Entretien avec l'Abbé Mateusz Markiewicz - secrétaire général de l'Institut du Bon Pasteur

Rédigé par La Rédaction le dans Religion

Entretien avec l'Abbé Mateusz Markiewicz - secrétaire général de l'Institut du Bon Pasteur
Le Motu Proprio Traditionis Custodes, publié le 16 juillet 2021 par le Pape François, restreint fortement l'usage de la liturgie traditionnelle pourtant au coeur de nombreuses communautés bien vivantes en France. Qui sont ces communautés et quelle est leur histoire ? C'est ce que nous vous proposons de découvrir tout au long de ces prochaines semaines.
A l'occasion du 15ème anniversaire de la fondation de l'Institut du Bon Pasteur, son secrétaire général, l'Abbé Mateusz Markiewizc a bien voulu répondre à nos questions.
 
 

- Cette année marque les 15 ans de la création de l'Institut du Bon Pasteur. Dans quel contexte avez-vous été créé, et quelle était la volonté des fondateurs ?

Notre institut a effectivement été fondé en 2006, par cinq anciens prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Leur volonté était de montrer qu’il est possible de rester dans l’Église, soumis aux autorités romaines, tout en gardant les caractéristiques propres du mouvement traditionnel. D’une part par rapport à l’usage exclusif de la liturgie traditionnelle, et d’autre part, en gardant la possibilité d’exprimer librement et en tout respect ce qui nous semble difficile à accepter dans l’enseignement récent des autorités ecclésiastiques et surtout dans le Concile Vatican II et ce qui l’a suivi. Cette initiative a été acceptée par le Saint-Siège, qui nous a reconnus tels quels il y a déjà 15 ans. Le pape de l’époque, Benoit XVI, a été d’un grand soutien.

                               

Les fondateurs de l'institut du Bon Pasteur, autour du préfet de la Congrégation pour le Clergé, le Cardinal Dario Castrillón Hoyos, en 2006.

- Quel est votre rayonnement aujourd'hui ?

Notre Institut, qui a débuté avec 5 prêtres, en compte aujourd’hui plus d’une quarantaine, ainsi qu’un nombre important de séminaristes, formés à Courtalain, au sud de Chartres. D’une fondation française, l’Institut est devenu en 15 ans une œuvre présente sur quatre continents et dans huit pays. En France, nous sommes implantés dans une dizaine d’endroits, avec des centres importants à Bordeaux, Courtalain et Paris. Nos prêtres desservent différents types d’apostolats, mais actuellement, ils exercent pour beaucoup un apostolat dominical, qui pourrait bien sûr être développé si on leur en donnait l’opportunité.

 

- Vos apostolats s'enracinent dans la liturgie tridentine, avez-vous beaucoup de fidèles et quel profil ont-ils ?

En France, pour l’instant, nous ne desservons qu’une seule paroisse personnelle. Mais nous pouvons affirmer que partout où on nous laisse agir comme dans une paroisse, nos apostolats sont fréquentés non seulement par des familles et des jeunes, mais aussi des célibataires, des convertis, des personnes qui retrouvent la pratique de la foi. C’est tout un univers de fidèles qu’il n’est pas possible d’étiqueter, car tous sont différents. Preuve, par ailleurs, que la liturgie traditionnelle attire des personnes très différentes. Nous avons régulièrement des baptêmes, y compris des baptêmes d’adultes. La transmission de la foi catholique au sein de nos communautés n’est pas seulement faite par le biais des familles, mais aussi par l’activité très missionnaire des fidèles, qui n’hésitent pas à en attirer d’autres vers Jésus et son Église.

 

- Quelles sont les relations entretenues entre votre communauté et les évêques et leur diocèse ?

Nos relations avec les évêques sont bonnes et elles se développent surtout là où nous sommes présents depuis un bon moment et où une connaissance vraiment personnelle a pu naître. Je pense que grâce aux efforts de nos prêtres et des fidèles dont ils s’occupent, on arrive petit à petit à surmonter la méfiance initiale, qui pouvait exister. Nous sommes dans ce moment de l’histoire de l’Église, où il est de plus en plus évident que l’Église non seulement ne peut plus ignorer les fidèles attachés à la messe traditionnelle, mais qu’elle en a aussi besoin pour sa mission.

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