Comprendre les enjeux du projet de loi sur la fin de vie en un coup d'oeil

Rédigé par Adélaïde Pouchol le dans Politique/Société

Comprendre les enjeux du projet de loi sur la fin de vie en un coup d'oeil

Les députés ont adopté en commission ce 18 février un projet de loi qui viendrait remplacer la loi Leonetti sur la fin de vie de 2005. Porté par les députés Jean Leonetti (UMP) et Alain Claeys (PS), ce projet de loi soulève de graves problèmes éthiques puisqu'il voudrait légaliser l'euthanasie sans le dire. 

 

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3 commentaires

Par Marc Bergerot, le

Chère Adélaïde,
Je n'ai pas eu le temps de vous répondre et je le regrette profondément lorsque je constate le nouveau grignotage mortifère du funeste tandem Clayes-Léonetti accompli aujourd'hui devant une Assemblée aux trois quarts vide ! ...
Pour répondre à votre question sur la légalité des euthanasies pratiquées en France , celle-ci ne dépend ni de votre avis ni du mien. Elle dépend de la conformité avec une loi Léonetti de 2005 suffisamment truffée d'imprécisions lorsque ce ne sont pas carrément des tromperies sémantiques délibérées ( cf les l'hydratation et l'alimentation assimilés à des" traitements") pour permettre toutes les interprétations propices à une démarche euthanasique qui bien sûr ne dit pas son nom.
"L'avancée"du jour, selon la langue de bois des petits clubs de pensée" évolués" ne fait que confirmer la marche continue vers "la mort gratuite pour tous" puisque de l'aveu même de la Ministre de la santé, il convient de "faire une pause" car l'opinion , nécessairement quelque peu demeurée, face à "la France d'en haut" quasi unanime pour la course à la transgression permanente, au-delà des jeux de rôles convenus, ne "serait pas prête" .Prête à quoi ? A mourir seulement un peu plus vite.
Il est donc totalement faux de dire que des cas pourraient relever d'une "mauvaise interprétation de la loi" Léonetti de 2005 d'autant que cela reviendrait à absoudre celle-ci, alors qu'il conviendrait décemment , d'en exiger l'abrogation, non seulement d'un point de vue fidèle et raisonnable, mais pour simple raison qu'il ne relève en aucun cas de la mission de quelque Etat que se soit de s'immiscer dans l'intimité et la conscience des personnes et de leurs familles, sauf à risquer de se voir qualifié de facto de régime totalitaire comme Saint Jean-Paul II avait tenté d'en alerter l'indolente opinion occidentale dans son livre testament "Mémoire et Identité."
Quant à oser prétendre sempiternellement vouloir "redresser un pays" sur fond de violence appliquée à tous les stades de la vie, de la conception à la fin de vie sans omettre le cas du handicap ou de l'accident irréversible, c'est de l'escroquerie pure et simple .Cela ne peut que désespérer, et par conséquent affaiblir un peu plus, un pays déjà passablement éreinté et désorienté, et le livrer ainsi aux hordes financières et barbares qui n'attendent plus que cela pour le dépecer définitivement.
Que Dieu vous garde de ne pas percevoir avec toute l'acuité requise toute l'ampleur de la portée tragique de ces menées mortifères et cyniques pour " l'effacement" de notre civilisation classique et chrétienne au risque d'en atténuer la gravité aux yeux de vos lecteurs.
Vous pourrez trouver le complément de mon argumentation sur le sujet dans le commentaire que je livre ce jour sur l'interview que vous avez fait de Claire Pélissier.Bien à vous.

Par Adélaïde Pouchol, le

Monsieur,

Peut-on dire que puisqu’il y a 6000 euthanasies par an en France, cette pratique est légale ? Si elle l’était de manière claire et explicite, élus et lobbies n’auraient pas jugé utile de changer la loi de 2005. La loi Leonetti, si insidieuse soit-elle, imposait encore quelques limites au crime organisé dans les hôpitaux. Et pour preuve, si elle ne pouvait satisfaire les opposants à l’euthanasie, elle ne satisfaisait pas non plus ses promoteurs…
Le statut de l’alimentation et de l’hydratation artificielles était déjà ambigu et nous l’avons dénoncé à plusieurs reprises dans nos colonnes. Le nouveau projet de loi sur la fin de vie dit les choses de manière désormais explicite (et non par une simple allusion dans l’exposé des motifs du projet de loi de 2005) afin d’offrir au personnel médical au cadre juridique sûr pour pratiquer l’euthanasie. Avec le nouveau projet de loi, l’euthanasie ne sera plus pratiquée en vertu d’une interprétation ambiguë de la loi mais avec la bénédiction explicite du législateur.
C’est ce que nous avons voulu montrer par ce schéma, simple et donc réducteur, comme tout schéma.
Mais il suffit de se reporter à nos précédentes publications sur le sujet pour voir que nous n’avons jamais été dupes des véritables enjeux de la loi de 2005.

