Au quotidien-n°45

Rédigé par la rédaction le dans Politique/Société

Au quotidien-n°45

Chaque matin, la rédaction de L'Homme Nouveau vous propose une courte revue de presse, principalement axée sur la réflexion (sans dédaigner l'information pure). Nous ne cherchons pas d'abord à faire du clic, pour nourrir des statistiques et l'auto-satisfaction. Notre démarche est plus simple et repose sur une conviction presque simpliste : « demain se prépare aujourd'hui ». Dans ce sens, depuis des années, L'Homme Nouveau propose un regard différent, loin des clivages faciles dans le but d'offrir les outils conceptuels, les habitus de réflexion pour reconstruire une société humaine et chrétienne.

 

Dans Marchons (mai-juin), la revue des CPCR, le Père Philippe Barbier souligne que le confinement que nous venons de vivre peut être un temps de purification :

L’humanité entière est emportée dans une immense épreuve par un tout petit virus. Une épreuve dont on ne fait sans doute qu’entrevoir les conséquences. Certaines désastreuses, d’aucunes appelant avec force à l’innovation, d’autres enfin fort positives... si les hommes le veulent bien. Et en attendant ? Mais... il ne faut point attendre. Car c’est dès maintenant et là où nous sommes qu’il convient d’élaborer le futur. (…) Sans se laisser troubler par des polémiques nées dans certains esprits «sous apparence de bien », mais ourdies dans les caves sulfureuses du Maléfique, le confinement peut devenir un « kairos », un temps de salut, de purification et d’approfondissement de la foi, d’affinement de la charité, d’espérance solide et constructive pour la communauté ecclésiale et pour la société. Cela sera d’autant plus facile qu’on fera tout pour garder allumée la lumière de Pâques. Cette lumière imprégnée de paix, de joie contagieuse, de fraternité communautaire et d’élan missionnaire. Cette lumière qui conduit à regarder humblement et douloureusement, « touché au cœur » (cf. Ac 2, 37), celui dont le Cœur - fêté le vendredi 19 juin 2020 - répand, toujours et encore, sur le monde le sang et l’eau du Salut éternel.

Sur le site de Baptiste Rappin (14 mai), ces réflexions de Norrin R. sur l’application StopCovid :

Lorsque vous avez été assis à côté de quelqu’un dans le métro, que vous faites la queue chez le boucher ou dans une supérette et que vous croisez une personne qui découvre ensuite qu’elle est malade, personne ne peut vous retrouver et vous prévenir, sauf si vous avez #StopCovid » – Cédric O., twitter, 5mai 2020. Le moins que l’on puisse dire est que le Secrétaire d’État chargé du Numérique croit en son affaire, n’hésitant pas à endosser les habits et la rhétorique d’un bonimenteur soucieux de vous convaincre que sa pâte dentifrice, dont l’efficacité est prouvée scientifiquement, saura éviter caries et gingivites tout en vous procurant une haleine aussi miraculeuse que certains déodorants auprès de la gent du sexe qui vous siéra. (…) Mais ne soyons pas « négatif ». Restons optimistes quant à la nature humaine et tentons un instant de croire que notre ami Secrétaire croit réellement sauver les vies de ses concitoyens avec son techno-médicament #StopCovid. (…) Nous pourrions aussi nous interroger sur l’efficacité de traquer l’animal possiblement contagieux au regard d’un simple argument utilitariste qui saura parler au startupper O. Aussi, pour être efficace, cette application nécessite-t-elle d’être généralisée, ou du moins étendue au plus grand nombre d’individus possible. La question est ainsi de savoir si cette généralisation permet le « plus grand bonheur possible pour le plus grand nombre de personnes » ? (J.-S. Mill). Peut-on ainsi renoncer à nos libertés fondamentales et accepter une transparence absolue, l’intrusion de l’État ou d’une firme dans notre intimité pour retarder quelques décès ? Et je dis bien « quelques », tout en concédant que chaque décès est un drame, parce que ce covid-19 ne tue in fine que fort peu de monde ; et qu’il en tuerait énormément moins encore si les pouvoirs publics avaient été en mesure de fournir les seuls et véritables outils préventifs que sont les masques et tests de dépistage précoces. Comme toujours, le numérique nous est présenté comme le (fort couteux) remède miracle à un mal évitable ; ici avec quelques bouts de papier et élastiques. La technologie numérique est même souvent le remède à un mal qu’il aura lui-même créé. Ainsi en est-il, pour s’en tenir aux seuls petits désagréments pratiques, des outils numériques de contrôle parental censés protéger notre progéniture de l’utilisation de l’outil numérique lui-même, ou plus largement des protections contre les virus informatiques et autres chevaux de Troie, venant détruire et voler nos données rendues accessibles du fait de leur numérisation – personne ne me convaincra de la supériorité d’un coffre-fort numérique sur ma fidèle boite en fer abritant mes données sensibles version « papier »…(…) Certes, un grand homme d’État a pu nous assimiler à des veaux. Mais il aura fallu une nouvelle génération d’hommes « politiques », et l’avènement d’un « État au service d’une société de confiance », pour oser proposer de « pucer » tout le bétail – ou du moins, et pour l’heure, tous ses consentants spécimens.

 

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