Pour nous, qui est Jésus ?

Rédigé par un moine de Triors le dans Religion

Pour nous, qui est Jésus ?

L’homélie de la messe du 12 septembre 2021 à Budapest pour la clôture du congrès eucharistique mondial.

La fête du Saint Nom de Marie fut instaurée par Innocent XI à la suite de la bataille de Vienne et la victoire miraculeuse sur les Turcs par le roi polonais Jean III Sobieski. En cette fête, cachée cette année par le dimanche, le Pape a clôturé le congrès eucharistique mondial de Budapest, ville dans laquelle s’était tenu le même congrès eucharistique mondial en 1938. À l’époque, Pie XII avait envoyé un légat pontifical et donné sa bénédiction urbi et orbi de Rome. Le même jour en Pologne était béatifié le cardinal Stefan Wyszynski figure de proue de l’Église polonaise, spécialement pour sa lutte contre le communisme. Toute sa vie, il avait donné la bonne réponse à la question de Jésus à ses Apôtres : « Pour vous, qui dites-vous que je suis ? »

Cette question posée par le Pape dans son homélie est en fait une question fondamentale pour tous. Nous devons nous la poser souvent. Pour moi qui est Jésus ? De la réponse que nous donnerons à cette question, dépend la qualité de notre vie entière. Oui, le Seigneur pose cette question à chacun de nous. Si nous devons certes y répondre par la réponse de la foi et du catéchisme : « Jésus est le Fils de Dieu consubstantiel au Père et à l’Esprit Saint », cette réponse ne suffirait pourtant pas si elle ne devenait pas personnelle et entrait vraiment dans notre vie. Les autres doivent pouvoir voir que je suis chrétien et que je vis en conformité avec ma foi. Une réponse hypocrite, simplement formulée mais contredite dans nos attitudes, serait pire que tout. N’oublions jamais que c’est de notre réponse personnelle que naîtra notre vocation de chrétien et de disciple du Christ. Cette réponse sera donnée comme pour les Apôtres à travers trois moments clés. En premier lieu l’annonce de Jésus. Pierre a répondu en tant que chef du collège apostolique : « Tu es le Christ ». C’est la version selon saint Marc. À propos du deuxième évangile les exégètes parlent de « secret messianique ». De fait, après la réponse de Pierre, Jésus ordonne « de ne parler de lui à personne ». Pourquoi une interdiction aussi drastique ? En saint Marc la réponse de Pierre est en un certain sens incomplète. Affirmer la messianité de Jésus ne suffit pas, car il y a des fausses messianités. Jésus lui-même nous a mis en garde. Il faut juger non selon les hommes mais selon Dieu. Jésus commence, à partir de ce moment, à révéler son identité pascale annonçant la Croix et l’Eucharistie. Sa mission passe par l’humiliation de la croix, selon la sagesse de Dieu, et non selon celle du monde.

Le deuxième enseignement est le discernement avec Jésus. La réaction de Pierre est typiquement humaine. Quand la croix est proposée, l’homme se rebelle. Après avoir confessé la messianité de Jésus, Pierre se scandalise des paroles du Maître, tentant même de le dissuader d’avancer sur cette voie crucifiante et pour lui scandaleuse. Tirons-en la leçon ! Sachons retrouver Jésus sur la Croix et dans le Sacrement de son amour crucifié. Consacrons du temps à l’adoration, en laissant Jésus eucharistique guérir nos fermetures, rigidités et repliement sur nous-mêmes. Qu’il nous conduise là où il veut et non comme Pierre là où nous voulons.

Enfin marchons comme Pierre repenti avec Jésus. Avec Marie sa Mère qui à Cana annonçait le sacrifice eucharistique, allons de l’avant dans la vie avec la confiance des fils aimés de Dieu, pour parcourir la même voie que Jésus le Maître venu pour servir et non pour être servi. Marchons derrière Jésus pour marcher chaque jour à la rencontre de nos frères. L’Eucharistie sacrement de l’unité, nous y pousse et nous en donne la grâce.

 

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