Par Marc Bergerot, le

Votre présentation comporte une première lourde erreur qui correspond justement aux attentes du sieur Léonetti dont l'objectif premier, dans le cadre de la tactique révolutionnaire dite "du cliquet"( notre ami Pichot peut vous en expliquer la méthode) , est a minima de voir - enfin - appliqué davantage le corps de sa funeste loi de 2005 qui rencontre à son goût bien trop de réticences sur le terrain.
Car contrairement à ce que vous présentez dans le point N°2, l'alimentation et l'hydratation, fonctions vitales par essence et non "traitements" étaient déjà qualifiées de "traitements "dans le rapport du médecin -anthropologue Léonetti accompagnant et explicitant sa loi .de 2005. L'habileté du texte de cette Loi "innovante" dans le sens mortifère était justement de ne pas répéter clairement cette ruse sémantique afin de masquer à un public nécessairement inquiet, mais hélas aussi peu instruit que peu combatif, sa logique mortifère.
Il n'en reste pas moins dans les faits que les discussions sur l'application ou non de la loi se sont faites nécessairement autour de cette qualification cyniquement trompeuse de "traitements" lorsqu'il était suggéré par l'une ou l'autre des parties d'interrompre ceux-ci ou non , autrement dit de pratiquer déjà l'euthanasie de manière légale , puisque parfaitement conforme à "la force injuste" de cette loi Léonetti de 2005.
Donc deuxième erreur de votre part dans votre introduction puisque de facto l'euthanasie est déjà légalisée (selon le Président Hollande : "au moins 6000 cas "/an en France, dixit, lors de son débat d'entre deux tours aux présidentielles).Vous rappeliez d'ailleurs dernièrement vous-même très justement que Vincent Lambert avait- déjà- failli être euthanasié à ce titre (par décision du Docteur Kariger).
Il n'est donc pas davantage juste de dire que Monsieur Léonetti veut "légaliser l'euthanasie" puisque, nous venons de le démontrer, il a déjà obtenu cela en 2005 dans le silence assourdissant des gogos et des complices.
Il veut par contre assurément en banaliser l'usage, en faire une règle de gestion du « matériau humain » appréhendé ainsi dans le droit fil de l'idéologie utilitariste dite "des Lumières"qu'il est de plus en plus réaliste de qualifier de religion du "progrès "contre l'humanité.
Cette fameuse "religion" si chère à Monsieur Peillon!
Face ce cadre négationniste de toute la grandeur de notre civilisation classique et chrétienne,il n'est pas davantage exagéré de dire que la l ruse diabolique que représente le dispositif des "directives anticipées" constitue un véritable abus de faiblesse législatif à l'égard d'un corps social totalement et totalitairement désorienté par des décennies de propagande mortifère.
Enfin et pour conclure, une fois encore rappelons-nous que si nous voulons lutter efficacement contre autant de menées mortifères si rationnellement destructrices de notre civilisation, il convient de s'attacher à cerner avec la plus grande rigueur la terrifiante habileté sémantique et rhétorique de nos adversaires , leur capacité à conserver toujours dans la bataille -si tant est qu'il y ait bataille- plus d'une longueur d'avance sur nos si faibles velléités de résistance qu'une "com " ronflante et auto satisfaite masque bien mal.
Mais il est vrai que Monsieur Léonetti , promu porte-coton, sur le tract officiel du candidat dit "de droite" aux dernières présidentielles, avait reçu le soutien- a priori contre nature, mais je me trope peut-être ?- de tant de "catholiques" si triomphants bien avant l'heure. Puissent ceux-ci se reconnaître ici et rectifier sensiblement la mire.