Au quotidien-n°12 (Revue de presse du confinement)

Rédigé par la rédaction le dans Politique/Société

Au quotidien-n°12 (Revue de presse du confinement)

Alerte écoles hors-contrat. Visiblement, le gouvernement profite de l’épidémie et de la crise qu’elle a engendrée pour offrir un traitement à part aux écoles indépendantes et transformer leurs élèves en Français de seconde zone. Annonçant les décisions du ministère de l’Education nationale réorganisant les modalités de passage du brevet et du baccalauréat, Les Échos (3 avril) consacre un petit passage à ce sujet :

« S'agissant des élèves hors contrat et des candidats libres passés par le CNED, c'est en septembre qu'ils pourront passer leur bac, comme un bac habituel. Ca concernera aussi ceux qui auront eu moins de 8 et auront été jugés dignes de passer le rattrapage par leur jury de par leur motivation et assiduité », redit le ministre. « « Pour les élèves en situation de handicap, il y aura un aménagement des épreuves et le jury tiendra compte des cas particuliers. On doit avoir personnalisation de l'approche. »

Le principe d’égalité qui fonde normalement dans la France républicaine la vie sociale n’est donc pas prise en compte ici. Pas de contrôle continu pour les élèves du hors contrat, pas de session de rattrape non plus, puisque leurs examens se dérouleront en septembre en même temps que les épreuves de rattrapage des élèves du public et du privé sous-contrat.

[Mise à jour samedi 4 avril, 9h13. Le site de BFMTV apporte des précisions qui vont dans le bon sens :

Il a notamment précisé les modalités de passage de l'examen pour les élèves d'établissements hors-contrat ou inscrits au CNED, soit 2% des candidats au baccalauréat. Contrairement à ce qu'il avait évoqué initialement, ces derniers ne seront pas obligés de passer l'examen en septembre. Des jurys d’examen pourront en effet décider de leur accorder le bac en contrôle continu, après examen de leur livret scolaire. 

Lorsque leurs modalités de scolarisation se traduisent par la délivrance d’un livret scolaire, comme c’est le cas  pour les élèves scolarisés au Cned, ou de formation par la structure de formation, le jury académique se prononcera sur la base de ce livret, au cours de la session du mois de juin", peut-on lire désormais sur le site de l'Education nationale. 

"Le jury pourra, pour les candidats dont les évaluations et le livret ne permettent pas la délivrance du diplôme, proposer à ceux-ci de passer la session de septembre". 

En revanche, les candidats qui ne disposent d’aucune modalité d’évaluation en contrôle continu devront passer les les épreuves de la session de septembre. Un dispositif particulier leur permettra néanmoins de conserver leur inscription dans l’enseignement supérieur.

Au secours, les enfants en danger. Entre J. K. Rowling et François Hollande, difficile de dire qui est le plus dangereux. Mais tous les deux, selon Présent (4 avril) s’intéressent aux enfants :

Certains n’y voient que des avantages : on se fait de la pub et on apparaît comme plein de bienveillance envers le bon peuple puisque l’on se dévoue pour distraire ou éduquer ses enfants pendant le confinement.

Ainsi J. K. Rowling, écrivaine selon certains, ou autrice selon d’autres, comme vous ne préférez pas, a annoncé le 1er avril – mais ce n’est malheureusement pas un poisson – le lancement sur Twitter d’une plateforme en ligne « Harry Potter à la maison pour les sorcier.es confiné.es » : tout y est ! (…) Mais il est un autre genre de sorcier : François Hollande se lance à faire la classe. Il a donné jeudi un premier cours d’éducation civique à des enfants sur Facebook live, sur la page de l’association Bibliothèques sans frontières. (…) Va-t-il expliquer à leurs enfants (des Français, ndlr) que c’est notamment grâce à lui que leur famille est confinée, puisque, selon Lamine Gharbi, présidente de la Fédération de l’hospitalisation privée, aujourd’hui « on paie cinq ans de maltraitance des hôpitaux par le gouvernement Hollande » ?

Mediapart (2 avril) a publié une enquête accablante (26 pages pdf) pour le gouvernement français sur la gestion des masques pour le personnel soignant et l’information concernant le port de ces protections.

Basée sur de nombreux témoignages et documents confidentiels, auxquels nous avons pu avoir accès, notre enquête démontre que :

Fin janvier et début février, le ministère de la santé, conscient de la faiblesse des stocks d’État, n’a décidé de commander qu’une très faible quantité de masques, malgré des alertes internes. Le matériel a de surcroît mis plusieurs semaines à arriver.?Après ce premier fiasco, l’État a créé, début mars, une cellule interministérielle dédiée à l’achat de masques. Mais là encore, le bilan s’est avéré catastrophique : lors des trois premières semaines de mars, la cellule n’a pu obtenir que 40 millions de masques, soit l’équivalent d’une semaine de consommation au rythme contraint actuel. La cellule a notamment raté plusieurs possibilités de livraisons rapides.

Le gouvernement a caché cette pénurie pendant près de deux mois et, en fonction des stocks, a adapté ses consignes sanitaires sur le port du masque. Fin février, le directeur général de la santé préconisait un masque pour toute personne en contact avec un porteur du Covid. Un mois plus tard, la porte-parole de l’exécutif déclarait que c’était inutile...

Des entreprises dans des secteurs « non essentiels » de l’économie ont continué à consommer des masques, pour des raisons économiques. Exemple : l’avionneur Airbus, qui semble avoir bénéficié d’un traitement de faveur. Dans le même temps, des personnels soignants continuent à travailler sans ces masques protecteurs, faute de stocks suffisants.

Le gouvernement tente désormais de renflouer les stocks, avec une stratégie à 180° : il faut préparer la sortie de confinement, « où on sait qu’il faudra massivement équiper » la population, ainsi que l’a admis la secrétaire d’État à l’économie, Agnès Pannier-Runacher, dans une réunion dont Mediapart a obtenu l’enregistrement.

 

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