Au quotidien n°300 : l’offensive woke au sein de l’école

Rédigé par la rédaction le dans Politique/Société

Au quotidien n°300 : l’offensive woke au sein de l’école

Deux universitaires détaillent dans le Figaro (30 novembre 2021) comment l’Éducation nationale prépare concrétement les jeunes esprits à intégrer les théories de la culture de l’effacement et de la remise en cause des données d’ordre naturel.

Parents, enseignants, citoyens : nous sommes tous concernés par ce qui se passe à l’université, car c’est le lieu où se construit l’école, de la maternelle au lycée. On y instruit et on y recrute les professeurs de demain. De la cartographie actuelle des savoirs universitaires dépendront les matières enseignées à nos enfants dans les prochaines années. Quand des laboratoires universitaires décident de ne voir le monde qu’au prisme du genre, de la race et de la classe, ils entendent peser lourdement sur la formation des maîtres, en infléchissant les programmes scolaires.

Avant même de permettre à l’élève de « comprendre le fonctionnement de la langue », selon la formule du programme de l’école élémentaire, certains pédagogues mettent l’enfant en garde contre un soi-disant « sexisme du langage » qu’il faudrait déconstruire en réinventant la grammaire. Cette prétendue émancipation manque son but, car elle l’empêche d’acquérir, avec la maîtrise du français, les moyens de son autonomie. Avant même que l’élève ne puisse « construire des repères historiques » et « se repérer dans le temps », selon les termes du programme officiel, les mêmes militants projettent sur le passé leurs revendications présentes : ils calculent le pourcentage de femmes « autrices » dans les programmes, la part des « représentants des minorités » étudiés en cours d’histoire. Ces préoccupations anachroniques s’apparentent parfois à la « cancel culture », et coupent les élèves des sources de la langue et de la culture.

Canopé, l’éditeur officiel des ressources pédagogiques de l’Éducation nationale, en présente des exemples. Pour « maîtriser le vocabulaire lié aux identités de genre » et faire « connaître les préfixes d’origine grecque ou latine et en comprendre l’importance dans le vocabulaire français », Canopé propose à l’élève de collège l’exercice suivant : « Recherche l’étymologie et la signification des préfixes “hétéro”, “homo”, “trans”, “cis”, “inter” et “bi” » (« Éducation et LGBTI+. Propositions d’activités pédagogiques pour le collège »).

Un autre exercice consiste à repérer des « stéréotypes » dans une image. Le corrigé précise que « les stéréotypes à repérer sont : les couples hétérosexuels ; la mariée en blanc dont la petite fille tient la traîne, suggérant une filiation ; l’idée que son destin est également de se marier, d’où la présence du petit garçon en costume comme le marié ; la mère qui pleure, les femmes seraient ainsi plus “sensibles et émotives” »…

Canopé propose également des formations continues pour enseignants, pour leur apprendre notamment à « défaire la norme cisgenre », c’est-à-dire à utiliser les « outils de la pédagogie critique de la norme » pour repérer les « manifestations de la cisnormativité en milieu scolaire, du contenu des enseignements aux interactions quotidiennes », ce qui leur permettra de « travailler sur la cisnormativité avec leurs élèves ».

(…)

On le voit, l’école est le lieu d’une guerre d’influence. La solution se trouve naturellement dans le renforcement des disciplines fondamentales : langue, histoire et littérature, mathématiques, sciences de la nature. Ce sont elles qui, depuis très longtemps, ont ouvert les esprits des écoliers de la République de toute condition et de toute origine et leur ont permis de s’extraire des fatalités auxquelles les communautarismes entendent aujourd’hui les condamner. Or, pendant que Jean-Michel Blanquer tient des propos fermes contre l’idéologie woke, elle progresse dans les services de son propre ministère.

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