Au quotidien-n°52

Rédigé par la rédaction le dans Politique/Société

Au quotidien-n°52

Protection de la vie et contrôle social : l’actuelle épidémie accélère et renforce l’utilisation des moyens de contrôle social ainsi que l’orientation des masses vers des comportements pré-établis. Pour l’universitaire américain, Matthew Crawford, cette tendance est renforcée par ce qu’il nomme d’un nom barbare, le « précautionnisme », le refus du risque de la vie et dans la vie. Dans un entretien accordé au Figaro (27 mai), il a développé cette thèse qui résonne en écho avec l’éditorial de Jacques Julliard, publié dans Marianne, et dont nous avons publié un extrait hier :

Je soupçonne que la facilité avec laquelle nous avons dernièrement accepté le pouvoir des experts de la santé de remodeler les contours de notre vie commune- peut-être de manière permanente- est due au fait que le précautionnisme a largement supplanté d’autres sensibilités morales qui pourraient lui offrir une certaine résistance. Aujourd’hui, remettre en question les mesures qui invoquent la sécurité comme justification, c’est afficher, dit-on, un mépris insensé de la vie: le précautionnisme est devenu un moyen d’intimidation morale. (…) Les pouvoirs d’urgence sont rarement abandonnés une fois l’urgence passée. Et cette pandémie arrive à un moment où les «bien-pensants» de l’Occident étaient déjà dans un état de panique, et comptaient sur les géants de la tech pour établir de nouvelles mesures de contrôle social. Aux États-Unis, certains intellectuels provenant de l’establishment ont pointé la Chine comme un modèle vers lequel nous devrions nous diriger. Cela pourrait expliquer l’apologie répandue du régime chinois aux prémices de l’épidémie. Au début, il n’y avait pour ainsi dire aucune compréhension scientifique de la pandémie. Pourtant, remettre en question les récits provenant d’organes officiels faisait de vous un trafiquant de fausses nouvelles et de théories du complot. C’est la manière dont nous fonctionnons désormais. Le PDG de YouTube a déclaré que «tout ce qui irait à l’encontre des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé constituerait une violation de notre politique» et serait donc supprimé. (…) Aux premiers stades, cruciaux, de la pandémie, les dirigeants de l’OMS et des organismes de santé publique de l’Union européenne étaient déterminés à gérer le Covid d’une manière compatible avec l’internationalisme libéral (c’est-à-dire pas de restrictions de déplacement), qui n’offense pas la Chine (c’est-à-dire pas de restrictions de déplacement) et affirme notre propre antiracisme (c’est-à-dire pas de restrictions de déplacement), même au préjudice de l’arrêt de la propagation du virus. Cela a révélé qu’ils n’étaient pas, en fait, très sérieux en matière de santé et de sécurité, l’idéal même qui sous-tendait l’autorité qu’ils invoquaient. Ils sont apparus plutôt comme des cadres d’un parti travaillant au nom d’une idéologie mourante - en gros, l’idéal exprimé par John Lennon dans sa chanson infantile Imagine. Les idéaux utopiques ne sont pas seulement compatibles avec l’insensibilité à l’égard des vies réelles, ils l’exigent parfois - l’essentiel est de maintenir sa propre pureté morale. Je pense donc en effet qu’il existe un lien entre le politiquement correct et le précautionnisme sanitaire. Mettre son corps en danger dans une rencontre avec le monde matériel semble renforcer le principe de réalité dans la psyché d’une personne. Il y a une sorte de grossière immédiateté de la douleur physique qui a un effet révélateur: un os cassé récuse toute prétention à avoir une vision complète de la situation. Le politiquement correct, au contraire, semble être un effort pour éviter toute pollution provenant de la prise en compte du réel. C’est sans doute l’option la plus sécurisante pour tous ceux dont la vie professionnelle se déroule dans une institution. Il est plus facile de maintenir sa vigilance contre la réalité si on reste isolé des vilaines chaînes de conséquences qui ont lieu dans le monde réel - parfois en raison même de ses propres injonctions, si on est haut placé.

Dans son dernier éditorial de Royaliste (du 4 au 17 mai), organe de la Nouvelle Action Royaliste, Bertrand Renouvin revient  sur le problème de la dette et étrille quelques idées reçues à ce sujet :

Rembourser la dette ! Telle est la sempiternelle injonction des « gouvernances » oligarchiques qui se double d’un appel à la responsabilité parentale : il faut rembourser la Dette pour que son poids ne retombe pas sur la tête de nos enfants. Tous coupables, ces Français qui sont de mauvais citoyens doublés de parents exécrables… Ce discours moralisateur, que la classe dirigeante assène depuis des décennies, doit être dénoncé pour ce qu’il est : un tissu de mensonges, une entreprise de chantage destinée à faire accepter des mesures punitives. La dette publique n’est pas une donnée immédiate qui s’imposerait par l’évidence scientifique des chiffres publiés. Cette dette est une construction qui résulte de décisions politiques (2). On peut, par exemple, présenter une dette brute, ou bien une dette nette moins lourde grâce à la prise en compte des actifs financiers de l’État. Et c’est sur injonction de Bruxelles que depuis vingt ans les transferts relatifs aux régimes publics de retraites sont considérés comme des dettes de l’État. Faire gonfler la dette, c’est se donner un argument massue pour justifier l’austérité. Le thème d’une France « qui vit au-dessus de ses moyens » résulte de cette construction comptable. Le mensonge est encore plus gros lorsqu’on évalue le poids de la dette publique par rapport au Produit intérieur brut (PIB). Ceci pour une raison toute simple : en fin d’année, l’État n’a pas à rembourser l’intégralité de ses emprunts. Concrètement, l’État fait rouler sa dette d’une année sur l’autre et, à la différence d’une personne privée, il peut ne jamais la rembourser. En d’autres termes, l’État ne paie jamais ses dettes, mais seulement les intérêts sur ses dettes. Le problème auquel notre pays est confronté n’est pas celui d’une dette « à 115% du PIB » ou même à 150% comme à la Libération : c’est la perte de notre souveraineté monétaire. Une crise économique se combat d’abord par une injection massive de monnaie pour soutenir l’offre et la demande : subventions publiques aux entreprises nationales, aides aux entrepreneurs privés, renforcement de la protection sociale… Depuis que l’État n’a plus à entreposer des sacs de pièces d’or et d’argent, la Banque centrale crée cette monnaie et fait au Trésor des avances qu’il n’y a pas à rembourser puisque la Banque de France et le Trésor public sont deux fonctions d’un même État… du moins quand l’État dispose de l’ensemble des moyens de sa politique. Mais quand la Banque centrale est installée à l’étranger, avec un statut qui la rend indépendante des États nationaux, la création monétaire échappe aux gouvernements démocratiquement élus qui ne peuvent plus financer librement les dépenses publiques.

 

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