Ecouter avec l’oreille du cœur

Rédigé par un moine de Triors le dans Religion

Ecouter avec l’oreille du cœur

Dans son message commémorant la 56ème journée mondiale des communications sociales le 22 janvier dernier, le Pape nous demander d’écouter : Dieu d’abord ; le prochain ensuite.

Pour écouter Dieu, il faut que règne en nous et aussi dans nos interlocuteurs un peu de calme, de tranquillité. Nous devons nous tenir éloignés de toute excitation ou nervosité menaçante, être nous-mêmes, seulement nous, rentrés en nous-mêmes ! Par conséquent le rendez-vous de l’écoute n’est pas en dehors, mais en nous-mêmes.

Écouter avec l’oreille du cœur, tel est le premier point de ce message et le thème principal. De fait, l’écoute n’est pas seulement le sens d’une perception acoustique, mais elle est essentiellement liée à la relation de dialogue : dialogue entre Dieu et l’humanité en premier lieu (Shema Israël) ; et ensuite entre les divers membres de la société humaine.

Pour bien écouter, nous devons nous rappeler le sens biblique du terme qui comprend plusieurs composantes. L’initiative revient à Dieu qui nous parle et à qui nous répondons en l’écoutant. L’écoute répond au style humble de Dieu. L’écoute biblique assume toutes les vertus qui doivent nous permettre de pratiquer les commandements et tout ce que nous avons entendu l’Esprit Saint nous suggérer. On remarquera qu’écoute, en latin auditio, a la même racine que obéir (obaudire). Celui qui écoute est celui qui a semé le bon grain dans la bonne terre pour récolter au centuple. Mais l’homme a tendance à se boucher les oreilles pour ne pas avoir à écouter. Et ce refus d’écouter finit souvent par devenir une agression envers l’autre, comme cela arriva aux auditeurs du diacre Étienne. L’écoute est au fond une dimension de l’amour. Jésus appelle donc ses disciples à vérifier la qualité de leur écoute.

En second lieu, le Pape analyse l’écoute comme condition indispensable de la bonne compréhension d’autrui. Il existe un usage de l’ouïe qui n’est pas une véritable écoute, mais son contraire : écouter en secret. C’est la tentation actuelle, à l’ère du Web, d’écouter pour espionner, instrumentalisant ainsi les autres à notre profit. Au contraire, ce qui rend la communication bonne et pleinement humaine, c’est précisément l’écoute de la personne. Mais au lieu de nous écouter les uns les autres, nous parlons dans le dos des autres. Une fois de plus le Pape condamne à juste titre le commérage, si dommageable à l’âme. Plutôt que de rechercher la vérité et le bien, nous recherchons le consensus, pour ne pas aller à contre courant et pour demeurer politiquement et socialement correct. Pourquoi affronter la difficulté de l’écoute ? Cela nous serait trop nuisible. Le cardinal Casaroli parlait du martyre de la patience, nécessaire pour écouter et se faire entendre dans les négociations avec les interlocuteurs. La capacité d’écouter est plus précieuse que jamais en cette époque de pandémie.

Enfin le Pape aborde le troisième point. : le besoin d’écouter dans l’Église. Dans l’Église, il y a un besoin urgent d’écouter et de s’écouter, mais à travers l’oreille de Dieu. Ainsi, nous pouvons redécouvrir une Église symphonique dans laquelle chacun est en mesure de chanter avec sa propre voix, tout en accueillant celle des autres comme un don, pour manifester l’harmonie de l’ensemble que l’Esprit Saint compose.

Marie la silencieuse, elle qui gardait tout dans son cœur, fut un modèle indépassable d’écoute. Notre époque a besoin de redécouvrir la fécondité du silence, pour surmonter la dissipation due aux sons, aux images, aux bavardages qui empêchent trop souvent d’entendre la voix de Dieu.

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