Au quotidien n° 63

Rédigé par la rédaction le dans Politique/Société

Au quotidien n° 63

Au regard de ce qui se passe dans le monde, de la manipulation de l’émotion et des foules, on peut relire, par exemple, l’œuvre d’Augustin Cochin, La Psychologie des foules de Gustave Le Bon, La subversion de Roger Mucchielli et bien d’autres encore. Rivarol (10 juin) s’est arrêté pour sa part, non sur un livre, mais sur un événement radiophonique historique :

Le 30 octobre 1938, Orson Welles, acteur, réalisateur, producteur et scénariste américain bien connu, diffusait une mise en scène radiophonique préenregistrée d’après La Guerre des Mondes roman de H.G. Wells publié en 1898. Autrement dit : « Mars attaque ! »... Le lendemain de l’émission, les journaux évoquent des scènes d’hystérie collective, d’émeutes à travers le territoire des États-Unis et une vague de suicides ! Cette réaction aurait été, dit-on aujourd’hui, largement exagérée pour ne pas dire inventée par des gens de presse en mal de ventes et de sensationnalisme. N’oublions pas cependant que réécrire l’histoire est devenu un sport extensivement pratiqué par toutes les grandes démocraties — populaires ou libérales — toujours en proie au démon tentateur de la dérive totalitaire... Cela a commencé avec la Terreur — de l’échafaud à l’hôpital psychiatrique pour tous — et se poursuit à présent avec le goulag mental dont les médiacrates dominants sont les gardiens avisés... Tenant le haut du pavé dans nos lucarnes ce sont nos commissaires politiques et idéologiques, prêtraille de la pensée unique, conforme et bienséante. Cela d’autant plus que les moyens de communication modernes sont devenus d’extraordinaires instruments pour qui veut redessiner le monde à son image. (…) Reste que, dans l’affaire de « La Guerre des Mondes », il s’est vraisemblablement agi d’effacer ou de gommer a posteriori ce que le montage hertzien de Welles avait mis en exergue, à savoir l’extrême sensibilité (vulnérabilité) des foules à la peur créée puis véhiculée par les nouveaux grands médias — en l’occurrence la TSF — et la facilité avec laquelle l’effroi était alors susceptible de se répandre jusqu’à se transformer en vent de panique. Mieux valait en effet que les applications pratiques des cogitations d’un Edward Bernays (1891-1995), neveu de Sigmund Freud, relatives à ce qu’il a lui-même appelé « la fabrique du consentement » ne fussent pas divulguées hors de propos. Comprenons bien que la négation de la réalité et la révision du déroulé des faits — préalables à leur réaménagement selon un narratif aussi politiquement correct qu’utile — sont les deux mamelles sèches de l’histoire officielle... Car, en ce qui concerne le 30 octobre 1934, les témoignages recueillis à chaud ne laissent guère de doute : certaines personnes rapportent avoir ressenti des signes matériels, tangibles comme l’odeur des gaz utilisés par les Martiens ou la chaleur des rayons mortels émis par leurs armes. Ce qui en dit long sur la suggestibilité des humains, animaux sociaux puissamment grégaires pour certains et le goût immodéré de quelques-uns pour la falsification des faits d’histoire.

Petit rappel de Philippe Mesnard dans Politique Magazine : le Président Macron s’est servi pour imposer le confinement du thème de l’union nationale (tous en guerre contre le Covid-19). Un vieux truc, estime (à raison) l’éditorialiste, un leurre tellement utilisé qu’il n’aurait pas dû normalement fonctionner :

Macron, qui connaît son histoire de France à peu près autant qu’il maîtrise Robinson Crusoé, ne se rend pas compte que l’union sacrée qu’il invoque était déjà, à l’époque, un leurre et un “narratif”, pour parler comme ses conseillers. Un trompe-couillon pour fabriquer du consentement et légitimer tout exercice exorbitant du pouvoir. Mais ceux qui sont partis en guerre contre les Allemands n’ont jamais renoncé à critiquer ceux qui avaient si mal préparé et conduit (dans un premier temps) cette guerre, transformant les Français en chair à canon. La censure, seule, a permis de croire au consensus. Macron-Clemenceau ou Macron-De Gaulle ne se préoccupe pas de vaincre en organisant un gigantesque effort de guerre mais de plonger l’arrière dans la torpeur. C’est contre les citoyens qu’on a mis en place une magnifique “campagne de France”, tout le pays légal uni contre le pays réel, en traquant les déplacements, interdisant les plages, verbalisant les promeneurs, culpabilisant les chagrins et terrorisant toute la population. Quand on parle d’union sacrée, on désigne moins un ennemi qu’un principe qui transcende les divisions. Mais quel principe désigne Macron ? La France ? Il ne parle que de souveraineté européenne. Les Français ? Il explique qu’ils doivent mériter la confiance du gouvernement. Mais alors ? Le pouvoir. Macron nous enjoint de respecter le pouvoir par principe, le principe du pouvoir. Critiquer est un crime car la nation ne trouve son unité que dans sa soumission, la nation n’a de sens que dans sa soumission. Ne pas consentir au récit que l’État fait de sa vertu, de sa prudence, de son intelligence, de sa clairvoyance : ils ne sont que mensonges affolés, traînés dans l’infosphère par Sibeth, déesse Renommée déboussolée. Ne pas consentir à l’absurde privation de nos libertés, dont le seul sûr effet est de ruiner le pays. Ne pas consentir au plan de redressement à venir, qui ne visera qu’à spolier encore plus les Français par le biais d’une fiscalité inique. Ne pas consentir aux lois scélérates en germe qui visent à exonérer les coupables.

 

Pour consulter nos précèdentes publications, voir :

Au quotidien n°62

Au quotidien n°61

Au quotidien n°60

Au qutodien n°59

Au quotidien n°58

Au quotidien n°57

Au quotidien n°56

Au quotidien n°55

Au quotidien n°54

Au quotidien n°53 (du numéro 24 au numéro 53)

Au quotidien n°23 (du numéro 1 au n° 23)

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