Au quotidien n°137 :
dis moi qui tu censures, je te dirais ce que tu lis

Rédigé par la rédaction le dans Politique/Société

Au quotidien n°137 : <br>  dis moi qui tu censures, je te dirais ce que tu lis

Bon connaisseur des États-Unis, Gérald Olivier a consacré sur son blog, « France-Amérique » plusieurs articles à l’après élection dans ce pays dont un, le 16 janvier dernier, titré « L’Amérique à l’heure d’Orwell »…

 Cette semaine, Joe Biden, président élu des Etats-Unis, a annoncé que le thème de son investiture, le 20 janvier, serait « l’Amérique Unie » (United America) ! Nancy Pelosi, « Speaker » de la Chambre des représentants, a, pour sa part, fait voter, pour la seconde fois, par la Chambre, où les Démocrates disposent de la majorité des sièges, la destitution (impeachment) du président Donald Trump …

 Ainsi à 48 heures d’intervalle, le futur président Américain a affirmé vouloir travailler à une unité retrouvée… tandis que le troisième personnage du pouvoir poursuivait sa vendetta personnelle contre le président sortant, et par extension contre les dizaines de millions d’Américains qui le soutiennent toujours!

 L’opposition de ces deux postures illustre l’hypocrisie Démocrate et la folie répressive qui s’est emparée de l’establishment américain ces derniers jours. Le pays vit une véritable purge politique et l’atmosphère évoque plus l’URSS de Staline que la nation de Jefferson et Madison. (…) Mercredi 6 , alors que le Congrès était réuni au grand complet pour communiquer les résultats de l’élection présidentielle du 3 novembre 2020 et certifier le vainqueur, le président Trump terminait un discours devant des milliers de supporters pour dénoncer des tricheries électorales, et contester une élection qu’il estimait volée. Il exhortait ses partisans à défendre leur pays, et "marcher jusqu’au Capitole » pour manifester leur opposition de manière « pacifique et patriotique ». (…) Les institutions américaines ont donc aisément survécu à cet assaut désordonné et incohérent. Le système, qui n’a jamais été véritablement menacé, l’a emporté. L’ordre a triomphé du désordre. Mais les conséquences de cette attaque don-quichottesque perdurent et vont se prolonger longtemps.

 L’incident fut un fiasco pour Trump et ses supporters et du pain bénit pour les Démocrates et leurs alliés dans les médias. Biden a été confirmé dans son élection à la présidence. Donald Trump a vu sa défaite entérinée et il s’est décrédibilisé en laissant se produire une action violente contre les institutions qu’il est supposé défendre. Ses partisans n’eurent même pas le loisir de plaider sa cause car les débats consécutifs aux objections soulevées contre la certification du vote, furent suspendus pendant l’assaut contre le  Capitole et abandonnés, une fois le calme revenu, au nom de la décence, de l’émotion et de la retenue … (…) Ce que l’on pointait d’un doigt accusateur et vengeur c’était le discours de Trump. Le président, nous disait-on, avait « incité ses supporters à la violence », il était responsable des évènements. Il devait être châtié. Sans attendre, Jack Dorsey, le CEO de Twitter, lui-même en vacances en Polynésie française (le virus du Covid-19 n’empêche pas les milliardaires de voyager) supprimait le compte du président. A vie ! L’homme censé être le plus puissant de la planète venait de se faire clouer le bec par un geek du Missouri, adepte du bouddhisme et de la méditation. Ses 88 millions de « followers » et 74 millions d’électeurs, soudain privés d’écoute, ne semblaient pas compter. (…) Le problème est qu’il est loin d’être le seul, à propager des nouvelles discutables, mais qu’il est le seul que l’on fait taire ! Le parti communiste chinois exploite impunément Twitter pour y diffuser de fausses informations. Une enquête du groupe Pro-publica (dont les sympathies sont plutôt à gauche) a révélé l’existence d’une machine de guerre chinoise composée de milliers de « trolls » (profils internets) et contrôlée depuis Pékin pour influencer l’opinion mondiale en faveur de la Chine. Elle avait été mise à contribution au déclenchement de la pandémie de Covid-19, pour cacher l’impact réel du virus en Chine, encenser la réponse du gouvernement chinois, et prétendre que le virus était une création de l’armée américaine… Aucun des comptes impliqués dans cette vaste entreprise de désinformation n’a jamais été supprimé ! L’ayatollah Ali Khamenei (guide de la révolution iranienne) dispose de plusieurs comptes Twitter, dont un en français, par lesquels il appelle régulièrement à la destruction d’Israël, à la mort de l’Amérique, ou au meurtre des infidèles, tel Samuel Paty. Dorsey ne lui a pas coupé la parole. Idem pour le président Maduro du Vénézuéla et des dizaines d’autres personnalités politiques.  (…) Cette liste d’exemples n’est pas exhaustive, elle pourrait s’allonger, car l’Amérique de janvier 2021 semble la proie d’un nouveau Mc Carthysme drapé sous un voile de justice.  Un totalitarisme orwellien règne désormais sur le pays, jadis leader du monde libre.  Les Américains ne s’y sont pas trompés. Le roman d’anticipation  de Georges Orwell,  1984 a été catapulté en tête des ventes sur Amazon en un week-end.

 

 

 

 

 

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