Ma bibliothèque de reclus n° 2

Rédigé par Philippe Maxence le dans Culture

Ma bibliothèque de reclus n° 2

De ma bibliothèque de reclus, je vous propose d’extraire trois livres qui forment un tout. Les deux premiers s’intitulent Écrits spirituels et le dernier, Lettres aux oblats. Ils portent tous le même nom d’auteur : Benedictus.

À écouter

 

En fait, Benedictus fut la signature utilisée par dom Gérard Calvet, le fondateur et le premier abbé de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, lorsqu’il signait ses chroniques dans la revue Itinéraires de Jean Madiran. Dans la préface au premier tome, celui-ci rappelle l’histoire de cette collaboration et surtout sa raison d’être :

« Quand il écrit ses articles pour la revue Itinéraires, Dom Gérard a donc choisi une voie lui permettant de s’adresser directement, il l’a voulu et il le dit, aux laïcs et aux clercs qui ont “le courage et la lucidité d’entreprendre l’œuvre chère entre toutes : la restauration d’un ordre temporel chrétien”. »

Laïcs, nous sommes donc les destinataires de ces écrits. Mais, avons-nous encore le courage et la lucidité dont parle le moine bénédictin ? À chacun de répondre !

Mais, puisque nous sommes placés face à une crise terrible et qu’il faudra reconstruire demain, et qu’il est important de ne pas laisser reconstruire n’importe comment, il est bon et nécessaire d’aller piocher le suc de la vérité dans ces écrits d’une âme priante, qui a passé sa vie à méditer et à agir.

La diversité des sujets abordés – de la fête de l’Ascension à la liturgie, du rapport des moines et de la civilisation aux textes pour soutenir les mères de famille, en passant par « la politique du Notre Père », André Charlier, Polyeucte et tant d’autres sujets – permet au lecteur de trouver la nourriture de son âme et de son esprit.

Il assoit ainsi par une lente imprégnation, toute bénédictine, les fondements d’une civilisation à faire renaître.

Dom Gérard était avant tout un moine, un homme de Dieu, doté d’une grande sensibilité qui lui faisait percevoir avec son génie propre la réalité des choses. Comme tous les vrais poètes, c’était un réaliste. Et, même doublement : il associait en lui le réalisme de saint Benoît et celui de Péguy. Il suffit de lire ses conseils aux mères de famille pour s’en rendre compte.

À celles-ci, il écrit justement : « Nous ne sommes pas des conservateurs mais des mainteneurs. »

Ces trois livres de Benedictus, vous en avez au moins un qui dort dans votre bibliothèque. Peut-être acheté par inadvertance ou parce qu’alors la mode d’un temps poussait à se procurer les ouvrages de dom Gérard. Maintenant, il est temps de les lire. Ils posent des jalons et des fondements pour demain.

 

 

Benedictus, Écrits spirituels, tome I (420 pages, 20 €) et tome II (586 pages, 25 €), Lettres aux oblats (168 pages, 12 €), éditions Sainte-Madeleine.

 

Les ouvrages sont disponibles auprès du site de l’abbaye Sainte-Madeleine ou, par exemple, sur le site Livres en famille.

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