L’élection présidentielle iranienne va-t-elle influencer la vie des chrétiens dans ce pays?

Rédigé par Théophane le dans International

L’élection présidentielle iranienne va-t-elle influencer la vie des chrétiens dans ce pays?

Arrivée d’Ebrahim Raissi à la présidence de la république islamique d’Iran. Persécutions des anciens musulmans convertis au christianisme. Embargo en vigueur sur l’Iran depuis plus de 40 ans. Au milieu de ces troubles, comment les chrétiens arrivent-ils à vivre leur foi ?

 

Le 18 juin dernier, les Iraniens ont eu la possibilité de choisir entre sept candidats, eux-mêmes choisis par le guide de la Révolution Ali Khamenei (sur près de 600 demandes de candidatures). Le candidat Ibrahim Raissi donné gagnant a remporté cette élection avec plus de 60% des voix. 

En Iran, les communautés chrétiennes, assyrienne, chaldéenne, jouissent d’un statut reconnu et protégé par le gouvernement. Celui-ci leur permet de participer à la vie publique. Ces deux communautés sont représentées par trois députés. Cependant le prosélytisme est rigoureusement interdit, et seul le persan est autorisé pour la célébration des offices. Lorsqu’il est question de convertis, la situation devient beaucoup plus délicate. En effet les conversions au christianisme sont interdites par la république islamiste. Différentes ONG ont même critiqué le gouvernement iranien pour sa répression brutale à l’encontre des convertis chrétiens et autres minorités religieuses. 

L’élection présidentielle a été marquée par le plus bas taux de participation depuis 1979 (aux alentours de 50%) et remet un “dur” à la tête du gouvernement. Dans le système politique iranien une grande partie du pouvoir reste entre les mains du guide de la révolution : l’ayatollah Khamenei. C’est pourquoi l’intolérance d’un clergé musulman hautain et la concentration du pouvoir entre les mains d’une seule personne, conduit le peuple à manifester contre le pouvoir, ce qui a pu amener à des répressions brutales par les forces de l’ordre.

Le système laisse néanmoins entrevoir des failles de plus en plus profondes. L’Aide à l’Eglise en Détresse (AED) rapporte dans son article IRAN : 40 après, la Révolution continue (https://aed-france.org/iran-40-ans-apres-la-revolution-continue/) que le nombre de conversion au christianisme ne cesse de croître. En parallèle, le phénomène de rejet par les jeunes de la gestion politique, est marquant. Au fond, les Iraniens veulent “un emploi et du pain”, comme le dit Mgr Ramzi Garmou, archevêque de l'Église chaldéenne iranienne. Il assure également que ses fidèles ne se soucient guère du nombre qu’ils représentent. Témoigner simplement de leur foi par leurs actes, voilà leur véritable force. 

La vie des chrétiens assyriens et chaldéens n’est pas directement menacée par l’arrivée du conservateur Raissi, puisqu’ils sont relativement respectés par les autorités religieuses du pays. Pour autant, leurs libertés restent encore limitées en comparaison de celles des iraniens musulmans. Pour les autres minorités religieuses, celles qui n’ont pas la chance d’avoir un député qui les représente, la situation actuelle déjà très compliquée ne risque pas de s’améliorer. Le rassemblement de beaucoup d’iraniens, souvent bien différents, autour d’une colère commune envers le système actuel constitue pour beaucoup une lueur d’espoir.

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