La conversion de Napoléon

Rédigé par Par Alexis (10 ans) et Thibault (9 ans) MERTENS le dans Récits & Poèmes

La conversion de Napoléon

Pour la cinquième année consécutive, le Concours des Jeunes Talents de L'Homme Nouveau a remporté un franc succès. Le jury avait soumis aux candidats le sujet suivant : Le 2 décembre 1804 au soir, Napoléon est au faîte de sa gloire. Venant de se couronner empereur des Français à Notre-Dame de Paris, en présence du pape Pie VII il est alors l'homme le plus puissant d'Europe. Génie, aussi bien militaire que politique, il incarne pour beaucoup la synthèse entre l’Ancien Régime et le nouvel esprit issu des Lumières. Athée, il considère alors la religion comme « l’opium du peuple ». Et si dès le lendemain, il se convertissait ? Dans notre magazine, retrouvez les textes de nos vainqueurs : l'abbé Pierre Boyer, Charbel-Étienne Olender et Émilion Bayle, illustrés par François Catar.  Nous remercions Philippe Pichot-Bravard d’avoir introduit ces textes par le rappel historique du rapport de Napoléon avec l’Église catholique. Retrouvez ci-après le texte d'Alexis et Thibault Mertens qui remportent notre prix "Jeune Espoir". 

 

Le soir du sacre, Napoléon se couche satisfait de lui. Premier consul, consul à vie puis empereur, on peut dire que son ascension est fulgurante… Et aujourd’hui, il a bien montré qu’il ne dépendait de personne en se couronnant lui-même !

Il s’endort donc paisiblement et fait un rêve. Un ange lui apparaît en songe et proclame : « Cesse de travailler à ta propre gloire, travaille pour la gloire de ton Père ! ». Le matin, Napoléon se réveille avec une étrange sensation. Ce rêve l’a troublé… c’est la première fois qu’il en fait un tel !

Après avoir réfléchi trois jours et trois nuits, Napoléon décide de retourner en Corse pour visiter le tombeau de son père. « La gloire de ton Père » se demande-t-il ? Que cela peut-il vouloir dire ? Son père est mort depuis tant d’années ! Peut-être ce voyage pourra-t-il lui apporter une réponse ?

Il part donc avec ses plus proches amis à cheval jusqu’à Marseille. En chemin, il les interroge sur la signification de son rêve mais eux aussi ne comprennent pas. Arrivés à Marseille, il les quitte et prend un bateau rapide pour atteindre Ajaccio au plus vite.

La Corse atteinte, il parvient au cimetière où est enterré son père. Le lieu est abandonné, lugubre et sauvage. Certaines tombes sont envahies par le lierre et les fougères. Sur la tombe de son père, il se recueille un long moment mais il ne se passe rien. Il part déçu de ne pas avoir la réponse à sa question.

La nuit suivante, Napoléon fait un nouveau rêve où il voit un aigle gigantesque d’une taille extraordinaire attaquant une colombe d’une blancheur éclatante. Après un combat acharné, la colombe en sort victorieuse. Napoléon se réveille en sursaut et ne parvient pas à retrouver le sommeil.

Le lendemain, il retourne sur la tombe de son père et l’interroge : « Père, je ne comprends pas ! Aide-moi ! ». Mais il n’obtient aucune réponse.

Tôt le surlendemain, il espère enfin comprendre la signification de ses rêves. Il retourne donc au cimetière. Se souvenant d’une prière apprise par sa grand-mère dans son enfance, il commence à réciter le Credo : « … Il reviendra dans la gloire… ». Gloire, gloire, c’était en fait la gloire de Dieu !

Il tombe alors à genou en demandant pardon au Seigneur d’avoir mis si longtemps à comprendre les songes qu’Il lui avait envoyés.

- « Je crois que je n’ai pas pris le bon chemin. Dites-moi ce que je dois faire, Seigneur ? » demande-t-il désespéré.

A ce moment, Orso Casablanca, un ami d’enfance, le rejoint au pied de la tombe et lui dit ces mots : « Napoléon, mon vieil ami, je suis heureux de te revoir. Notre Seigneur Dieu m’a dit te retrouver ici à cette heure. Il m’a demandé de te dire de commencer par convertir la Corse. La suite, tu la sauras en son temps ».

Napoléon parcourt alors la Corse en commençant par Ajaccio. Il marche de village en village, annonçant le Christ. Personne ne manque à son appel.

En chemin, il rencontre de nombreux amis. Il est si heureux de retrouver les souvenirs de son enfance : des pins et sapins majestueux à perte de vue, une mer couleur azur, des sommets à pic et surtout l’odeur de la Corse, reconnaissable entre toutes !

Napoléon, habitué aux fastes de son palais, est ravi de retrouver la nourriture corse simple et goûteuse : le brocciu, le figatellu, la coppa et le sanglier rôti. Pendant quelques mois, il mène ainsi une vie simple et tranquille !

Pendant ce temps, la France, affaiblie car privée d’empereur, subit des attaques de tous les pays voisins. Les ministres envoient lettre sur lettre à l’empereur et le supplient de revenir à Paris pour gérer cette situation.

Après de nombreuses supplications, Napoléon revient en France et remporte toutes les batailles. Contre l’Angleterre, il manque de se faire embrocher par un féroce combattant à l’air hargneux avec une mauvaise haleine mais il est sauvé de justesse par un de ses plus fidèles compagnons qu’il nomme ensuite général.

Revenu au pouvoir et la France en paix, Napoléon a l’idée d’organiser une croisade, comme Louis IX six siècles auparavant. Il achète des centaines de navires et part le 17 février 1810. Le voyage fut court mais ennuyeux. Malgré les quelques semaines de voyage, la nourriture s’épuisait rapidement. De plus, sur un des navires, un baril de poudre fut enflammé malencontreusement et ravagea la moitié du navire.

Après ce voyage, ils accostent enfin sur la Terre Promise. À peine arrivés, ils livrent une bataille mémorable et sanglante contre les ottomans. Ceux-ci sont supérieurs en nombre mais Napoléon élabore une stratégie permettant d’encercler l’ennemi. Et il remporte (comme d’habitude) la bataille.

Jérusalem est libre : Le tombeau du Christ fait à nouveau parti de la chrétienté !

Malheureusement, le soir même, Napoléon est capturé par les ottomans alors qu’il fête la victoire avec ses soldats, hors des murailles de Jérusalem. Il est jeté en prison et torturé pour lui faire renier sa foi. Mais Napoléon ne cède pas.

Les ottomans décident donc de l’exécuter pour faire un exemple. Le matin du 15 août 1810, il monte à l’échafaud. Avant l’exécution, il demande une dernière grâce : pouvoir faire une

ultime prière avant de mourir. Il récite alors le cantique de Syméon et meurt en disant : « Maintenant, Seigneur, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix selon ta parole ».

À ce moment-là, un rayon de lumière aveuglant transperce le ciel et une voix retentissante se fait entendre : « Bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, entre dans la joie de ton maître ! ». Beaucoup se convertirent après cela !

Victorieux mais tristes, les français rapatrient le corps de Napoléon pour l’enterrer auprès de son père.

Napoléon, empereur le plus aimé des français, fut canonisé le 8 juillet 1920 : Il est maintenant le saint patron de la Corse !

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