Au quotidien-n°19 (Revue de presse du confinement)

Rédigé par la rédaction le dans Politique/Société

Au quotidien-n°19 (Revue de presse du confinement)

Vers un gouvernement mondial ? Alors que la crise actuelle a montré l’importance des solutions de proximité, les idéologues en place espèrent, eux, un pas supplémentaire vers la globalisation, comme le montre François Schwerer dans Politique Magazine (14 avril) :

s’il existe des institutions communes (Commission européenne, Cour de Justice de l’Union européenne, Parlement européen, etc.) il n’existe pas de volonté commune des États constituant cet ensemble hétéroclite et il n’existe pas non plus de « peuple » européen. Chaque État a suivi sa propre politique, en fonction de ses priorités, de son taux d’équipement en matériels divers et de la vitesse à laquelle l’épidémie s’est propagée chez lui. Quand le président Macron explique, le 13 avril, qu’il faut refonder l’Europe et « bâtir des solidarités et des coopérations nouvelles », on peut se demander s’il a vraiment en tête ce que souhaitent les Français ou s’il appuie, sans le dire, la position de l’ancien Premier ministre britannique, Gordon Brown, lequel appelle à la disparition pure et simple des nations. Dans une déclaration à The Guardian il avait constaté que « cette affaire ne peut pas être réglée au niveau d’un seul pays ». C’est pourquoi il proposait « une réponse globale coordonnée » et donc la mise en place d’un « gouvernement global », qui devrait aussi se charger des questions économiques. Il rejoignait ainsi Jacques Attali qui, voilà plus de dix ans, appelait de ses vœux une pandémie, seule capable à ses yeux de conduire rapidement à un gouvernement mondial !

Dans Le Monde (15 avril)  Bill Gates, sans évoquer directement un gouvernement mondial, plaide aussi  pour une réponse internationale au-dessus des réalités nationales :

Ces dernières semaines, je me suis entretenu avec des dizaines d’experts à propos du Covid-19 et les faits montrent clairement que la maladie ne frappe pas tout le monde de la même manière : elle tue davantage les personnes âgées que les jeunes, les hommes que les femmes et touche les plus démunis de manière disproportionnée. Il n’existe en revanche aucune donnée montrant que le Covid-19 discrimine en fonction de la nationalité. Le virus SARS-CoV-2 ignore totalement les frontières. J’aborde ce point car depuis que le monde a découvert l’existence de ce virus, début janvier, les gouvernements se sont concentrés sur leur propre réponse nationale : comment protéger les personnes résidant sur leur territoire ? Ce qui est compréhensible. Mais face à un virus aussi contagieux et largement répandu, les dirigeants doivent également comprendre que tant que le SARS-CoV-2 est présent quelque part, il nous concerne tous.

Sur son site (2 avril), Jacques Attali pense lui aussi à l’avenir. Au moins à celle de l’Europe :

C’est donc l’occasion de changer de paradigme et de penser à une toute autre solution, qui ne serait pas simplement financière mais aussi politique, au sens le plus noble. Une solution qui permettrait à la fois de renforcer la solidarité entre tous les pays membres, de faire redémarrer l’économie, et de régler les problèmes de souveraineté. Pour y parvenir, l’Union devrait se doter de moyens pour regagner son autonomie dans les secteurs clés du monde de demain, ceux que je nomme les « industries de la vie » : la santé, l’alimentation, l’hygiène, l’eau, le logement, le digital, l’énergie, l’éducation, la recherche, la distribution, la protection de l’environnement, la sécurité, l’information, et quelques autres. On ne peut pas continuer à dépendre de fournisseurs non européens dans ces secteurs essentiels ; et il faudra accepter de payer plus cher ces produits etses services, comme prix de notre autonomie. Cela créera des emplois, pour compenser ceux perdus par ailleurs, et de nouvelles sources d’investissements rentables.

 

Chaque matin, la rédaction de L'Homme Nouveau vous propose une courte revue de presse, principalement axée sur la réflexion (sans dédaigner l'information pure). Nous ne cherchons pas d'abord à faire du clic, pour nourrir des statistiques et l'auto-satisfaction. Notre démarche est plus simple et repose sur une conviction presque simpliste : « demain se prépare aujourd'hui ». Dans ce sens, depuis des années, L'Homme Nouveau propose un regard différent, loin des clivages faciles dans le but d'offrir les outils conceptuels, les habitus de réflexion pour reconstruire une société humaine et chrétienne.

 

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