Attendre en silence le salut de Dieu

Rédigé par un moine de Triors le dans Religion

Attendre en silence le salut de Dieu
Job sur son lit de douleur témoigne de la miséricorde de Dieu

Traditionnellement, le mois de novembre est consacré aux défunts et plus précisément aux âmes du purgatoire. Même s’il n’est pas à la mode, le purgatoire est une réalité de foi. Paul VI, dans son extraordinaire profession de foi déclarait solennellement : « Nous croyons que les âmes de tous ceux qui meurent dans la grâce du Christ, soit qu'elles aient encore à être purifiées au purgatoire, soit que dès l'instant où elles quittent leur corps Jésus les prenne au paradis comme Il a fait pour le bon larron, sont le peuple de Dieu dans l'au-delà de la mort, laquelle sera définitivement vaincue le jour de la résurrection où ces âmes seront réunies à leur corps. »

Comme à son habitude, le Pape, dans son homélie de la messe à l'intention des caridnaux et évêques défunts le 4 novembre dernier, commente les textes scripturaires et en premier lieu le texte des Lamentations de Jérémie : « Il est bon d’attendre en silence le salut de Yahvé. » Oui, c’est tout un art que d’attendre le Seigneur ! L’attendre avec douceur, avec confiance, en chassant les fantômes, les fanatismes, les peurs et les angoisses pourtant fort compréhensibles en raison de notre misère foncière. Il faut savoir bannir clameurs et jérémiades. Il faut toujours comprendre la souffrance des autres, ainsi que la sienne, en la replaçant dans le cadre de Providence divine qui ne se trompe jamais. Cela réclame le silence, et donc l’éloignement du vacarme du siècle. Dans les moments d’épreuve surtout, il faut savoir garder ce précieux silence chargé d’espérance. C’est ainsi que nous nous préparerons à la dernière et plus grande épreuve de la vie : la mort. Dans le silence, bien vivre pour bien mourir, telle est la meilleure éducation à la mort. Mais auparavant, il y a les épreuves du moment, les épreuves de ce terrible quotidien dont parlait Pie XI. Et il y aura toujours la Croix que nous portons à présent, et pour laquelle nous demandons au Seigneur la grâce de savoir attendre, là précisément, son salut qui vient.

Les difficultés, les épreuves et même les tentations sont destinées à nous faire grandir spirituellement. Mais nous devons toujours être sur nos gardes, car si Dieu est toujours à nos côtés, le diable est là aussi avec ses tentations. Et alors, sans les vertus théologales et surtout sans l’espérance, nous risquons de tomber dans le découragement, voire dans le désespoir. De toute façon, irritations et impatiences nous guettent dans de tels moments. Ne cédons pas non plus au pessimisme et à la tentation de voir tout en noir. Sainte Thérèse d’Avila nous dirait : « Solos Dios basta. Dieu seul suffit ». Au fond de l’abîme angoissant, comme le poète pleurant sur Jérusalem détruite ou comme Jonas au fond de sa baleine ou encore comme Job sur son fumier, Dieu nous attend et il nous sauve si nous lui tendons la main. Ne désespérons jamais. Dieu est miséricordieux, même s’il n’est pas bonasse. Que Marie, la Reine des Martyrs et la Vierge aux sept douleurs, nous fasse comprendre qu’au milieu de la douleur, au milieu des ténèbres les plus épaisses, Dieu est présent, si du moins nous n’éteignons pas volontairement la petite mèche de l’espérance qui brûle encore en nous. Qu’elle nous fasse comprendre que le passage à travers l’épreuve, à travers la souffrance la plus douloureuse, s’il est vécu dans la chaleur des trois vertus théologales, malgré sa dureté et les larmes qu’il nous fait verser, ouvre vers la véritable vie, vers la lumière éternelle qui brillera à tout jamais. Qu’elle nous fasse enfin comprendre qu’il faut savoir regarder au-delà des ténèbres, pour voir que Dieu a toujours été à nos côtés, même quand on ne le voyait pas, pour nous sauver. Qu’« il est bon d’attendre en silence le salut de Yahvé. »

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