A quotidien n°90 : guider le monde

Rédigé par la rédaction le dans Politique/Société

A quotidien n°90 : guider le monde

Pas vraiment pro-Trump, ni même simplement à droite, Le Monde diplomatique (novembre 2020) constate malgré tout que l’ambition internationale de Joe Biden et du camp démocrate est de remettre les États-Unis d’Amérique à la tête du monde.

 

 

« Guider le monde démocratique ». Tel est le slogan qui résume le programme de politique étrangère de M. Joseph Biden. Pour préciser le contenu de cette ambition, le candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine a signé en mars 2020 une tribune intitulée « Pourquoi l’Amérique doit diriger à nouveau ». Il y constate que « le système international que les États-Unis ont si précautionneusement bâti est en train de se fissurer ». Et oppose ce déclin aux triomphes remportés par son pays — victoire lors de la seconde guerre mondiale, chute du rideau de fer —, qui ont défini l’ordre international libéral dans ses versions bipolaire (1947-1991), puis unipolaire (1991-2008). L’ancien vice-président de M. Barack Obama admet certes que les maux américains les plus graves — de l’échec général du système éducatif à l’inégalité de l’accès aux soins, en passant par la faillite de la politique pénitentiaire — sont aujourd’hui de nature interne. Il n’en martèle pas moins que la diplomatie demeure l’une des sources premières de l’influence des États-Unis, et que leur relation au monde, abîmée par l’administration Trump, doit être restaurée en priorité, « non seulement par l’exemple de notre puissance, écrit-il, mais aussi par la puissance de notre exemple ».

Ce concept de restauration et d’exemplarité imprègne toute la plate-forme démocrate en matière de politique étrangère. Ses rédacteurs — l’immense majorité des éditorialistes américains mainstream, dont les contributions sont filtrées par les experts Ely Ratner et Daniel Benaim — jugent que le monde ne saurait « s’organiser lui-même ». (…) Cet ordre devrait donc être rebâti, et non repensé. Les États-Unis, qui détiennent les plans de l’immeuble originel, dont les fondations demeurent, reprendraient logiquement la triple casquette de promoteur, de maître d’œuvre et de syndic de copropriété. 

 

 

 

 

Réseaux sociaux