Le Greco : le peintre le plus étonnant
de la Renaissance.

Rédigé par Céline Vicq le dans Culture

Le Greco : le peintre le plus étonnant <br>de la Renaissance.
Greco (Domínikos Theotokópoulos) Saint Martin et le pauvre (1597-1599). Washington, National Gallery of Art © Washington, National Gallery of Art. Greco (Domínikos Theotokópoulos) Pietà (1580-1590). Collection particulière © collection particulière

Une captivante exposition au Grand Palais de Paris donne à découvrir des œuvres de Doménikos Théotokopoulos dit le Greco (1541-1614), le peintre le plus étonnant de la Renaissance.

Né en Crête, il est grec, d’où son surnom. Dans sa jeunesse il se forme à l’art de l’icône dont un bel exemple malheureusement détérioré, est présenté à l’entrée avec un Saint Luc peignant la Vierge (1560-1566), réalisé à la tempera et or sur toile marouflé sur bois. Juste à côté, une saisissante représentation de Sainte Véronique (v.1580) tenant le voile sur lequel s’est imprimé le visage du Christ, beaucoup plus tardive, témoigne de la foi qui l’habite toujours, mais montre aussi l’évolution de son expression qui est devenue très personnelle. Il se rendra en Italie à Venise puis à Rome. Il y découvre Titien, Tintoret, Michel-Ange… son travail s’en ressent. Finalement, c’est en Espagne qu’il s’installe à Tolède où il devint célèbre pour tomber ensuite dans l’oubli. 

D’emblée la dimension religieuse de son œuvre apparaît. En effet, ce que l’on découvre tout au long de ce parcours ce sont, pour l’essentiel, des œuvres ayant pour thème des sujets religieux. Il y a la superbe Adoration des Mages, des représentations du Christ très touchantes, parmi lesquelles une Pieta provenant d’une collection privée. Cette peinture extrêmement originale dans sa facture et ses couleurs, comme toutes les œuvres de Greco, mérite vraiment l’attention du visiteur. Par-delà l’étrange froideur des couleurs vertes, bleues, mauves, brunes, traversées d’ombres et de lumières blanches, et les corps blafards si allongés, une grande tendresse apparaît dans les personnages penchés vers le défunt. Dans les mouvements des mains qui se tiennent, tandis que leurs yeux sombres sont emplis de peine, la douceur transparaît. Il y a aussi de superbes portraits d’une présence fascinante, ainsi le magnifique visage du Frère Hortensio Félix Paravicino (v.1609-1611), ami du maître qui était religieux et poète. On revoit avec plaisir une très vivante Marie-Madeleine pénitente (1576) qui avait été exposée au Musée du Luxembourg il y a quelques années. Son visage, tourné vers un ciel entrouvert presqu’abstrait, porte les traces de ses larmes (yeux brillants, légèrement cernés, bouche entrouverte). Tout en elle exprime le repentir jusqu’à sa main aux longs doigts posée sur son cœur bouleversé par le pardon de son Dieu.

Un peintre profondément mystique, redécouvert à la fin du XIXe siècle et surtout au XXe siècle, qui touchait d’autres artistes et dont un tel ensemble d’œuvres n’avait jamais été présenté en France. 

À ne pas manquer !

Jusqu’au 10 février 2020. Grand Palais, Galerie sud-est.

 

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