Depuis l'Angleterre, une messe de requiem pour Daniel Hamiche

Rédigé par la rédaction le dans Religion

Depuis l'Angleterre, une messe de requiem pour Daniel Hamiche

Au moment même où la mese d'inhumation de Daniel Hamiche était célébrée en sa paroisse Notre-Dame du Travail, ce samedi 5 décembre 2020, à 11h30, à la même heure, en Angleterre au prieuré prémontré de Chelmsford, une messe basse de requiem était égalemen célébrée par son ami, le Father Stephen, qui a prononcé un sermon en français à la mémoire de son ami.

+ Au nom du Père…

Bien chers frères, voici quelques extraits d’un texte bien connu de notre ami Daniel Hamiche, pour qui je célèbre cette Messe de Requiem, à l’heure même de son enterrement à Paris :

Je cite : « Je laisse mon âme à Dieu mon créateur, je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes quelqu’indignes que nous en fussions, et moi le premier. Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Église Catholique Apostolique et Romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de St Pierre auquel J.-C. les avait confiés. Je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Église, les Sacrements et les Mystères tels que l’Église Catholique les enseigne et les a toujours enseignés. Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchirent l’Église de J.-C. mais je m’en suis rapporté … aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la Sainte Église Catholique, donnent et donneront conformément à la discipline de l’Église suivie depuis J.-C. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en J.-C. suivant ce que la charité chrétienne nous l’enseigne. Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés… »

C’est, bien sûr, un extrait du début du fameux Testament du Roi de France et de Navarre, Louis XVI, écrit le jour de Noël 1792, un peu moins d’un mois avant son exécution. Pour Daniel, ce fut un texte bien connu, respecté, partie d’un héritage qui est cher au cœur de tout royaliste français, et dont le ton et l’esprit ne peuvent qu’exciter de la sympathie même au-delà des cercles légitimistes et catholiques. La manière dont Louis XVI fit face à la mort causa bien de l’admiration même chez ses ennemis. J’ignore si Daniel avait vraiment des ennemis… pas plus que d’autres, j’imagine… et il avait certainement beaucoup d’amis, de camarades, de collaborateurs. Il avait certainement des adversaires au niveau intellectuel ; je crois que Daniel était, après tout, miles Christi, ‘soldat du Christ’. Dans les arguments et le débat, dans la manifestation, et dans ses écrits, blogues, et discours, il menait un vrai combat – un combat pour la Vérité, pour le Christ – et c’est un combat contre un grand nombre d’ « ennemis », car le monde ne manque pas d’ennemis du Christ, malheureusement. Mais comme Louis, Daniel aurait dit, je crois, qu’il ne prétendait pas les juger… et qu’il « ne les aimait pas moins tous en Jésus-Christ, suivant ce que la charité chrétienne nous l’enseigne. » Et je crois aussi, que Daniel aurait gagné l’admiration même de ceux de bonne foi qui ne partagent pourtant pas notre Foi catholique, ni ne s’engagent dans notre combat pour le Bien contre le Mal, pour les armées du Christ contre les forces de Satan.

Après le choc que fut de recevoir la nouvelle de son décès, aujourd’hui, jour de son enterrement, malgré la douleur, nous pouvons pourtant rendre grâces… n’est-ce pas cela, le cœur de la sainte messe ? Eucharistia : l’eucharistie : Gratias agamus Domino Deo nostro… Nous rendons grâces en particulier que Daniel ait pu recevoir les derniers sacrements. Que l’on soit Roi - ou paysan - de France (et même d’Angleterre !), nous nous trouverons tous, enfin, pécheurs devant un même destin – celui de franchir la mort, porte vers l’éternité. Les sacrements sont les moyens de nous réconcilier avec Dieu et de recevoir la grâce sanctifiante qui nous rend dignes de Sa présence. Nous rendons grâces, aujourd’hui, que Daniel, encore conscient, ait pu puiser à cette source de la Pitié et la Tendresse de notre Sauveur, et nous sommes reconnaissants également au prêtre qui a pu faciliter cette grâce par le ministère sacerdotal.

