L'exposition | Georges Bruyer, graver la guerre

Rédigé par Céline Vicq le dans Culture

L'exposition | Georges Bruyer, graver la guerre
Attaque d'artillerie allemande, aquarelle, 1915. Musée de la Grande Guerre, Meaux.

Aujourd’hui peu connu du grand public, Georges Bruyer (1883-1962) est un peintre, graveur et céramiste de talent. À la suite d’un don par ses proches de 400 œuvres concernant la guerre de 1914, le musée de la Grande Guerre de Meaux présente plus de 130 dessins à l’encre de chine mais aussi des aquarelles et des gravures sur bois ou sur cuivre.

Cernées de noir, souvent en mouvement, les silhouettes des soldats, compagnons de Georges Bruyer, révèlent le quotidien de ces hommes envoyés au front, entre les barbelés ou au fond des tranchées, sur la route ou portant un repas (Le Fricot). Son dessin incisif, réduit au minimum, saisit l’essentiel. Parfois certaines œuvres sont colorées quand elles évoquent le printemps ou la nuit avec les troublants effets lumineux d’une « Attaque d’artillerie allemande ».

Ce petit-fils de sculpteur est né à Paris en 1883. Dès sa jeunesse il est attiré par le dessin et montre de réelles qualités artistiques. En 1903, il se forme à l’école des Beaux Arts. À partir de 1910, il participe à des expositions et illustre des revues comme L’assiette au beurre. Il réalise également des gravures pour des livres d’art. En août 1914, appelé sous les drapeaux, il se marie civilement juste avant de partir au front le 11 août… Il enverra de nombreux courriers illustrés à son épouse. Certains sont exposés dans le parcours. En juillet 1915, gravement blessé par un obus, il est transféré dans différents hôpitaux parisiens. Pendant sa convalescence, il renoue avec le dessin. Son inspiration est alors plus marquée par la souffrance des hommes. Il réalise un touchant dessin montrant un soldat en prière seul dans la nuit. À sa demande, il participe en juin 1917 à la cinquième mission des artistes de l’armée, se rendant sur le front pour documenter la guerre. À son retour, reprenant ses croquis, il peint à l’huile des tableaux montrant les ruines d’église, de maison ou d’usine…

En 1920, devenu chef d’atelier des reproductions graphiques du musée du Louvre, il reçoit des commandes de l’État ou de la ville de Paris. Mais après la Deuxième Guerre mondiale, sa situation matérielle devient précaire. Il doit alors vendre sa maison. Veuf depuis 1939, il se retire dans son atelier à Asnières entouré de ses œuvres. Il meurt en 1962 à Paris. Sa filleule et héritière Jacqueline Renesson prend soin de son travail et fait don en 2012 d’une partie de ses dessins au musée de Meaux.

Un témoignage poignant de cette triste période où Georges Bruyer illustre le quotidien de la troupe sans en montrer les horreurs !

 

Jusqu’au 22 août 2021. Musée de la Grande Guerre, Rue Lazare Ponticelli, 77100 Meaux. Tél. : 01 60 32 14 18. De 09h30 à 18h00 sans interruption. Fermeture les mardis,le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier. Fermeture annuelle du 23/08/21 au 10/09/21 inclus. Port du masque obligatoire à partir de 10 ans. Plein tarif : 10 €. Tarif réduit : de 5 à 7 €.

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