Chrétiens en France, souffrances sous silence

Rédigé par Clémence Diet le dans Tribune libre

Chrétiens en France, souffrances sous silence

Traverser ces rues où les hommes se disent femmes, ces rues où la perversion couvre les allées comme du papier peint, ces rues où chaque ombre abrite une nouvelle forme de dépravation, pour enfin arriver devant l’église. Oui, mon église, celle qui porte encore dans ses murs les cicatrices de l’attaque sauvage qu’elle a subi l’an dernier. Bienvenue en France, terre chrétienne. 

Terre d’un peuple dédié au Christ par son premier roi, la France se révèle de plus en plus hostile à cette Foi qui a fait son histoire. Aujourd’hui, quel tableau dresser de la persécution des chrétiens en son sein ? Ceux-ci se retrouvent face à une montée des attaques d’ordre physique, là où la tentation des compromis moraux et spirituels abondaient déjà. La menace est double, le corps comme l’esprit sont visés. 

 

Dans sa forme la plus tangible, la persécution se lit dans les actes anti-chrétiens rapportés quotidiennement, quand ceux-ci ne s’évaporent pas dans le silence évocateur de la presse. Les lieux sacrés vandalisés, saccagés, déshonorés sont si banalisés qu’ils ne font même plus l’objet de couverture médiatique. Pourtant, entre 2008 et 2018, le nombre d’actes anti-chrétiens a augmenté de 270% (de 388 en 2008, à une stabilisation autour de 1050 ces deux dernières années). Le mois de février 2020 présente déjà un échantillon aussi écœurant qu’il est révélateur, tant par la fréquence que la diversité de ces actes. 

Le 16 Février, deux policiers municipaux furent affectés à la cathédrale Notre-Dame de Saint-Dié-des-Vosges à la suite de dégradations et d’actes de vandalisme à répétition depuis mi-Janvier. Cet exemple est loin d’être un cas isolé. La nécessité de protection par les forces de l’ordre de nos églises n’est qu’un des symptômes d’une persécution physique en hausse. Une semaine plus tôt, un drapeau antifa avait été accroché sur le toit d’une église parisienne (l’église Sainte-Élisabeth-de-Hongrie de Paris).

Dans une violence tout autre mais symétrique, deux drapeaux maghrébins furent hissés sur le toit d’une église à Albi au début de ce mois de février, une provocation explicite. Cet acte témoigne de la réalité d’un combat entre le monde musulman et la France chrétienne. La place des chrétiens dans l’islam laissant à désirer, inutile de rappeler que c’est au nom de ce même islam que des centaines de millions de chrétiens sont persécutés dans le monde. Peu seront donc surpris de la corrélation entre l’islamisation de la France et l’augmentation des actes anti-chrétiens et antisémites. Le funeste souvenir de l’assassinat du père Hamel est loin d’avoir été effacé par le temps, bien au contraire. 

 

Les chrétiens, traqués dans la chair des pierres de leurs églises et celle de leur propre corps, sont aussi continuellement harcelés de tentations destructrices. Bien qu’ils ne soient pas de ce monde, les chrétiens vivent dans ce monde qui les bombarde incessamment de messages anti-bibliques visant à écraser ou ridiculiser leur Foi. Pensons à l’insulte ouverte, prétendument « humoristique », que fut la chanson « Jésus est pédé » jouée par Frédéric Fromet sur RTL il y a peu ; dans la provocation pure, l’auteur construit son texte autour d’un Jésus homosexuel. Forcé de constater une réception des plus mitigées, l’auteur présenta ses excuses, non pas à la communauté chrétienne sur laquelle il venait de vomir dans sa grossièreté artistique, mais bel et bien à la communauté LGBT. En effet, les chrétiens français vivent dans une société dominée par l’hyper-sexualité. D’une normalisation de la débauche sexuelle dans les mœurs, passant par l’accessibilité instantanée à du contenu pornographique sur nos téléphones portables, à la sur-représentation médiatique de formes de sexualités allant explicitement à l’encontre des recommandations bibliques, le chrétien moderne trouve Sodome sur son pallier. La rationalisation, voire la glorification, d’excès en tout genre force le chrétien à une résistance ouvrant la voie à, dans notre contexte actuel, une humiliation quasi-immédiate sous forme d’exclusion ou de ridicule. Une jeune fille choisissant la chasteté jusqu’au mariage devient une « prude », un homme se refusant l’ivresse que s’infligent tous ses collègues devient « coincé ». Il existe au moins autant d’exemples de la sorte qu’il existe de chrétiens. Ces interactions jonchant le quotidien peuvent paraître anodines, mais elles exposent une réelle persécution morale qui, en plus d’être incisive, est incessante. 

Ces considérations concernant une partie seulement des persécutions subies par les chrétiens en France, font écho à des écrits vieux de deux millénaires. Ainsi, dans le livre de l’Apocalypse, la créature de la révélation donnée à Saint Jean est à la fois « mère des prostituées et des obscénités de la terre » et « femme ivre du sang du peuple de Dieu, du sang de ceux qui témoignent de Jésus » (Apocalypse 17). La persécution s’intensifie effectivement sur ces deux fronts pour les chrétiens en France, cette persécution que Jésus lui-même avait annoncée. Aussi, face à cet horizon menaçant, le Christ rappelle à ceux qui ont choisi de le suivre que: « Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde. » (Jean 16:33).

 

 

 

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