Ordinations diaconales et sous-diaconales à Florence : entretien avec Mgr Wach de l'Institut du Christ-Roi

Rédigé par Philippe Maxence le dans Religion

Ordinations diaconales et sous-diaconales à Florence : entretien avec Mgr Wach de l'Institut du Christ-Roi

Ce mardi 14 septembre, en la fête de l'Exaltation de la Sainte-Croix, Monseigneur Giovannetti, évêque émérite de Fiesole (Italie), a procédé à Florence à l'ordination de quatre diacres (trois Français et un Portugais) et de quatre sous-diacres (deux Anglais et deux Américains) pour l'Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre (ICRSP). Mgr Gilles Wach, fondateur et prieur général de cet institut, a bien voulu répondre à nos questions sur cet événement et la signification liturgique de cette belle cérémonie.

Monseigneur, plusieurs ordinations diaconales et sous-diaconales viennent d’avoir lieu pour l’Institut du Christ-Roi à Florence. Quel est votre sentiment devant l’engagement de ces jeunes hommes ?

Tout d’abord je rends grâces à la divine Providence de nous envoyer de nombreuses vocations pour servir Dieu et son Église. Je suis également impressionné et reconnaissant devant la réponse de ces jeunes lévites et des engagements graves, sérieux qu’ils prennent devant Dieu et son Église. Notre monde est si matérialiste et si anti-chrétien qu’il faut du courage pour répondre à l’appel du Seigneur aujourd’hui, et de plus, l’Église est aussi envahie par un naturalisme qui semble dominer la spiritualité et la pastorale. L’ouvrage théologique du cardinal Siri Gethsémani (Téqui) est un antidote contre tous ces négationnistes de la grâce, nous l’étudions à Gricigliano.

Qui a procédé à ces ordinations en l’absence du cardinal Burke en convalescence ?

C’est Son Excellence Monseigneur Giovannetti, évêque émérite de Fiesole, qui a célébré ces ordinations. Il nous connaît depuis trente ans maintenant, et est venu dernièrement encore à Gricigliano pour célébrer pontificalement et prêcher à l’occasion de notre Chapitre général. Ses prédications sont toujours d’une grande paternité et spiritualité. À mes yeux, il représente bien l’épiscopat italien des décennies précédentes qui était de grande qualité et même de grande sainteté, comme le cardinal Elia Dalla Costa, archevêque de Florence, dont le procès de béatification est en cours. Monseigneur Giovannetti a bien connu, et recevait en son évêché, l’évêque de ma formation sacerdotale et de mes premières années de sacerdoce : le cardinal Siri. Je rends grâces au Ciel d’avoir connu ces grands serviteurs de l’Église, ces authentiques successeurs des apôtres, et me réjouis de voir que les nouvelles générations peuvent bénéficier de leur sagesse. En effet, la plupart ont été formés à l’école romaine où saint Thomas d’Aquin était le maître, et dont le dernier concile du Vatican a rappelé son importance dans la formation. Il est beau de voir aussi leur grande bonté, leur grande simplicité dans les rapports humains et leur dignité nécessaire au caractère épiscopal dont ils sont les dépositaires.

Dans la même lignée de ces grands, je vous donnerai des nouvelles du cardinal Burke. Sa santé s’améliore, il se repose, et ainsi prépare son retour à Rome. Continuons de bien prier pour lui.

Que signifie exactement le diaconat et le sous-diaconat dans le rit traditionnel ?

Dans le rit traditionnel, les ordres mineurs (ostiariat, lectorat, exorcisat et acolytat) et les ordres majeurs sont des étapes, des degrés préparatoires au sacerdoce. Chacun de ces ordres configure un peu plus le candidat au sacerdoce au Christ Souverain Prêtre et confère un pouvoir sacerdotal, essentiellement cultuel concernant le saint mystère de la messe. Pour prendre une image, chaque ordre mineur ou majeur est une marche à monter pour accéder au sacerdoce.

Dans le rit traditionnel, il y a donc six degrés préparatoires au sacerdoce, ce qui est une très grande richesse. Ces diverses étapes soulignent la grandeur et la dignité de la prêtrise puisqu’il faut passer par chacune d’elle pour atteindre le sacerdoce. De plus, elles permettent de donner du temps, aussi bien à l’Église qu’aux clercs, pour discerner sérieusement s’il y a appel du Seigneur, ou non, à la plus belle, mais plus exigeante, des vocations.

Le rite d’ordination, ainsi que les fonctions liturgiques des diacres et sous-diacres, nous renseignent sur la signification de ces ordres sacrés.

Le sous-diacre incarne bien, me semble-t-il, le serviteur. En effet, le mot diacre vient du grec « δι?κονος, diákonos » qui signifie « serviteur ». Serviteur de Dieu bien entendu, mais aussi serviteur de l’Église et des âmes. Durant la messe, le sous-diacre assiste le diacre et symbolise l’Ancien Testament, alors que le diacre symbolise le Nouveau Testament. C’est pour cette raison que le sous-diacre se voile le visage à partir de l’offertoire, pour montrer que l’ancienne Loi n’était que la préfiguration de la Loi évangélique, et qu’elle ne jouissait donc pas encore de la pleine lumière de la Révélation.

Enfin, c’est au sous-diaconat que, selon l’ancienne discipline de l’Église, l’engagement à la récitation de l’Office divin et au célibat était pris.

Le diaconat est l’ultime degré avant le sacerdoce. Le diacre, à l’autel, assiste directement le prêtre. De plus, il peut distribuer la sainte communion, prêcher, baptiser et recevoir l’échange des consentements lors du mariage.

Ces nouveaux diacres et sous-diacres partent-ils maintenant en apostolat ?

Ces nouveaux ordonnés, excepté l’un d’eux, resteront au séminaire pour poursuivre leur formation. Généralement l’une de leurs années de formation, souvent celle qui sépare la philosophie de la théologie, est consacrée à l’apostolat pour aider nos chanoines. Nos chanoines sont en effet très heureux lorsqu’un séminariste ou un diacre peut les seconder dans leur ministère. Les diacres peuvent prêcher, porter la communion aux malades, et surtout exercer leur fonction liturgique lors des cérémonies solennelles. Certains séminaristes aident également dans nos nombreuses écoles et dans nos missions en Afrique.

Pour finir, comment s’est passé la rentrée au séminaire de Gricigliano ? (combien de séminaristes ?)

Je viens de terminer de prêcher la retraite à nos vingt-six nouveaux séminaristes. Je sais également que de nombreux candidats, c’est-à-dire des futurs séminaristes, ont également rejoint nos apostolats aux États-Unis, en Angleterre ou en Allemagne en vue de se préparer à la rentrée de septembre 2022. Les supérieurs du séminaire et le corps professoral sont heureux de commencer cette nouvelle année pour former, soutenir et aider ces jeunes lévites qui viennent de tous les horizons, aussi bien géographiques que sociaux. Je les ai tous reçus personnellement et suis touché de voir que le Seigneur, même en ces temps difficiles, se réserve de belles âmes pour servir l’Église.

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