Au quotidien-n°24 (Revue de presse du confinement)

Rédigé par la rédaction le dans Politique/Société

Au quotidien-n°24 (Revue de presse du confinement)

Alors que l’Europe reste toujours aussi vantée par les gouvernements au pouvoir, et que plus que jamais l’union est au cœur des discours, l’Allemagne s’apprête à renouveler une partie de sa flotte aérienne militaire auprès des… États-Unis, comme l’indique Jean-Dominique Merchet, spécialiste des questions militaires et stratégiques, sur son blog Secret Défense (20 avril) :

L’Allemagne s’apprêterait à acquérir 45 avions de combat Boeing F-18 Super Hornet aux Etats-Unis, selon le journal Der Spiegel. La ministre de la défense Annegret Kramp-Karrenbauer (AKK) aurait transmis officiellement cette demande jeudi 16 avril. (…)Pour la Luftwaffe, il s’agit de remplacer les Tornado, qui arrivent en fin de vie. Deux options étaient sur la table : des F-18 américains et des Eurofigther européens. L’une des missions confiées aux Tornado est de délivrer les bombes nucléaires américaines B-61, stockées en Allemagne à Büchel, dans le cadre de la posture nucléaire de l’Otan.

Selon des informations françaises, Washington a explicitement refusé que ces armes puissent être installées sur des Eurofighter. D’autres sources indiquent que les Etats-Unis étaient prêts à l’accepter, mais dans des délais incompatibles avec la durée de vie des Tornados. (…) Cet achat marquerait une rupture : un avion européen (Royaume-Uni, Allemagne, Italie), le Tornado, serait remplacé par un avion américain. Or depuis les années 70, l’Allemagne n’achetait plus d’avions américains… La Luftwaffe volait sur des avions de combat européens Tornado et Eurofighter.

En Belgisque, pays qui a largement légalisé l’euthanasie, le comptage des décès liés au Covid-19 fait ressortir d’autres problèmes plus profondément ancrés dans la société belge, comme le signale Le Soir (14 avril)  :

La Belgique est désormais le deuxième pays le plus affecté par le coronavirus dans le monde ! Personne n’en parle, et pourtant avec 3.903 décès liés au coronavirus*, soit 337 par millions d’habitants, elle dépasse l’Italie (329 décès par millions d’habitants) et seule l’Espagne (374) reste plus endeuillée, du moins pour l’instant. Proportionnellement, cela fait dix fois plus que les 36 décès par million d’habitants de l’Allemagne voisine ! Depuis une semaine, le nombre de décès annoncé en Belgique était bien supérieur aux chiffres de nos voisins français et se rapprochait dangereusement de ceux de l’Italie et de l’Espagne. Nous voici donc au-delà de l’Italie qui a pourtant fait la une des médias dans le monde entier. (…) Comment expliquer dès lors des chiffres aussi alarmants (et le silence relatif autour d’eux) ? (…) La société belge a décidé que les vies de ces aînés confinés comptaient bien moins que celles des « actifs », voire qu’elles ne comptaient pas, comme le suggère le fait que ces décès n’ont été comptabilisés que tardivement dans les statistiques nationales, longtemps restées limitées aux décès à l’hôpital. C’est une tragédie humaine, sociale et éthique qui nous pose d’innombrables questions. Comment ce secteur n’a-t-il pas mieux été préparé à l’arrivée de l’épidémie alors qu’on savait depuis janvier que le virus affectait particulièrement les personnes âgées ? Quelle est la proportion de ces décès qui auraient pu être évités s’ils avaient bénéficié de soin dans les hôpitaux ? Quels moyens et quelles énergies ont été accaparés pour éviter à tout prix le débordement de nos hôpitaux auraient pu sauver des vies s’ils avaient été alloués à des maisons de repos ? Combien de personnes âgées atteintes du coronavirus a-t-on maintenues dans les maisons de repos malgré l’aggravation de la maladie alors que l’accès aux soins dans les hôpitaux aurait pu les sauver ?

Déconfinement ? Selon l’Institut Pasteur, la situation ne s’y prête pas, comme le rapport Ouest-France (21 avril) sur son site :

Moins de 6 % des Français ont été infectés par le coronavirus. Cela représente un niveau très insuffisant pour éviter une deuxième vague épidémique si toutes les mesures étaient intégralement levées après le 11 mai, selon des estimations publiées ce mardi 21 avril 2020 par l’Institut Pasteur. Pour que l’immunité collective soit suffisante pour éviter une deuxième vague, il faudrait 70 % de personnes immunisées. On est très en dessous, explique l’auteur principal de l’étude publiée ce mardi 21 avril, Simon Cauchemez. Par conséquent, au sortir du confinement, si on veut éviter une deuxième vague importante, des mesures doivent être maintenues, ajoute-t-il. La perspective d’un rebond de l’épidémie obligera à un déconfinement très progressif à partir du 11 mai, a d’ailleurs prévenu dimanche le Premier ministre Édouard Philippe, selon qui les Français ne retrouveront pas tout de suite et probablement pas avant longtemps leur vie d’avant.

 

Chaque matin, la rédaction de L'Homme Nouveau vous propose une courte revue de presse, principalement axée sur la réflexion (sans dédaigner l'information pure). Nous ne cherchons pas d'abord à faire du clic, pour nourrir des statistiques et l'auto-satisfaction. Notre démarche est plus simple et repose sur une conviction presque simpliste : « demain se prépare aujourd'hui ». Dans ce sens, depuis des années, L'Homme Nouveau propose un regard différent, loin des clivages faciles dans le but d'offrir les outils conceptuels, les habitus de réflexion pour reconstruire une société humaine et chrétienne. cette Revue de presse ne se contente pas de proposer des informations éphémères, mais vous offre aussi de découvrir des réflexions. Elle est là pour nous inviter à réfléchir. En ce sens, elle ne perd (presque) rien de son actualité. Elle se lit et se relit. Pour retrouver nos précédentes éditions, il suffit d'aller voir notre Revue de presse Au quotidien n° 23.

 

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