Droit de réponse du Collectif des Anciennes élèves de Châteauneuf-de-Galaure

Rédigé par le Collectif des Anciennes le dans Tribune libre

Droit de réponse du Collectif des Anciennes élèves de Châteauneuf-de-Galaure

Après la parution de l'article « Bon Pasteur, mercenaire et loup dans la bergerie : réflexions autour des affaires Pell, Preynat et Finet », le Collectif des Anciennes élèves de Châteauneuf-de-Galaure a fait valoir son droit de réponse que nous publions ici.

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Le Collectif des Anciennes élèves de Châteauneuf-de-Galaure a pris connaissance avec étonnement de l’article intitulé « Bon Pasteur, mercenaire et loup dans la bergerie : réflexions autour des affaires Pell, Preynat et Finet » paru le 12 mai 2020 sur le site d’hommenouveau.fr dans lequel il est fait état de « l’enquête » condamnant l’abbé Georges Finet (1898-1990), père cofondateur avec la Vénérable Marthe Robin, de l’Œuvre des Foyers de Charité.

Nous tenons à rectifier avec la plus grande rigueur certains propos qui induisent en erreur les lecteurs du site web de l’Homme Nouveau tout en portant atteinte à la mémoire d’un mort. Laisser croire que la condamnation du Père Finet est le résultat d’une enquête est une information mensongère. Le titre de l’article laisse entendre que le père Finet pourrait avoir été un loup dans la bergerie et son sous-titre « Comment comprendre et répondre à ces maux à la lumière de la figure du Bon Pasteur » ne laisse place, ni à la présomption d’innocence, ni au doute.

Cette condamnation publique et « sans réserve » des « agissements gravement déviants » attribués au père Finet, résulte des conclusions que la gouvernance des Foyers de Charité tire du rapport d’une Commission de « recherches » dite « indépendante et pluridisciplinaire » - dont la présidente, Françoise Gaussen, avait été nommée par eux - et non du travail d'une « Commission d’enquête ».  La conclusion dont il est question résulte de cette « synthèse », établie d’après « une écoute de personnes », selon les propres termes du Père Modérateur des Foyers de Charité, Moïse Ndione.

Les témoignages recueillis n’ont pas été étudiés ni confrontés au réel. Sans la rigueur requise pour une véritable enquête, ces témoignages ne peuvent aboutir à une quelconque vérité. Cette conclusion n’est pas plus tirée d’une enquête canonique licite que d’une enquête civile, encore moins d’un procès pénal canonique.

Le mot « enquête » n’est mentionné ni dans le contenu de la synthèse ni même dans le propre communiqué de presse des Foyers de Charité. En revanche le communiqué de presse de la Conférence des Évêques de France, diffusé le 7 mai 2020 à la presse Française et internationale ainsi qu'à tous les diocèses de France, évoque une "enquête'" et des "résultats d'enquête", c'est pourquoi nous, Collectif des Anciennes, les avons mis en demeure par huissier le 10 juillet dernier de faire un démenti . Demande restée, à ce jour, sans réponse. 

Sans enquête comment en est-on arrivé à condamner le Père Finet ?
Si le père Finet est aujourd’hui condamné, qui ont été ses juges ?  Étaient-ils légitimes ?
Cette « écoute » aurait dû aboutir à l’ouverture d’une enquête et non aboutir à une condamnation.
Si le droit, tant civil que canonique, ne juge pas les morts, que la loi protège la présomption d’innocence, comment accepter que quiconque, mort ou vif, puisse être condamné d’après des faits supposés et non vérifiés ? La vérité doit être obtenue par l’écoute contradictoire des témoins, et ce, par des professionnels rôdés et compétents en matière pénale.

L’article évoque les Cardinaux Pell et Barbarin relaxés. Est-on obligé d’être sali et de passer par la « condamnation » publique avant d'être blanchi et relaxés ? Pourquoi l’Église se passerait-elle d’enquêter et se permettrait-elle de juger ? Les Droits civil et canonique existent, et sont là pour tous :  Tout homme est présumé innocent tant que sa culpabilité n’est pas prouvée, c'est la loi. Le Cardinal Pell a passé plus de 400 jours en prison et a pu se défendre : les preuves ont été déclarées fausses.  Qu’en est-il des accusés décédés qui n’ont personne pour défendre leur droit à la présomption d’innocence ?

Cela n’étonne personne que les témoignages apparaissent 30 ans après la mort du père Finet, alors que de son vivant il n’y a eu ni rumeur, ni accusation ? Il faut savoir que les témoignages ont été appelés en septembre 2019 par un email invitant les anciennes élèves à aider la Commission de "recherches" mise en place à la suite d'un témoignage indirect entendu sur une radio nationale. Il ne s’agit pas de témoignages spontanés, d’accusation ou de plainte. Cela est mentionné dans la synthèse du rapport mais totalement absent des communiqués de presse, ce qui pourtant n'est pas un moindre détail.

A la décharge du rédacteur de l’article incriminé, la synthèse du rapport est imprécise et floue.  Bien que vide de faits qualifiés, le témoin est appelé « victime » et les actes présumés sont qualifiés d’« agissements » ne laissant aucune place à la présomption d’innocence du Père Finet. Le contenu de la Synthèse laisse toute place à l’imagination et ne peut donc être, de près ou de loin, assimilé à la vérité. Cette accumulation d’imprécisions, loin d’être conforme à la justice, ne permet pas d’apporter de crédit à cette condamnation qui a pourtant été présentée à la presse française et internationale et diffusée comme une conclusion incontestable.

Sans être dans le déni du ressenti de qui que ce soit. Nous ne comprenons pas comment cette condamnation a pu être tirée d’une simple écoute. Nous, anciennes élèves, sommes celles qui ont répondu en toute bonne foi à la sollicitation personnelle des Foyers de Charité. Ils ont suscité et recueilli nos témoignages. Et c’est sur ces témoignages qu’ils font aujourd’hui reposer la condamnation du père Finet. Nous ne nous battons pas pour défendre le père Finet, mais pour qu’il ne puisse pas être condamné sans véritable enquête.                              

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