Au quotidien n°187 : l’Allemagne peut-elle sortir de l’Union européenne ?

Rédigé par la rédaction le dans Politique/Société

Au quotidien n°187 : l’Allemagne peut-elle sortir de l’Union européenne ?

À cette question étrange, la réponse est aujourd’hui évidente. C’est pourtant la nouvelle proposition de l’AfD, parti de droite nationale qui change aussi sa vision de la politique migratoire. En évoquant ces changements, L’Opinion (13 avril 2021) donne aussi des indications intéressantes sur les politiques migratoires de pays qui ne sont pas gouvernés par l’extrême-droite…

 

L’AfD défend désormais la sortie pure et simple de l’Allemagne de l’UE, contre l’avis de sa direction nationale. Dans sa proposition, cette dernière était restée sur la position en vigueur depuis la création de l’AfD en 2013 : sortie de l’euro et retour à un simple marché commun. Le camp des « modérés », autour du co-chef Jörg Meuthen, désavoué, n’a pas pu plus empêcher un changement radical d’approche concernant la politique migratoire. Depuis ses débuts, l’AfD plaidait pour un modèle à points à l’australienne ou à la canadienne afin de faire venir en Allemagne seulement les profils recherchés. Cette revendication était un gage mis en avant par les modérés, en dépit des prises de position xénophobes des plus radicaux. Dorénavant, l’AfD veut s’orienter sur le modèle japonais, l’un des plus restrictifs parmi les pays industrialisés. « Si l’Allemagne et l’Europe ne suivent pas le modèle japonais, nous assisterons à une apocalypse culturelle », a appuyé Björn Höcke depuis la tribune du congrès. Les délégués ont enfoncé le clou en plaidant pour l’interdiction du regroupement familial pour les réfugiés, une mesure contraire aux engagements internationaux de l’Allemagne. Avec ce coup de barre, l’AfD confirme sa particularité sur l’échiquier politique européen. « Chez nos voisins, les partis d’extrême droite se sont établis en essayant de se civiliser pour des raisons tactiques. En Allemagne, l’évolution est inverse avec l’AfD. Le parti s’est radicalisé sur sa droite et a gagné des voix », analyse Alexander Häusler, chercheur à l’université de Düsseldorf. Depuis son échec à la présidentielle de 2017, Marine Le Pen a ainsi tourné le dos au Frexit et à la revendication d’un retour au franc. En Italie, Matteo Salvini cherche à replacer sa Ligue au sein de la droite traditionnelle. Avec le positionnement retenu, l’AfD renforce son cantonnement à une opposition fondamentale, sans perspective d’accession au pouvoir.

 

 

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