M de Marie : 5 lieux d'apparition mariale, 2 calèches
et 1 pélerinage sur les routes de France

Rédigé par Odon de Cacqueray le dans Religion

M de Marie : 5 lieux d'apparition mariale, 2 calèches <br> et 1 pélerinage sur les routes de France

L’initiale du prénom de Notre Dame, M, semble providentiellement tracée sur la carte de France par les lieux géographiques des apparitions mariales. Une « coïncidence » qui a déjà inspiré de nombreux pèlerins et qui est à l’origine d’une marche qui débutera au début du mois prochain.

 

Entretien avec Maxime Bonnassies 
Propos recueillis par Odon de Cacqueray

 

 

Quel est ce pèlerinage d’un nouveau genre que vous lancez en juin ?

Nous appelons notre démarche « pèlerinage » par abus de langage, parce qu’il n’y a pas vraiment de mot adapté pour le décrire. Pour présenter notre concept : deux calèches partiront le 2 juin, une de Lourdes, l’autre de La Salette, la première montera vers Pontmain quand la seconde se dirigera vers la rue du Bac, elles atteindront ces étapes dans le courant du mois d’août. Les deux attelages se réuniront à Pellevoisin le 12 septembre. Ainsi les deux attelages auront reconstitué ce grand « M » tracé par les apparitions de la Sainte Vierge du XIXe siècle reconnues par l’Église (chronologiquement, la rue du Bac à Paris en 1830, La Salette en 1846, Lourdes en 1858, Pontmain en 1871 et Pellevoisin en 1876). Nous ne sommes pas les premiers à reprendre ce symbole comme parcours. À la suite des Journées mondiales de la jeunesse à Cracovie, des jeunes ont refait plusieurs fois le tracé en vélo, des motards l’ont refait en Harley-Davidson… Notre idée a germé au sein d’un groupe de laïcs issu de la Confrérie Notre-Dame de France (à l’origine des vierges pèlerines dans les années quatre-vingt-dix). Lors de l’incendie de Notre-Dame de Paris, nous avons vu l’histoire conjointe de la France et de Marie s’embraser. Nous avons donc souhaité ressortir cette statue de Notre-Dame de France pour lui faire de nouveau sillonner les routes de France afin de rappeler aux Français le lien étroit qui les lie à la Sainte Vierge.

 

Quelle est votre organisation pratique ?

Nous fonctionnons selon le principe de subsidiarité. L’itinéraire ouest qui part de Lourdes et l’itinéraire est de La Salette, sont chacun divisés en 15 tronçons, qui correspondent plus ou moins à 15 semaines. Chaque semaine est assurée par un référent local, une personne de la région qui prend en charge le trajet de sa calèche au jour le jour et l’organisation des étapes du soir. En effet, la marche a lieu le matin et l’après-midi avec Marie sur les routes de France ; le soir, une veillée de prière est proposée. Le référent définit les étapes, prend les contacts avec le clergé local, organise l’accueil et les veillées. C’est bien une idée de relais que nous avons voulu monter, l’objectif n’est pas nécessairement que les pèlerins effectuent tout le trajet. C’est la Vierge Marie qui est pèlerine et qui se déplace.

Nous avons Alix, meneuse, qui va conduire pendant toute la route ouest et Frédéric qui s’est formé pour mener l’équipage de la route est. À Paris il sera remplacé par un meneur professionnel. Il n’y a pas d’énorme logistique et de grande intendance, nous proposons à tous les pèlerins d’être indépendants autant que faire se peut.

 

Vous pourrez traverser de grandes villes en calèche ?

Nous sommes bien sûr en lien étroit avec les préfectures pour organiser ce périple. Principalement pour Lyon et Paris. Mis à part ces deux grandes villes, nous cheminerons principalement à travers la campagne en essayant de ne pas emprunter trop de chemins qui nous ralentiraient.

 

Qui peut participer à ce pèlerinage ?

Tout le monde peut participer. Les personnes les plus âgées qui ne pensent pas tenir un rythme de marche sur un long trajet peuvent nous accompagner sur la distance de leur choix. Il y aura quelques places dans la calèche pour des personnes âgées ou des enfants. Les seules restrictions qui pourraient s’imposer à nous dépendront des mesures annoncées en conséquence du coronavirus. Nous respecterons les consignes du gouvernement et de chaque évêque sur le diocèse duquel nous cheminerons. Si nous commençons en petit comité, eh bien, ce sera déjà bien et nous n’hésiterons pas à augmenter le nombre de participants selon les autorisations, en garantissant la sécurité de tous.

