Restons auprès de la Crèche

Rédigé par un moine de Triors le dans Religion

Restons auprès de la Crèche

En ce jour de Noël, revenons encore à la crèche, comme le Pape nous y a invités  lors de l’audience du mercredi 18 décembre. Cela nous permettra de compléter le riche enseignement de la lettre apostolique que nous avons commentée la semaine dernière. Faire la crèche est non seulement un acte de religiosité populaire saine, mais c’est aussi un des meilleurs moyens de se préparer à la naissance du Sauveur. La crèche, comme l’avait déjà souligné le Pape au n.1 de sa lettre, est comme un évangile vivant. C’est pourquoi nous ne devons pas avoir peur de faire des crèches dans tous les lieux où un homme vit ou travaille, se soigne ou purge une peine. Le Pape rappelle ainsi que ce ne sera jamais enfreindre la laïcité que de faire une crèche dans les hôpitaux, dans les écoles, dans les gares ou les prisons.

Dans les lieux publics…

Accepter de faire une crèche dans les lieux publics part du même principe que le culte rendu aux icônes ; à l’inverse, refuser de la faire se rattache à une forme d’iconoclasme. Dieu, dans l’Ancienne Alliance, était l’unique, l’ineffable et celui que l’on ne peut nommer, Celui dont seul le grand prêtre, au seul jour annuel du Yom Kipour, pouvait prononcer en tremblant le saint Nom. Depuis le mystère de l’Incarnation, ce même Dieu grand et redoutable s’est fait homme, s’est fait enfant, prenant une vraie nature humaine, devenant en tout semblable à nous, hormis le péché. Dieu est devenu l’Emmanuel, Dieu avec nous. Il s’est fait proche, il a vraiment habité parmi nous. C’est tout cela que veut suggérer une crèche. Dieu n’est plus lointain. Il n’est plus le juge indifférent et froid, voire coléreux. Il est amour et tendresse. L’humble enfant de la crèche est vraiment l’Incarnation de la miséricorde, son Nom est Jésus : Dieu Sauveur. Nous devons donc nous approcher en toute confiance de l’Enfant de la crèche et lui dire humblement et totalement ce que nous avons dans le cœur. N’hésitons pas à tout lui dire.

Un évangile domestique

Nous pouvons aussi nous confier aux deux autres principaux personnages de la crèche : Marie et Joseph. La crèche est vraiment un évangile domestique. Et s’il est bon d’entrer dans les sentiments de Jésus, il est aussi très bon d’entrer dans les sentiments de Marie et de Joseph adorant l’Enfant né dans la pauvreté d’une mangeoire à animaux. Nous pourrons ainsi partager leur joie, leur effroi aussi devenu après la naissance de Jésus étonnement et admiration. Faire une crèche dans une maison, c’est inviter toute la Sainte Famille à participer aux joies et aux peines d’une famille particulière. C’est se rappeler aussi que ce n’est pas pour rien que Jésus est né à Bethléem, la maison du pain ; car Jésus est le pain vivant qui donne sa vie en nourriture. Contempler la sainte Famille dans la crèche, c’est donc aussi renforcer notre amour pour la divine Eucharistie. C’est pourquoi la crèche est plus que jamais actuelle. Elle nous offre un enseignement très précieux sur le sens et la gravité de la vie. Alors qu’aujourd’hui, on fabrique tant d’armes pour détruire le monde et l’homme, en un mot la création de Dieu, la crèche nous rappelle que Jésus est le prince de la paix.

Dans la crèche, il y a vraiment plus que Salomon. Faisons donc des crèches. Cela nous permettra de mettre en pratique, grâce à Marie, les mots d’invitation que Jean-Paul II, à peine élu, adressait au monde : « N’ayez pas peur. Ouvrez les portes au Christ, à sa puissance rédemptrice ». Jésus, vrai Dieu et vrai homme, s’est fait proche de nous pour nous conduire au Père. C’est la grande leçon de la crèche. Et avec le pape, bon Noël à tous.

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