peine de nous trouver en opposition avec Dieu, peine que nous encourons en offensant ce Dieu ; il nous en délivre quand il nous amène à prier avec instance ». En effet, l’archange a dit à Tobie : « Quand tu priais avec larmes, j’ai offert ton oraison au Seigneur » (Tb 12, 12). « Nos accusateurs devant Dieu, ajoute Bonaventure, ce sont les démons. Quant aux anges, ils nous excusent, lorsqu’ils offrent nos prières, ces prières qu’ils nous ont porté à faire dévotement » (5e sermon sur les anges).

Dans la forme ordinaire, on proclame la parabole de Lazare et du mauvais riche (Lc 16, 19-31). Dans son explication, saint Grégoire le Grand (= 604) voit dans le mauvais riche le peuple juif et en Lazare le peuple des nations. En effet, le premier « se servait de la connaissance de la Loi non pour exercer la charité, mais pour s’élever à ses propres yeux » (40e homélie sur les Évangiles) alors que le second, « lorsqu’il se convertit à Dieu, ne rougit pas de confesser ses péchés et son mal vint ainsi à l’extérieur, comme l’humeur, attirée à la peau par une blessure, sort de la chair. » Le grand Pape demande alors : « Qu’est-ce donc que confesser ses péchés, sinon ouvrir en quelque sorte ses plaies ? » Quant aux chiens qui léchaient ces plaies, ce sont les prédicateurs, car « les saints docteurs, en nous instruisant pour la confession de nos péchés, touchent comme avec leur langue les blessures de notre âme ».

Que cherche-t-on en se confessant, sinon la miséricorde de Dieu ? Or, l’oraison de ce dimanche en parle magnifiquement : « Dieu, toi qui révèles surtout ta toute-puissance en pardonnant et en faisant miséricorde, répands inlassablement en nous ta grâce pour que, nous hâtant vers tes promesses, nous devenions participants des biens célestes » (trad. dom Hala). 

 

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