Au quotidien n°299 : la sécularisation et l'effet papillon…

Rédigé par la rédaction le dans Politique/Société

Au quotidien n°299 : la sécularisation et l'effet papillon…

L’Église catholique est-elle la seule à se trouver toucher par un profond mouvement de sécularisation ? L’éditorial d’Olivier Delacrétaz dans La Nation (19 novembre 2021), journal de la Ligue vaudoise, montre que les confessions protestantes subissent également le même assaut. Et que la réponse est là aussi.

Le langage courant du monde actuel est celui des techniciens, des gestionnaires et des statisticiens. C’est un langage froid, utilitaire, rationaliste et individualisant. Dans la pensée dure et terre-à-terre qu’il impose à ses utilisateurs, pas de place pour des notions comme la Résurrection, le Salut, la Trinité ou le Péché originel! Pas de place pour la communauté, la confiance, le service ou le sacrifice! Pas de place pour l’Eglise «corps du Christ»! La foi se voit progressivement évacuée du monde, reléguée au rang d’une bizarrerie vieillotte offensant tant la logique que l’expérience. Et l’Eglise se sent expulsée du terrain missionnaire. Comment réagir?

La réponse la plus facile, à court terme, est d’adopter la pensée et le discours modernes, si impropres soient-ils à la prédication, dans l’idée de se rapprocher des incroyants et des indifférents. En donnant l’image d’une Eglise proche de leur quotidien, on espère être aimé d’eux et les ramener à la maison.

C’est dans cet esprit que le Conseil synodal de l’Eglise évangélique réformée du Canton de Vaud a édité un papillon proposant un accompagnement entièrement laïque aux familles non-croyantes frappées par un deuil.

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Ils peuvent sans doute évoquer l’apôtre Paul, qui se fait lui aussi tout à tous, afin d’en sauver à tout prix quelques-uns3. Mais l’apôtre reste un ministre du Christ et ne manque jamais de le faire savoir sur tous les tons, à temps et à contretemps.

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On croit qu’on va infiltrer le monde, et c’est le monde qui nous envahit. De fait, l’Eglise elle-même court un risque majeur à se distancer du message explicite de la foi. Car seul ce message, proclamé avec netteté, la protège contre son éternelle tentation de s’identifier au monde, que ce soit pour le dominer ou pour s’y dissoudre.

Accordons-nous trop d’importance à une affaire marginale? Le même esprit de sécularisation a déjà touché les projets de nouveau catéchisme. Il est donc légitime de craindre qu’emporté par cet «effet papillon» d’un nouveau genre, le Conseil synodal ne concocte d’autres cérémonies light, mariage, baptême, confirmation, communion.

 

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