Jean-Paul Ier : un pasteur doux et humble, cloué sur la Croix

Rédigé par un moine de Triors le dans Religion

Jean-Paul Ier : un pasteur doux et humble, cloué sur la Croix

Si le pape François a suivi la règle établie par Benoît XVI de ne pas en principe procéder lui-même aux béatifications, il a aussi suivi son exemple pour quelques cas particuliers. Ce fut le cas pour la béatification de l’un de ses prédécesseurs ce 4 septembre, d’abord en la personne de Paul VI ; maintenant en celle de Jean-Paul Ier, que l’on a appelé à juste titre le pape du sourire et de l’humilité.

Loin d'être une parenthèse éphémère dans la vie de l'Église, ce pape, à travers une catéchèse compréhensive pour tous, a ouvert le chemin à Jean-Paul II. Il a été le précurseur, à l’exemple de Jean-Baptiste, de la voix forte qui allait prêcher à tous les hommes le Rédempteur de l'Homme. C’est ce que note d’ailleurs en substance le Pape dans son homélie, en s’appuyant sur les textes bibliques de la messe.

L’Évangile nous montre Jésus en marche déterminée vers Jérusalem, tandis que les foules font route avec lui. Pourtant, le Seigneur se garde bien de satisfaire leurs intérêts égoïstes. Au contraire, il se montre particulièrement exigeant : celui qui ne l’aime pas plus que ses proches, celui qui ne consent pas à porter avec lui sa croix, celui qui ne peut se détacher des biens terrestres pour penser d’abord aux biens éternels, celui-là ne peut être son disciple. Le Seigneur se montre un maître, mais un maître dont le discours est aux antipodes de celui des politiciens manipulateurs et calculateurs, qui ne servent que leur moi et le prince de ce monde. Au contraire, celui qui n’est que oui agit simplement, loyalement, avec dextérité mais sans ruse. Il nous sauvera, mais pas comme les soit-disant sauveurs de la dernière heure, ces politiciens qui en réalité veulent accroître leur popularité, leur puissance et leur fortune dans tous les sens du terme. Jésus agit à l’opposé et, comme Fils de Dieu, il ne peut faire autrement, car le style et les voies de Dieu ne sont pas les nôtres. Il n’instrumentalise pas nos besoins à des fins égoïstes, il n’utilise jamais nos faiblesses et nos fautes pour se grandir, en nous séduisant par une tromperie sur l’illusion d’un paradis terrestre. Jésus ne cherche pas d’abord la popularité en manipulant les chiffres et les promesses. Si quelqu’un veut suivre Jésus par intérêt personnel, il fait assurément fausse route. Jésus nous demande tout simplement de porter notre croix à sa suite. C’est ainsi que Jean-Paul Ier a suivi le Christ, en étant un pasteur doux et humble, cloué sur la Croix.

La seule couronne que nous devons envier est celle de Jésus : une couronne d’épines. Pour cela, l’humilité demeure absolument nécessaire. De nature nous nous laissons vaincre par l’orgueil et les trois concupiscences. Le Pape nous donne en exemple l’humilité de Jean-Paul Ier, pour rappeler les dangers de la mondanité : suivre le Seigneur ne signifie pas entrer dans une cour royale, ni participer à un cortège triomphal. Non, comme le dit justement dom Delatte, le char triomphal du Christ, c’est précisément sa Croix. Mais attention, nous ne pouvons entrer seul dans le cortège triomphal de la Croix. Non seulement nous devons y entrer avec Jésus, mais encore avec nos frères. Pour cela nous devons nous mettre à l’école du Crucifié qui, la veille de sa Passion, nous donna le commandement nouveau de l’amour. Ce n’est qu’en regardant le Crucifié, que nous entrerons davantage dans la connaissance de l’amour de Dieu. Que Notre Dame des douleurs, mais aussi du sourire, caractéristique de Jean-Paul Ier, nous aide à entrer dans le mystère de la Croix, qui nous permettra de comprendre le mystère de son pontificat.

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