Le Pape fustige la mondanité, une culture éphémère qui maquille la réalité

Rédigé par un moine le dans Religion

Le Pape fustige la mondanité, une culture éphémère qui maquille la réalité

Commentaire de l’homélie du Pape lors de la Messe à Sainte Marthe du 16 mai 2020.

Durant la pandémie, le Pape a peu parlé, mais ses homélies lors des messes à Sainte-Marthe demeurent d’une très grande richesse spirituelle, surtout lorsqu’il aborde ses thèmes favoris comme la mondanité. Ce fut le cas lorsqu’il commenta le passage tiré du chapitre quinzième de saint Jean où Jésus parle du monde et révèle à ses Apôtres qu’il est sur le point de quitter la haine du monde. Pour cela, il part d’une vérité générale : « Le serviteur n’est pas au dessus de son maître ». Les Apôtres, qui sont des serviteurs, doivent donc l’imiter, Lui, qui de Maître s’est fait serviteur. Et Jésus prévient alors ses Apôtres que si la haine du monde se dressera contre eux, ce sera en raison du fait qu’ils sont ses disciples. L’Église n’a jamais été affaiblie par les persécutions, bien au contraire. Le chrétien sera toujours le témoin de la Croix qui demeure source de vie.

Avec la haine, Jésus révèle le péché jusqu’en sa profondeur métaphysique même, comme le nota fort justement Jean-Paul II, dans Dominum et vivificantem. Dans son essence, le péché demeure le refus de la lumière et de l’amour. C’est pourquoi, l’aveuglement spirituel demeure sans rémission en raison de ce refus volontaire. Mais Jésus demeure le Sauveur universel. Saint Jean fait sauter toutes les catégories dans lesquelles nous nous enfermons, en nous transportant dans la région divine d’où vient et où se situe Jésus, c’est-à-dire dans la région même de l’Esprit de vérité. Mais pour parvenir à la hauteur de la Croix d’où l’Esprit sera donné au monde, Jésus enseigne à ses disciples la nécessité d’écouter sa parole, pour ne pas succomber ni dans les épreuves, ni dans les tentations. C’est en découvrant le sens profond de sa Parole que les Apôtres, – et nous-mêmes à leur suite –, pourront passer sans vrai dommage à travers les scandales et les persécutions. Jésus s’identifie aux chrétiens comme Il le dit à Saul le persécuteur, sur le chemin de Damas. Le chrétien n’est pas du monde, mais il est dans le monde et il doit se défendre de l’esprit du monde, de la mondanité. Mais quelle est précisément cette mondanité capable de détruire Jésus et ses disciples, voire même corrompre ces derniers ? La mondanité est une proposition de vie ou mieux une culture éphémère qui maquille totalement la réalité. Par essence, la mondanité est donc superficielle et changeante au gré du goût de chacun. La fidélité lui est donc inconnue et c’est pourquoi elle ne peut avoir de racines sûres et fermes. Elle est une simple manière de vivre selon le monde et la mode du temps avec un vernis plus ou moins chrétien. Dans la parabole du semeur, elle s’identifie aux préoccupations du monde qui étouffent la semence qui ne peut fructifier. Le Père de Lubac dénonça fortement ce venin de la mondanité capable de faire des ravages dans l’Église. Le Pape fait siennes les dernières pages de son livre magnifique Les Méditations sur l’Église. En disant que la mondanité est le pire des maux qui puisse arriver à l’Église, le Pape n’exagère pas. Et la pire mondanité est la mondanité spirituelle, car elle est une herméneutique de vie en rupture totale avec l’Évangile et l’enseignement de l’Église. Cette façon de vivre profane la vérité et donc la foi catholique. Elle peut aller jusqu’à tuer et répandre à profusion le sang des martyrs. Que Marie nous fasse découvrir les racines profondes de la mondanité qui change comme les caméléons et qui maquille tout, pour enlever de la pensée des chrétiens le scandale de la Croix. Or « celui qui n’annonce pas la Croix évangélise le diable », selon les mots du Pape le premier jour de son pontificat.

 

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