Au quotidien n° 244 : l’esclavage, fondement de notre société ? Elle et lui débattent…

Rédigé par la rédaction le dans Politique/Société

Au quotidien n° 244 : l’esclavage, fondement de notre société ? Elle et lui débattent…

 

Elle, c’est la journaliste Rokayia Diallo, figure de la mouvance indigéniste. Lui, c’est Mathieu Bock-Côté qui vient de publier La Révolution racialiste et autres virus idéologiques (Presses de la cité). L’Express (2 septembre 2021) les a réunis pour un dialogue qui ressemble à deux monologues. Le plus intéressant se trouve presque du côté du vocabulaire utilisé par le journaliste de L’Express, révélateur de la pénétration des idées woke.

Les populations ultramarines auraient-elles moins d’importance que les populations hexagonales ? En outre, la manière dont la figure des Blancs et des Noirs a été conçue – cette fameuse racialisation du monde qui fait si peur aujourd’hui – est intimement liée à la traite, et ses conséquences sont encore visibles. La figure actuelle du Noir est largement influencée par tous les préjugés forgés à l’époque.

M. B.-C. Autrement dit, quelle que soit la réalité historique et des temps présents, il nous faudrait voir le monde en noir et blanc ?

R. D. De quelle réalité parlez-vous ?

M. B.-C. Sous la pression et l’intimidation idéologique de la mouvance indigéniste, il existe aujourd’hui, dans certaines franges non négligeables des populations issues de l’immigration, une mémoire fantasmée, qui consiste à se réapproprier le passé de manière militante sous le vernis de l’expertise universitaire, pour faire le procès de l’identité nationale en prétendant dévoiler ses sombres pages et supposément cachées. R. D. Quel est le rapport avec ce que je viens de dire ?

M. B.-C. Vous soutenez que la figure du Noir est « codée » racialement par cet héritage, et donc que nos sociétés seraient structurées racialement depuis des siècles. C’est faux. La remontée à la surface des identités raciales s’explique fondamentalement par un effacement de la culture et de la nation.

R. D. Le problème n’est pas de s’approprier une mémoire qui n’est pas la sienne, mais de reconnaître que les sociétés occidentales ont été fondées sur des inégalités dont on constate encore aujourd’hui l’héritage. Vous parlez de « sociétés d’accueil », mais ce n’est pas parce qu’on est Noir qu’on est forcément immigré ! De nombreuses populations noires en France n’ont pas été « accueillies », elles sont présentes dans l’Hexagone depuis des siècles.

M. B.-C. Certes. Mais vous ne pouvez nier la réalité de l’immigration massive, qui a transformé radicalement les sociétés occidentales depuis cinquante ans, et qui dépassait largement leur capacité d’intégration.

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