Nous demandons aux groupes qui viennent de prévoir leur nourriture et de quoi camper. Nous proposons d’être des facilitateurs de pèlerinage. Aux volontaires de s’organiser dans ce cadre général que nous proposons : un itinéraire, une calèche et la statue de la Sainte Vierge. Si certains veulent venir avec des aumôniers nous les y encourageons. Si d’autres veulent en profiter pour faire une retraite spirituelle, ce peut être une bonne idée.

Pour participer il suffit de passer par notre site (1) mdemarie.fr. Il y a notamment une carte interactive et, sur chaque point du tracé, il y a les coorodonnées d’un référent local. Il suffit de le contacter pour voir les modalités pratiques.

 

L’épidémie vous a fait décaler la date de départ au 2 juin, est-ce une date définitive ?

L’originalité du pèlerinage que nous proposons fait que nous pourrions le faire avec simplement une ou deux personnes, même si bien sûr ce ne serait pas l’idéal. Il nous semble important qu’il ait lieu maintenant, la date du 2 juin ne bougera donc plus. Nous avons contacté plusieurs évêques en l’organisant, ils nous ont demandé d’attendre la Pentecôte, au moment où les messes pourront reprendre. C’est dans l’élan de la Pentecôte, dans l’Esprit Saint, que nous partirons avec Marie. Ce ne sera sûrement pas le pèlerinage que nous avions imaginé, mais nous nous adapterons.

 

Aurez-vous des prêtres qui vous assureront la messe ?

Nous sommes reçus la plupart du temps par les curés des villages que nous traversons. Ils marcheront quand ils le pourront avec nous. Même si plusieurs prêtres se sont engagés, nous n’en avons pas encore sur tous les tronçons. Nous encourageons donc les groupes qui ont un aumônier, un accompagnateur spirituel, de les inciter à venir marcher avec eux. Nous sommes un projet d’initiative laïque, mais nous avons souhaité que ,dans chaque diocèse que nous traverserons, les évêques soient favorables à notre message. Certains évêques ont choisi de venir marcher avec nous.

 

Vous proposez à ceux qui chemineront avec vous une consécration au Cœur de Marie, selon la pédagogie de saint Louis Marie Grignon de Montfort. Qu’entendez-vous par là ?

Tout le pèlerinage est lui-même orienté selon la pédagogie du Père de Montfort, c’est-à-dire l’idée d’aller à Jésus par Marie. Marie étant le meilleur moyen d’aller vers Jésus, le plus direct. Cette consécration est un acte par lequel la personne qui la fait choisit de se donner entièrement à Marie. Elle choisit de se laisser éduquer, conformer, transformer par Marie pour suivre Jésus. Ce n’est pas un sacrement mais un choix personnel, renouvelable tous les ans de manière spéciale et tous les jours par une prière. Cette consécration est un parcours dont le but est la sainteté. Un moyen pour nous de proposer de retisser ce lien étroit de notre pays avec la Sainte Vierge et renouer avec cette consécration de notre pays à Marie.

 

En plus de la marche, vous souhaitez proposer au plus grand nombre de vous suivre sur Internet. De quelle manière ?

Nous aimerions retransmettre une partie des veillées du soir. Surtout si l’épidémie nous oblige à restreindre le nombre de personnes. Ce serait un moyen pour les gens aux alentours et pour tous ceux plus éloignés de s’unir à notre veillée. Nous pourrions peut-être également proposer quelques paysages, des chapelets, etc. Tous les jours nous aurons un quart d’heure sur Radiomaria.fr. Sur hozana.org, nous avons lancé une chaîne de prière afin que tous ceux qui ne pourront pas se déplacer puissent s’unir par la prière. Le but de notre pèlerinage est de prier pour la France, c’est possible où qu’on soit.

 

Si vous aviez un souhait pour la France, quel serait-il ?

Ce serait que la France retrouve sa vocation profonde qui, selon les mots de Jean-Paul II, est d’être « fille aînée de l’Église » et « éducatrice des peuples ». Qu’elle se souvienne de l’histoire magnifique qu’elle a avec la foi chrétienne et Dieu. Que la crise spirituelle que nous vivons puisse se résorber et que la France puisse retourner à Jésus par Marie.

 

 

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