L'exposition | Une Pergola appelée Douce France ou monument néoceltique d’Étampes

Rédigé par Céline Vicq le dans Culture

L'exposition | Une Pergola appelée Douce France ou monument néoceltique d’Étampes
Tristan et Iseult, 1925, Joachim Costa (1888-1971), pierre de Lens. Photo G.Bayle

En Essonne, dans un jardin de la ville d’Étampes ouvert au public en toute saison et en toute heure, un étonnant monument est donné à découvrir. Cet ensemble imposant est composé de quatre énormes blocs de pierre de 4 tonnes chacun. De forme rectangulaire, ils se succèdent comme des piliers massifs entre lesquels ont été placés des bancs. Nommé La Pergola de la Douce France, il a cependant perdu au cours du temps son apparence de pergola. En effet, les poutres qui reposaient sur son sommet ont disparu ainsi que le bassin trapézoïdal sur lequel un de ses côtés pouvait se refléter. Il n’en reste pas moins fort intéressant à cause de ses bas-reliefs travaillés en taille directe par des sculpteurs de qualité.

Composé de 16 plaques sculptées et apposées aux piliers, il illustre des événements de la mythologie celtique, en particulier la légende du roi Arthur et la quête du Graal. Ce sont des artistes d’expression différente qui ont interprété ce programme iconographique. Ainsi on découvre à l’une de ses extrémités un superbe dragon d’Ossip Zadkine (1890-1967), prêt à sortir du mur tant il semble resserré dans cet espace. D’autres animaux en lien avec ces légendes sont figurés : des serpents, un auroch, un cerf, un cheval, un sanglier… Et il y a, bien sûr, une représentation du roi Arthur (Jan et Joël Martel, frères jumeaux, 1896-1966), un peu érodé par le temps tandis qu’un autre bas-relief montre Le Saint Graaldevant lequel deux chevaliers en armure se recueillent, sculpté dans un style figuratif par Georges Saupique (1889-1961). Les couples mythiques de Tristan et Iseult (Joachim Costa, 1888-1971) et de Lancelot et Guenièvre (Pablo Manès, 1891-1962) sont aussi reproduits dans une facture assez classique avec une habile succession de plan pour le premier, tandis que le second est représentatif du cubisme par ses formes plus découpées.

À l’origine, cette composition a été imaginée par Emmanuel de Thubert (1878-1947), critique d’art, et conçue par l’architecte belge Lucien Woog (1867 [?]-1937). Réalisée pour l’exposition des arts décoratifs et industriels de 1925, elle fut placée sur l’Esplanade des Invalides. Elle reçut alors le grand prix de l’architecture. Aucun jardin de Paris ne pouvant l’accueillir, ce fut la ville d’Étampes qui l’acquit en 1935 pour le plus grand plaisir de ses habitants et visiteurs.

Square de la Douce France, avenue Théodore Charpentier, Etampes

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