Qui est Celui que nous avons reçu à la Pentecôte ?

Rédigé par un moine le dans Religion

Qui est Celui que nous avons reçu à la Pentecôte ?

Dans son sermon pour la messe de Pentecôte, le Pape a souhaité s'arrêter sur le thème un peu mystérieux de "Paraclet". Que signifie-t-il ? Des multiples facettes du Saint-Esprit, le Pape a particulièrement mis en avant celle du "consolateur".

 

Les grandes fêtes chrétiennes ont une origine juive, le Christ lui-même n’étant pas venu abolir mais accomplir. La Pentecôte ou Shavuot, se célébrait sept semaines après la Pâque, d’où son autre nom de « fête des semaines » : elle était la fête des prémices de la récolte et donnait lieu à des sacrifices exceptionnels. La fête était célébrée en général à l’époque de la moisson, les Juifs y lisaient le livre de Ruth. D’origine agricole, la Pentecôte commémorait aussi le don de la Loi au Sinaï. Les chrétiens célèbrent quant à eux le don de l’Esprit Saint, don du mystère pascal du Christ.

En effet, ce don avait été annoncé à quatre reprises lors du discours d’adieu du Seigneur, le Jeudi saint. Cette annonce tourne autour de deux mots commentés par le Pape : l’Esprit Saint est consolateur et avocat. À y regarder de près, le début du discours d’adieu n’avait pas de quoi réjouir les disciples. Jésus annonçait deux trahisons ainsi que son départ qui devait être suivi de persécutions et de malheurs. Même si Jésus s’était montré rempli de tendresse, d’amour et de bonté, il n’avait pas caché la solitude qui l’attendait ni les difficultés que rencontreraient ses disciples. Jésus en profite, malgré l’hostilité du monde, pour rassurer ses disciples, en leur livrant plus à fond la révélation plénière sur le don du Saint-Esprit. Il commence par rappeler qu’il est bon qu’il parte et même que son départ est absolument nécessaire car, sans ce départ, les disciples ne connaîtront pas cette présence intime de l’Esprit Saint. Le don de l’Esprit dépend de la glorification de Jésus et par conséquent de son départ. Jésus développe ici sa pensée déjà formulée auparavant, en décrivant l’œuvre de l’Esprit Saint, qui confondra le monde en matière de péché, de justice et de jugement.

L’Esprit Saint est d’abord un consolateur. La séquence de la Messe le nomme « consolateur souverain », c’est-à-dire le meilleur qui soit. Les consolations mondaines sont souvent anesthésiantes, car elles ne donnent qu’un soulagement momentané ne soignant jamais le mal véritable. Elles détournent et distraient, sans jamais guérir à la racine. Leur action reste toujours superficielle n’atteignant que les sens et l’affection, sans atteindre le cœur et l’âme profonde de l’homme. Le Saint-Esprit par contre agit au plus profond de notre âme, étant la tendresse et la miséricorde même de Dieu. Jésus avait bien raison quand il disait qu’il ne nous laisserait pas orphelins. Comme le dit saint Bonaventure cité par le Pape, le Saint-Esprit console mais sans nous flatter ni nous plaindre, ce qui par contre est le propre du diable qui par ce moyen augmente notre orgueil ou du moins notre vanité. Le diable se moque de nous car il ne cherche qu’à nous perdre. L’Esprit Saint lui cherche toujours à nous relever. Pour comprendre cela, pensons aux Apôtres terrorisés et peureux avant la Pentecôte, puis témoignant sans peur du Christ ressuscité au péril de leur vie. Nous aussi sommes appelés à témoigner dans l’Esprit pour convertir le monde. La mission ad gentes est plus que jamais actuelle. Et nous serons témoins en devenant proches de nos frères que nous consolerons à notre tour.

L’Esprit Saint est aussi notre avocat, en ce sens qu’il est toujours à nos côtés, nous défendant contre les agissements du mal et les mauvaises pensées et nous inspirant de vraies et bonnes paroles et actions et non pas de mauvaises suggérées par le père du mensonge. Demandons à Marie, épouse de l’Esprit Saint, que le Paraclet nous console et fasse de nous des missionnaires de sa consolation et des témoins de l’amour de Dieu.

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