Des rues d’Orléans jusqu’à nos écrans :
fêter quand même le centenaire de la canonisation de Jeanne d’Arc !

Rédigé par Adélaïde Pouchol le dans Politique/Société

Des rues d’Orléans jusqu’à nos écrans : <br>fêter quand même le centenaire de la canonisation de Jeanne d’Arc !
Bénédicte Baranger, présidente d'Orléans-Jeanne d'Arc

Orléans aurait dû, depuis 26 avril dernier et jusqu’au 17 mai prochain, être en fête pour Jeanne. Cela fait 591 ans que la Pucelle fait la joie et la fierté de la ville et les Orléanais peuvent se vanter d’avoir été toujours fidèles au rendez-vous, exception faite des années de guerre ou d’épidémie. Et justement... le Covid-19 empêche les festivités habituelles. L’Association Orléans Jeanne d’Arc entend bien célébrer Jeanne malgré tout, d’autant que l’on fête cette année le centenaire de sa canonisation. 

 

Entretien avec Bénédicte Baranger, présidente de l’association Orléans Jeanne d’Arc
Propos recueillis par Adélaïde Pouchol

 

 

 

Pandémie oblige, les fêtes johanniques qui font chaque année la joie et la fierté d’Orléans sont reportées. Tous ceux qui voulaient célébrer la Pucelle n’ont-ils qu’à prendre leur mal en patience ?

Les fêtes johanniques ne pourront évidemment pas avoir lieu à la date prévue. 3000 jeunes chrétiens devaient se rassembler à Orléans pour rendre hommage à Jeanne, plusieurs grands témoins devaient participer à l’évènement et nous devons le reporter à une date encore inconnue. En attendant, nous voulons malgré tout faire perdurer la tradition de l’hommage de la jeunesse chrétienne à Jeanne avec un 1er mai un peu particulier : nous diffuserons ce jour-là à 18h sur YouTube un reportage sur le thème de la sainteté de Jeanne d’Arc et les internautes sont invités non seulement à le suivre mais aussi à commenter, à témoigner eux aussi de ce que signifie être saint aujourd’hui. 

 

Comment comptiez-vous célébrer le centenaire de la canonisation de Jeanne ? 

Pour une année « normale », nous commençons à travailler pour les fêtes johanniques au mois de septembre. En cette année de centenaire, nous étions au travail depuis 18 mois déjà et, ces dernières semaines, je m’y consacrais à plein temps avec l’association, en lien étroit avec la ville d’Orléans, l’évêque et l’armée. Nous voulions donner un relief particulier aux fêtes johanniques et nous avions, avec les scouts et la pastorale des jeunes du diocèse, eu l’idée de faire venir des jeunes d’un peu partout. En réalité, il nous a fallu limiter cet appel aux diocèses limitrophes du notre et aux diocèses johanniques (c’est-à-dire les diocèses dans lesquels Jeanne est passée) sans quoi ils auraient été bien trop nombreux. Nous commencions à recevoir les inscriptions quand le confinement est survenu. 

 

 

 

 

 

 

Cette année, Jeanne d’Arc devait être figurée par la jeune Raphaëlle Camphuis. Qu’en est-il pour elle ? 

C’est évidemment très douloureux d’autant que la traditionnelle cérémonie de remise de l’épée avec la Jeanne de l’année précédente a dû être annulée. La figuration de Jeanne d’Arc est un évènement incroyable dont toutes les anciennes Jeanne parlent avec beaucoup d’émotion ! Je l’ai encore mesuré cette année parce que nous avons un groupe Whatsapp avec toutes les anciennes Jeanne. Elles se souviennent du texte qu’elles ont prononcé, elles partagent des photos des années où elles ont figuré Jeanne en montrant un réel attachement à la sainte. 

 

A mesure que le temps passe, Jeanne d’Arc semble de plus en plus en décalage avec notre époque. Comment percevez-vous la compréhension qu’en ont nos contemporains ?

Depuis 2016 que je suis à la tête de l’association Orléans Jeanne d’Arc (et depuis bien plus longtemps encore que j’en suis membre !), j’ai l’impression que Jeanne d’Arc prend une place de plus en plus importante dans le cœur des Français. Mais, au fond, ce n’est pas si étonnant que cela car elle nous ramène justement à tout ce que notre temps oublie : l’engagement, la foi, la famille... Les réseaux sociaux, qui ont toutes les limites et travers que l’on connait, permettent de faire connaitre et aimer Jeanne et ont permis un engouement de la jeunesse pour Jeanne qu’il n’y avait pas il y a dix ans. 

 

Vous êtes une ancienne Jeanne, membre de longue date de l’association Orléans Jeanne d’Arc, c’est donc peu dire que vous connaissez bien la figure de la Pucelle. A-t-elle encore des secrets pour vous ?

Je la découvre chaque année un peu plus ! Je ne la comprends pas comme je la comprenais quand je l’ai figurée en 1975. Aujourd’hui, je dois la comprendre pour la porter, la rendre accessible à tous et je crois que, pour cette raison, je saisis mieux ce qui fait qu’elle rassemble autant. Jeanne n’exclut personne, elle porte un même idéal pour tous, un idéal fait de simplicité et d’humilité. Elle nous apprend que la sainteté est cette capacité de se laisser guider par quelque chose – plutôt par Quelqu’Un !- qui nous dépasse.

 

Puisque le confinement est un temps propice à la lecture, pourriez-vous nous conseiller un livre ou un texte sur Jeanne d’Arc que vous appréciez particulièrement ?

La vie de Jeanne d’Arc, de Régine Pernoud, sans hésiter ! Elle raconte les choses de manière vivante, très simple. 

 

Comment envisagez-vous la suite des évènements ?

Nous ne savons pas encore exactement comment nous pourrons vivre ces fêtes johanniques, et, même si c’est un coup dur, nous allons rebondir. Je suis triste, c’est certain, mais pas abattue. Je sens bien que sainte Jeanne d’Arc est à l’œuvre tout le temps auprès de nous, qu’elle nous donne sa force.  En ce temps de confinement, alors que nous sommes privés des sacrements, comment ne pas penser à Jeanne, privée elle aussi des sacrements lorsqu’elle était en prison. Elle a dit, pendant son procès, l’immense souffrance qui était la sienne d’être privée de Celui qu’elle aimait par-dessus tout. Puisse Jeanne nous apprendre à désirer plus et mieux notre Dieu ! 

 

Pour aller plus loin...
Rendez-vous sur la page Facebook de l'association Orléans Jeanne d'Arc ici et sur sa chaine YouTube ici.

 

 

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