Congrès sur la natalité en Italie : le discours musclé du Pape

Rédigé par un moine le dans Religion

Congrès sur la natalité en Italie : le discours musclé du Pape

Le 14 mai dernier, le Pape a prononcé un discours « musclé » devant un parterre de personnalités italiennes lors d’un congrès sur la natalité. Centrant son discours sur le fait que sans enfants il n’y a pas d’avenir, le Pape a invité l’humanité à prendre conscience de l’extrême danger de la culture de mort, et a appelé le monde entier à prendre courage pour choisir la vie, la famille et l’enfant qui passent avant le chiffre d’affaires.

Commentaire du discours du Pape aux États généraux de la natalité en Italie, le 14 mai 2021

Le Pape commence par donner un sondage paradoxal mais très significatif. Dans une grande partie du monde, la plupart des jeunes veulent bien avoir des enfants, mais pas plus de deux. Suivre une telle voie enfonce inexorablement et durablement les pays du monde dans l’hiver démographique particulièrement prononcé de nos jours. Continuer sur cette voie, c’est courir au suicide, car les parents mortels sont tout juste remplacés. Les papes en ont parlé depuis un siècle, mais ils n’ont pas été écoutés. L’enseignement pontifical est pourtant limpide sur cette question, mais comme pour l’évangélisation des païens, il se heurte à un refus systématique largement entretenu par des médias en grande partie au service de la culture de la mort. Les chiffres sont pourtant là pour faire réfléchir. Chaque année, dans les pays occidentaux, c’est une ville de 200 000 habitants qui disparaît rien que par l’avortement.

Le Pape ne fait pas que de dénoncer l’avortement. Il s’en prend aux États et à la société en général qui font tout pour favoriser les avortements et pas seulement du point de vue médical. Rien n’est fait au point de vue sociétal pour empêcher les avortements et euthanasies. En refusant la doctrine sociale de l’Église, les États plongent les gens dans l’inquiétude d’abord en raison du chômage et de l’incertitude de l’emploi, mais aussi du fait de la flambée des prix. À la fin du mois, il ne reste rien dans les portefeuilles. L’éducation des enfants devient de plus en plus chère et elle atteint pour beaucoup des prix inabordables. Mais il y a plus grave. C’est le mépris de l’enfant à naître. Le Pape se demande alors pourquoi et comment une femme peut avoir honte du plus beau cadeau de la vie. Notre société amorphe devrait rougir de honte et chanter le psaume 50, celui de David après son péché, car une société qui n’accueille pas la vie cesse de vivre.

Pour renverser ce courant néfaste, le Pape lance trois pistes de réflexion à partir de trois mots clés. D’abord le cadeau : l’enfant est le plus beau cadeau de la société et nous devons lui donner priorité. Mais pour cela il ne faut pas oublier que la vie est un don. En favorisant l’individualisme à outrance notre société de consommation ne considère plus que l’intérêt consumériste ne servant que les riches. Les pauvres se multiplient, les enfants sont tués. Qu’importe pour beaucoup, qui ne pensent qu’à leur confort. Se multiplie l’indifférence qui nuit à la solidarité. Avec le Pape demandons-nous quel est le véritable trésor : l’enfant ou l’argent et choisissons la vie. Le deuxième mot choisi par le Pape est la durabilité qui porte notre attention sur la famille. Le XXe siècle a connu deux guerres et le redémarrage s’est toujours fait par un baby boom. Fin aux idées à courte vue ; regardons loin ! Misons avec Marie vierge et mère sur l’enfant à naître. Il faut pour cela (c’est le troisième mot) créer une solidarité structurelle qui dépasse la simple générosité individuelle et passagère, car nous ne pouvons rester dans le domaine de l’urgence et du provisoire. Il faut soutenir structurellement la famille par tous les moyens possibles de la natalité au sport, de l’économie à la culture.

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