Nous rendons grâces pour la manière dont Daniel a pu chercher, trouver et fortifier le Royaume du Christ-Roi. Nous rendons grâces pour sa vie, pour sa conversion, pour sa mission ; pour son amitié, sa bonne humeur, sa gentillesse, son intelligence ; pour son goût pour la vie – et pour la bonne cuisine et le bon vin ! Enfin, nous rendons grâces pour son âme, pour son esprit. Beaucoup de monde – on pourrait même dire beaucoup de peuples, d’organisations, de pays – lui doivent beaucoup. Et le temps viendra, dans d’autres forums, de fêter ses réussites et d’honorer sa mémoire. Pour l’instant, notre action de grâces n’exclut surtout pas notre devoir de prier en supplication pour le repos de son âme. Nous savons que Daniel a aimé Dieu, mais nous savons que Daniel, comme nous tous, l’a aimé de manière imparfaite. Nous savons que Daniel a cherché à faire le bien et à éviter le mal, mais nous savons que, comme tout pécheur, il ne l’a pas fait de manière parfaite. C’est pourquoi, pleins d’espérance et mettant toute notre confiance dans la bonté miséricordieuse de notre Juge, nous prions pour son âme, et nous ne cesserons jamais de le faire. « Pie Jesu, Domine, dona ei Requiem. » Nous prions le Bon Pasteur de daigner l’absoudre de tout péché, de le délivrer de toute peine, enfin, de sauver Daniel, et d’être son libérateur, son Rédempteur, son Sauveur. Comme Dieu l’a fait pour son prophète homonyme, sauvé de la fosse aux lions, nous prions avec l’Église : « libera eum de ore leonis… » Libérez, Seigneur, notre ami Daniel de la gueule du lion ! Qu’il échappe aux griffes de la mort éternelle, et qu’il entre dans la lumière de la vie éternelle ! Quam olim Abrahae promisisti… cette vie que jadis vous avez promise à Abraham et à sa postérité…

Le Testament du Roi Louis XVI non seulement nous édifie… disons-le, son martyre donne à la France et à toute la Chrétienté l’espérance irrépressible d’un fort témoignage chrétien qui inspire encore. La vie de notre ami Daniel aussi… elle nous encourage, nous donne de la force, nous inspire… Mais nous n’hésitons pas à dire, avec Daniel, que l’espoir et le salut de la France – et celui du monde entier – sont le Cœur Sacré de Jésus. Car c’est sa vie, sa mort, et sa résurrection qui donne du sens à notre deuil pour Daniel, et à toutes nos prières pour son âme. Daniel savait l’importance de la sainte messe ; il l’a défendue plus d’une fois. Eh bien, c’est la Sainte Messe qui nous transporte à la Cène, au Calvaire, à la Croix, et au Tombeau vide de cette première Pâques de notre Seigneur Jésus-Christ. Nous rendons grâces pour ce sacrifice rédempteur de notre Sauveur, et notre dévotion nous pousse à offrir la vie et la mort de Daniel en union avec l’offrande de Jésus-Christ dans la messe : le sacrifice de sa passion, sa mort et sa résurrection. Quand le prophète Daniel fut miraculeusement libéré de la mort, le roi païen proclama : « j'ordonne que, dans toute l'étendue de mon royaume, on ait de la crainte et de la frayeur pour le Dieu de Daniel. Car il est le Dieu vivant, et il subsiste éternellement ; son royaume ne sera jamais détruit, et sa domination durera jusqu'à la fin. C'est lui qui délivre et qui sauve, qui opère des signes et des prodiges dans les cieux et sur la terre. C'est lui qui a délivré Daniel de la puissance des lions. » (Dan. 6,26-7)

Nous prions afin que la France, reconvertie et désenchaînée du paganisme de la modernité, retentisse encore aujourd’hui de cette même profession de foi… car c’est bien en la foi catholique que Daniel Hamiche croyait ; c’est cette foi qu’il nous enseignait à croire et à apprécier ; c’est cette foi qui a animé – et qui doit animer encore – la France, fille aînée de l’église ; c’est la foi dans laquelle Daniel eut la grâce de mourir, et dans laquelle nous sommes appelés à vivre et mourir aussi. « Je crois en Dieu, Père, Fils, et Saint-Esprit ; à la sainte Église catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. »

Par la grâce de Dieu, restons fidèles, reconnaissants, et pleins de foi. Daniel, nous le reverrons. Je me permets de reformuler les fameuses paroles de l’abbé irlandais Edgeworth de Firmont à Louis XVI au moment de son dernier supplice : « Daniel, fils de la France, devenu enfant de Dieu par le baptême, montez au Ciel ! » Par la miséricorde de Dieu, que Daniel Hamiche repose en paix, et que le bon Dieu continue à bénir, garder, et sauver sa famille, ses proches, et son pays.

Dignum et justum est : il est digne et juste de rendre grâces....

Alors, tout simplement : Merci Jésus. Merci Daniel. + Au nom du Père…

 

 

 

 

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