Cezanne et les maîtres
Rêve d’Italie

Rédigé par Céline Vicq le dans Culture

Cezanne et les maîtres  <br>Rêve d’Italie
Paul Cezanne La Montagne Sainte-Victoire, vers 1890. Paris, musée d’Orsay, donation de la petitefille d’Auguste Pellerin, 1969 © RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski.

Attention : le temps de l'épidémie de coronavirus, le musée Marmottan Monet est fermé. 

Paul Cezanne (1839-1906) n’est jamais allé en Italie mais il a fréquenté le Louvre et les peintures des maîtres des XVIe et XVIIe siècles. Il ne les a pas copiés, il s’en est inspiré ou plutôt, il s’en est imprégné pour construire des œuvres bien différentes quoique marquées par ses contemplations. C’est le sujet de la nouvelle exposition du musée Marmottan qui montre aussi des peintres italiens de la première moitié du XXe siècle « ancrés dans l’italianité » du maître.

Des tableaux de jeunesse d’une grande violence (La Femme étranglée, 1875-76 ; le Meurtre, v. 1870), sont confrontés à des peintures tragiques de Tintoret sur des thèmes religieux (La Déploration du Christ ; La Descente de croix). Qu’ont-ils de commun ? Certains mouvements des corps, explicités par des schémas se trouvant près de l’œuvre, et le drame des situations. Plus loin, un magnifique Portrait de jeune fille, du Greco est accroché près d’une toile de Cezanne intitulée D’après Greco, La Femme à l’hermine (1885-1886). Certes, il a regardé cette œuvre, en a repris la forme du visage et le foulard qui l’entoure. Mais ce portrait de belle facture, paisible et froid n’a pas grand-chose à voir avec la si belle et touchante figure au regard d’une douceur confondante de Greco. La démarche est bien différente. Pour Cezanne, c’est la forme que lui donne la couleur qui importe, pour Greco, c’est la forme mais aussi la vie intérieure du sujet qui transparaît.

Ailleurs son travail est rapproché de paysages de Nicolas Poussin (1594-1665) ou de Jean-François Millet (1642-1679), et là, la lumière et la couleur vibrent ensemble, dans des compositions à la fois proches et différentes, donnant beaucoup de poésie à ses réalisations (La Montagne Sainte-Victoire, v. 1890, Château Noir, 1903-1904). 

Après avoir vu l’exposition, ne pas oublier de contempler des œuvres de Claude Monet, de Berthe Morisot et une splendide collection d’enluminures qui vaut à elle seule la visite du musée.

 

Catalogue : Cezanne et les maîtres. Rêve d’Italie. Collectif sous la direction d’Alain Tapie. Éditions Hazan, 240 p., 29,95 €.

Jusqu’au 5 juillet 2020. Musée Marmottan Monet, 2, rue Louis-Boilly, 75016 Paris. Tél. : 01 44 96 50 33. 

 

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